mercredi 26 juin 2013

Un couple

Emmanuèle BERNHEIM

Editions Gallimard
100 pages

1987


A chacun son talent !
Merci de me le rappeler
Merci tout simplement...
 

 
 

«Loïc allait s’allonger sur elle. Ils feraient l’Amour sans froisser les draps ni les couvertures, sans rien défaire. Puis ils se laveraient et ils se rhabilleraient. Elle tapoterait le lit. Pas de plis ni de taches, pas de poils et pas d’odeurs. Aucune trace.»

J’ai détesté et adoré ce livre à la fois, je vous assure c’est possible. Un mélange de malaise et de sublime qui m’ont tenu de la première à la dernière page.
Pour les amateurs de Jane Austen, un conseil, n’ouvrez jamais ce récit. Nous sommes à mille lieux  des regards sulfureux, des mains qui se frôlent, du cœur qui explose, de la passion qui envenime, très loin de l’extase et de ces clichés qui font rêver.
Je ne ferai pas long pour un récit très court. Emmanuèle Bernheim nous décrit l’autopsie d’ un couple, Hélène et Loïc, qui s’observent, se détaillent, vont s’immiscer dans la tête l’un de l’autre, se masturber l’esprit, se torturer, s’imaginer des choses sans le moindre fondement. Pas de corps qui s’enlacent au coin du feu. Un gant sale traîne sur le lavabo, ses cuisses restent poisseuses, des poils collés par le sperme, des dents qui s’entrechoquent  et un diaphragme lavé et rangé dans sa boite. Une introspection crue qui peut laisser un goût amer. Ils se cherchent et se rejettent, se font l’amour en silence, se parlent peu, se regardent beaucoup et pourtant, ils  brûlent,  se consument l’un l’autre et m’ont ravagée tout au long de ce récit.
Autopsie d’un couple qui m’a épuisé et une fin qui m’a laissé… comment dire…bouche bée !
J’ai reconnu la plume acide de cette auteure. Son écriture sans détour va droit au but, à l’essentiel, sans fioriture ni préliminaire. Un rythme effréné qui surprend car tout en retenue. Les défauts sont décrits à la loupe comme pour anéantir la libido. Il s’agit pourtant de ce qu’il y a de plus beau et de plus effroyable : l’Amour.
Un récit qui vous laisse le souffle court comme après une nuit d’amour.
Emmanuèle Bernheim… Oh oui, encore !
 
Emmanuèle Bernheim
 
 

 

lundi 24 juin 2013

Comptines des papas


Livre & CD
Jeux et petits massages pour bébé

Auteur : Gilles Diederichs
Musicothérapeute et relaxologue

Illustrateur : A Graux

Edition Nathan


 

Oh hé les jeunes mamans !
Vous voulez un peu plus de temps pour vous, sans bébé dans les jambes ? Le temps de prendre un bon bain ou tout simplement faire du lèche-vitrine sans votre boulet préféré qui crie, qui pleure et réclame vos bras ? Vous voulez que papa participe un peu plus à son éveil et passe un peu plus de temps avec son enfant ? Il vous suffit de le demander. Voilà une excellente idée, un livre CD exclusivement pour les pères. Oui, vous avez bien lu, les «Comptines des papas» vont permettre à votre cher et tendre de passer un moment câlin avec sa progéniture. Des chansonnettes, aussi douces que ludiques, dont certaines de votre enfance, vont l’éveiller tout en riant et jouant. Ces comptines sont accompagnées d’un livret qui permet de joindre aux paroles et à la musique, des gestes, des jeux et des petits massages qui favorisent l’éveil ainsi que l’échange et la complicité de bébé avec son papounet.   
Ce livret est idéal pour les enfants jusqu’à trois ans. On y trouve des chansons pour faire le yoga des papas, une autre pour avoir une déferlante de bisous dans le cou, un magnifique « cha-cha-cha » pour jouer à « coucou-caché » et bien sûr des classiques pour se retrouver à quatre pattes à jouer aux petits indiens, pour finir par une délicieuse berceuse qui va endormir votre petit garnement ou votre adorable chipie. Un conseil les filles, si vous voulez faire un shopping un peu plus long, apprenez à votre chérubin à utiliser son index et appuyer sur la touche « replay » ! Bon shopping !
Encore un doute ?
 
Oh hé les copains zé les copines, c’est moi Gina ! Vous  z’en avez marre d’être dans les bras de maman ? Z’é la solution « Comptines des Papas ». Un CD avec douze zolies sansons pour zouer, crapahuter faire des câlins, des papouilles, des guili-guili et tagada sur les genoux de papa. C’est trop souette non ?!
Alors fini « Papa est en bas qui fait du chocolat », NON ! papa est bien en haut avec bébé pour jouer, chanter, rire, se rouler par terre pendant que maman prend un peu de temps pour elle.
«Bébé est dans les bras de papa
Qui voyage déjà
Et ses yeux si charmants
Se ferment doucement.»
 
"Comptines des papas" un petit bonheur pour toute la famille.
 
Une douce dédicace à Gina venue au monde le 7 juin et à qui je souhaite une belle et douce vie.
 
La gym des bisous
 
 
Je remercie Babélio et les éditions Nathan pour cette découverte.
 
 
 
 

dimanche 23 juin 2013

Dimanche Classique III

Lettre d'Anaïs NIN à Henry MILLER
Liaison Passionnée

Sur

Les Quatre Saisons de Vivaldi
Concerto N° 2 en G Mineur
Eté 3eme Mouvement - Orage

Violon : Nigel Kennedy
Citadelle 2005


 
 

Oh ! Henry,

Ta lettre de ce matin m’a tellement remuée. Quand on me l’a donnée, je me suis sentie submergée par tous mes sentiments artificiellement refoulés. Le simple contact de ta lettre me provoquait la même émotion que lorsque tu m’avais prise tout entière dans tes bras. Tu devines alors ce que j’ai éprouvé en la lisant. Tu as trouvé tous les mots qu’il fallait pour me toucher et me conquérir et j’étais mouillée, et tellement impatiente que je vais tout faire pour gagner un jour. Je t’appartiens. Nous allons vivre une semaine comme nous n’en avons jamais rêvé. «Le thermomètre va exploser.»
Je veux sentir encore le martèlement violent au fond de moi, sentir le sang brûlant courir plus vite dans les veines, sentir le rythme lent, caressant, et puis soudain les coups violents, sentir l’excitation pendant les arrêts, quand j’entends des bruits de gouttes d’eau… et te sentir palpiter dans ma bouche, Henry.

 Oh ! Henry, je ne supporte pas de t’écrire. Je te veux, comme une folle. Je veux écarter tout grand les jambes, je fonds, je tremble. Je veux faire des choses tellement folles avec toi que je ne trouve pas les mots pour en parler...

Anaïs
Anaïs NIN
 
 
A dimanche prochain, peut être, ici ou ailleurs ...

jeudi 20 juin 2013

Magasin Général

Tomes IV & V
Confessions
&
Montréal

LOISEL & TRIPP

Edition France Loisirs
160 pages



 Notre Dame des lacs, le 20 juin 1920
 
Mon Chum de Gars,
Ces sentiers longés d’érables, cet horizon d’un blanc immaculé m’ont laissé un souvenir impérissable. Il me fallait retourner à Notre-Dame-des-lacs. Je ne pouvais rester plus longtemps loin de ce paysage féérique et de ces villageois autant pittoresques qu’attendrissants, alors j’ai pris un retour vers le passé pour retrouver ce village et ses habitants  qui m’ont tant manqués.

Deux habitants, malheureusement, nous ont quittés, pour monter, là-haut, à la droite du Père mais quel bonheur d’avoir retrouvé tous les autres. J’ai pris le temps de faire plus ample connaissance avec chacun d’eux, comme le curé du village, Réjean, qui garde secrètement la confession de Marie. Il y a aussi le vieux Noël toujours sur la construction de son bateau. Le fera t’il naviguer un jour ? Il fait quelque peu bourrin, certes, avec son œil en moins  mais finalement tellement tolérant. Il lit, comme dans un livre ouvert, dans le cœur des hommes, dans le cœur de Serge.  J’ai croisé Gaëtan et son «Howowo», toujours émouvant et si innocent. Serge l’a pris dans son restaurant « La Raviole » et m’a dit qu’il avait un don particulier pour la cuisine, le bougre, et quel talent ! Je n’oublie pas les vieilles  sœurs Glandu toujours aussi généreuses pour  véhiculer la rumeur mais finalement sans elles le village serait bien monotone. Et puis Marie, la belle et douce Marie qui se pose dix milles questions sur sa relation avec Serge. Le beau Serge, si précieux, si gentil si prés et si loin à la fois.
Mais hier ce délicieux tableau a éclaté en mille morceaux. T’sais que Marie est veuve depuis bientôt un an. Un an te rends-tu compte ? Une année d’abstinence de quoi rendre dingue n’importe quel disciple ! Et oui  doux Jésus, t’sais, Marie a couché avec le chum d’une autre, sa voisine, et depuis le village est en pleine effervescence. Marie veut tout quitter pour Montréal, pis v’là le curé ….. Euh….enfin curé si l’on veut, je le trouve un tantinet bizarre et confus ces derniers temps.  Tabarouette ! Pis c’est la Marde quoi ! C’est pas catholique tout ça j’te dis,  câline de bine !!
 
Pis j’vois ben qu’toi comme moi, t’en reviens pas ! … J’ai trop besoin de toi icitte coudonc ! La situation m’échappe, les villageois sont au bord de la dérive et se chicanent. Pis Serge ne sait plus où donner de la tête, le Magasin Général va bientôt fermer ses portes.
Tabarnac ! C’est la pénurie j’te dis !

Viens vite ….
A tantôt et comme ont dit icitte,

Je t’aime ben gros et  t’en roule une bien baveuse.

                                                                                                        Ta chum de Nana.
PS : J'tai gardé du sirop d'érable, j'sais qu't'aime ben ça ...

 

dimanche 16 juin 2013

Dimanche Classique II

Verlaine à Rimbaud
Sur une musique de :
Wolfgang Amadeus Mozart                                            

Concerto pour piano
N° 23 - K. 488 
2ème mouvement - Adagio


Qui m'aime me suive ...


Amadeus "Aimé des Dieux"
 
 

Paris, le 2 avril 1872
Du café de la Closerie des Lilas
Bon ami,
[...] Merci pour ta bonne lettre ! Le "petit garçon" accepte la juste fessée, l'ami des crapauds" retire tout,  et n'ayant jamais abandonné ton martyre, y pense, si possible, avec plus de ferveur et de joie encore, sais-tu bien, Rimbe.
C'est ça, aime-moi, protège et donne confiance. Etant très faible, j'ai très besoin de bontés. Et de même que je ne t'emmiellerai plus avec mes petites garçonnades, aussi n'emmerderai-je plus notre vénéré Prêtre de tout ça, et promets-lui pour bientissimot une vraie lettre, avec dessins et autres belles goguenettes.
Tu as dû depuis d'ailleurs recevoir ma lettre sur pelure rose, et probablement m'y répondre. Demain j'irai à ma poste restante habituelle chercher ta missive probable et y répondrai... Mais quand diable commencerons-nous ce chemin de croix,  hein ?
Gavroche et moi nous sommes occupés aujourd'hui de ton déménagement. Tes frusques, gravures et moindres meubles sont en sécurité. En outre, tu es locataire rue Campe jusqu'au huit. Je me suis réservé,  jusqu'à ton retour,  2 gougnottes à la sanguine que je destine à remplacer dans son cadre noir le Camaïeu du docteur. Enfin, on s'occupe de toi, on te désire.
A bientôt, pour nous,  soit ici, soit ailleurs.
Et l'on est tous tiens.
P.V.

 
Le Coin de Table de Henri Fantin-Latour 1872
(de gauche à droite Verlaine et Rimbaud)
  
 
Verlaine sans Rimbaud ou Rimbaud sans Verlaine,  une union dévastatrice et intemporelle.
Deux talents, deux génies qui se sont trouvés pour mieux se perdre…



A mon Dormeur du Val...


 
A dimanche prochain... peut-être ...