dimanche 1 janvier 2017

Galet



Mathieu Siam


Les Editions : 
Comme une Orange

Avril 2016






Le cocktail «crépuscule», si vous avez ?
Heu, je ne connais pas.
Alors, je vais t’apprendre à le faire si tu veux.
Dans le bleu salé, verse une cuillère à sucre de sable
Ajoute ensuite un trait d’orange,
trop pressée d’aller se coucher.
Savoure.
Tu as raison, moi aussi je vais mettre
de la couleur dans ma cuisine.
Je vais peindre mes galettes.
D’ailleurs, quand je serai grande, je serai … 


Vous connaissez ma fascination pour les galets et les secrets qu’ils renferment. Et si vous me connaissez très bien, vous savez aussi combien l’océan m’ensorcelle ainsi que le chant répétitif des vagues et les messages que l’écume vient déposer à mes pieds.
C’est avec plaisir qu’à Noël j’ai découvert qu’un magnifique galet était venu s’échouer sous mon sapin.

Galet est une petite fille solitaire. Elle aime se promener le long de la dune. Dans cette plénitude, elle ramasse les plus beaux galets, les caresse et partage ses émotions avec l’océan. Cet échange enfant-océan résonne fort en moi et me ramène à mon enfance. Ce face à face nous berce comme le ressac des vagues et nous plonge dans les abysses de notre for intérieur.

Que peux bien raconter Galet à Océan ?
Elle lui parle de sa mélancolie, ses colères, ses doutes, ses craintes. Avec sagesse, Océan apaise son vague à l’âme. Il lui fait écho et lui délivre ses plus jolis ricochets.

Ce sont les yeux emplis d’embrun que j’ai tourné la dernière page de ce parcours initiatique d’une délicatesse rare. Comme l’écume d’un jour, Mathieu Siam a déposé à mes pieds une goualante d’une grande beauté. Les maux de Galet se marient à merveille aux illustrations. Le trait est fin et délicat. La palette, bleu, noir, blanc, apporte ce calme que nous offre l’immensité de l’océan.
Par ce premier ouvrage très prometteur, l’auteur nous livre un souffle de vie, un instant de poésie au graphisme épuré, au son mélodieux.

« Galet » … quand je serai grande, je serai…



Un grand merci à manU et Mathieu SIAM pour cette rencontre.
Quand je suis grande, je suis... 



***

mercredi 26 octobre 2016

A la recherche de la carotte bleue



Sébastien Telleschi
Des éditions : Little URBAN
Novembre 2015

A partir de 5/6 ans












Jeannot Lapin





           Sacrebleu ! Vous ne connaissez pas Jeannot Lapin ! 






Mais nom d’une carotte, de quelle planète êtes-vous ?
Jeannot, notre guide officiel, nous emmène au fil des pages, dans un voyage extraordinaire à travers le temps et l’histoire, à « La recherche de la carotte bleu ». Oui ! une carotte bleue azur au pouvoir magique.

Mais la carotte est égarée maintes et maintes fois, c’est donc dans une pagaille générale que la folle tribu des joyeux lapins part à la recherche de cette racine féérique.

Une histoire trépidante qui permet aux petits mais aussi aux grands de se repérer de façon très ludique dans la frise du temps. De la préhistoire à la Haute-Egypte et du Far West à la conquête de l’espace, l’auteur Sébastien Telleschi, nous embarque pour rejoindre les aventures de ces lapins aussi craquants qu’à croquer.

Le livre de Sébastien a su retenir toute mon attention par son format, ses couleurs vives, ses détails par milliers, dans une aventure rocambolesque avec des personnages mignons à souhait, le tout servi dans un magnifique album des éditions Little URBAN.

Une surprise vous attend en dernière partie, Sébastien nous présente sa tribu de rongeurs auxquels chacun peut s’identifier. Il y en a pour tous les goûts : Lapinojinus le matheux, Lapinoboloss le rebelle avec son appareil orthodontique, Lapinigot l’amoureux et bien d’autres personnages  à découvrir et chercher au détour du temps et des pages. 


Barbara Lapinabella



Pour ma part, je me suis transformée en Barbara Lapinabella, 
la blonde et ravissante Princesse jusqu’au bout des oreilles !  
Ben quoi ! J’ai le droit de rêver, non ?!









Êtes-vous prêts à participer à une merveilleuse mission dans le temps et l’espace et autres lieux mystérieux ? Zou ! N’hésitez plus, Noël approche. Une idée cadeau qui ravira les petits curieux et ceux qui ont su garder une âme d’enfant.

« A la recherche de la carotte bleue » … Ouvrez grand vos yeux !


La Carotte n'est jamais bien loin
*
  

mardi 24 mai 2016

TAJ MAHAL

Un film de Nicolas SAADA
DVD cinétrafic





Bombay - Palace le Taj Mahal

26 novembre 2008, une seule nuit, et la vie ne sera jamais plus la même.

Louise, 18 ans suit ses parents en Inde mutés pour des raisons professionnelles. En attendant sa nouvelle rentrée dans une école de photographie, Louise passe ses journées à flâner dans la magie de Bombay. Elle s’imprègne  des couleurs, des odeurs, des épices et ces merveilleuses étendues. Munie de son appareil photo, elle découvre la capitale et capte ces instants d’une autre culture. Peu de dialogue et beaucoup de silence entre cette adolescente et ses parents, mais dans les regards et les gestes se révèlent très vite  une infinie tendresse et beaucoup d’amour.

Un problème de planning les empêche d’aménager dans leur nouvelle maison. Ce sont ces fatidiques 48 heures de retard qui vont basculer le destin de cette famille.


Ce soir, ses parents sont de sortie, Louise se retrouve seule dans sa suite et regarde un film : Iroshima mon Amour. 





21h50 tout chavire !

L’hôtel est pris d’assaut par des terroristes. Louise est traquée dans ce palais aux mille et une splendeurs. Il lui reste son portable pour communiquer avec son père. Mais le danger, les coups de feu et les bombes tuent tout sur leurs passages. Elle se réfugie dans la salle de bain. Face à l’effroi, la capitale assiste en direct à l’horreur sur les petits écrans. Commence alors une longue nuit d’agonie, pour Louise, ses parents et pour nous spectateurs.

Durant cette interminable attente nous sommes prisonniers et en totale immersion dans la tête de Louise.


Le moindre silence entre deux explosions devient angoisse et prend une dimension psychologique effrayante. La tension est à son comble. Nous sommes au cœur même de l’insoutenable. Elle se raccroche aux mots de son père et à la voix de sa mère, son seul lien avec l’avant, avec la vie. Mais rien n’arrête  les flammes et la fumée. Le manque d’oxygène se fait ressentir et Louise frôle la folie :


- Je ne veux pas que le feu me touche
- Je ne veux pas que le feu me touche
- Je ne veux pas que le feu me touche


Entre les cris des blessés achevés à même le sol et les pas des terroristes qui se rapprochent de sa suite, Louise se sent prise au piège. Ne voyant plus aucune issue ni espoir, elle supplie son père de raccrocher afin de lui laisser un ultime message d’amour. 

- Papa on ne peut plus rien faire, voilà, c’est fini, c’est fini maintenant. Papa tu m’entends ? Je voudrais que tu éteignes le téléphone maintenant.
- Non
- Ton téléphone Papa !
- NON !
- Je vais te laisser un message, comme ça tu pourras le réécouter, vous pourrez tous l’écouter, vous aurez ma voix.
- Ne dis pas ça…. NON !
- Papa, éteins ton téléphone s’il te plait… Eteins !

A ces mots mes larmes coulent. Mon cœur de spectateur et surtout de mère lâche prise devant cette insupportable attente et ce sentiment d’impuissance. La musique, La mise en scène de Nicolas Saada, cette promiscuité avec Louise et le jeu formidable des acteurs jouent avec nos nerfs et nos émotions. On vit la terreur de l’intérieur. Bac Boutique nous propose ce dvd sorti le 5 avril 2016. Il relate un fait divers qui dura 3 longues journées à Bombay dont une nuit à l’hôtel Taj Mahal. Ce fut 195 morts et 300 blessés, un palace de luxe qui deviendra en quelques heures un lieu de sépulture. 

« Taj Mahal » …  êtes vous prêt pour un face à face avec la mort ?





Un grand Merci à 
Cinétrafic  pour cette nouvelle opération DVD trafic
et comme cela ne suffit pas 
retrouvez les meilleurs thrillers à voir ici 




Et comme il est de coutume et que j'adore souffler sur les bougies, 
Je souhaite un Bon Anniversaire à Bibison qui fête aujourd'hui ses ... 
Combien déjà ?
Feliz Cumpleano Hombre 

Monsieur le Directeur ! Un magnum para el Buffalo !
;-)

 xxx X xxx


vendredi 29 avril 2016

Le collectionneur de sentiments

Jérôme Le Dorze
Léa Vervoort

Les éditions : 'ALICE Jeunesse
2016
A partir de 7 ans 

Masse Critique Babelio





« Comme c’est beau ! » s’exclame Lucas.
« Mais pourquoi gardes-tu tous ces nuages ? »
Le vieil homme se tait un long moment, perdu dans ses souvenirs.
C’est un secret qu’il n’a jamais dévoilé. 


Parler de tout et de rien, parler, pourquoi ne sait-il pas le faire ?

Pour remplir ce vide profond, le vieil homme va à la chasse aux sentiments. Cela fait si longtemps qu’il ne ressent plus aucune émotion qu’il a oublié la saveur de la joie, du bonheur, de l’espoir mais aussi celle de la tristesse. Alors il part à leur conquête. Cela se passe dans la rue, les jardins ou parfois sur les bancs publics. Dès qu’il aperçoit un nuage coloré flotter au dessus d’un inconnu, discrètement et sans faire de bruit, il s’approche et  avec délicatesse il emprisonne le sentiment dans un sachet de velours.

Dans son ancienne boutique à bonbons qui sent bon la réglisse et le caramel, il glisse avec soin chaque sentiment dans des bocaux. Il les collectionne précieusement sur ses étagères, une étiquette pour chaque événement. 

La joie, la haine, la tendresse, la peine existent seulement lorsque l’amour devient sincère.



Il vit bien seul, ce collectionneur, au milieu de toutes ses émotions étiquetées, classées, rangées. Que cela doit être morose de ne plus rien ressentir, ne serait ce qu’un peu de tristesse pour avoir la joie de reconnaître le bonheur quand il vient frapper à notre porte. Mais peut être que ce bonheur s’appelle tout simplement Lucas, un petit bonhomme, qui va le surprendre par sa naïveté, son naturel mais surtout son bon sens.

Une rencontre délicieuse entre un vieux monsieur et un petit garçon.  La plume de Jérôme Le Dorze et le pinceau de Léa Vervoort s’unissent à merveille pour nous délivrer un livre tendre sur la difficulté à communiquer les sentiments. Bien souvent, par fierté ou par crainte, nous emprisonnons nos émotions au fond de nous,  alors peu à peu notre cœur s’atrophie et laisse libre place aux regrets.  Les dessins épurés et le mariage des teintes vives et veloutées viennent apporter cette touche de douceur et de poésie à l’histoire. 

Si je n'avais qu'un seul regret, ce serait que l’histoire fut bien trop courte à mon goût, c’est vous dire combien j’ai apprécié flâner dans cette boutique au milieu de ces senteurs vanillées et de ces bocaux à souvenirs. Ne voyez-vous donc pas le nuage couleur arc en ciel flotter au dessus de ma tête ?

Un livre jeunesse à dévorer et à partager sans modération.

« Le collectionneur de sentiments » : Qui veut de la joie et de l’amour ? Promotion chez la marchande de bonheur !




MERCI à 
Babelio, ainsi que 
Pour ces nuages aux milles couleurs 

Sans oublier un joli nuage bleuté pour Bad Boy  


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lundi 11 avril 2016

SUMMER



S  U  M  M  E  R 




Cinétrafic 18ème édition

Un film de Alanté KAVAÏTÉ
Avec  

Julija TEPONAITYTÉ
Aisté DIRZIUTÉ







Dimanche, j’ai trouvé la plus belle chose de ce printemps, un nid caché sous une branche, un oisillon dedans. Il ne sait pas encore qu’il peut voler. Il est fragile, incertain, mais il est téméraire. Il gonfle le torse fier comme un aigle, il s’avance sur la branche, vacille, hésite un peu,  déploie ses ailes timidement, et … 

En lituanien,  sangaïlé, signifie «Avec Force», mais Sangaïlé ne se sent pas à la hauteur de son prénom. Elle est Comme un Avion sans Ailes, une adolescente au visage angélique et à la peau diaphane. Elle préfère la solitude à la foule et se protège en fuyant dans son for intérieur, un univers tapissé de dilemmes et de grands tourments. Insaisissable et repliée sur elle-même, peu à peu, un mur d’incompréhension s’est hissé entre sa mère et elle, quant à son père, il reste mutique et inexistant. Cet abysse de sentiment lui donne le vertige et la peur du vide. Pour se sentir vivante, elle ressent sans cesse le besoin de s’automutiler car c’est dans la douleur qu’elle sent la vie jaillir de ses veines.

Mais sous la douce chaleur de l’été, les vents contraires de la Lituanie la feront tourbillonner. Sangaïlé  croise le regard de Aisté et ces deux cœurs chavirent. Aisté est tout son contraire,  ce que le vent est au feu, radieuse, heureuse et légère. Cette joie de vivre lui ouvrira des horizons nouveaux. Avec patience et amour Aisté saura trouver le ton juste pour guérir ses maux bleus. Elle l’aidera à vaincre sa peur du vide, à cultiver sa différence et trouver son équilibre en apesanteur. 


« Merci d'exister » 

Mais parfois, pour planer au dessus des nuages, certaines décisions s’avèrent difficile à prendre.

Ce DVD, pour thématique "LGBT" , sorti le 17 février 2016 et édité par Outplay, raconte les instants fragiles d’une adolescente et ses difficultés à réaliser ses rêves quand on n’est plus une enfant mais pas tout à fait une adulte. Cet épanouissement personnel est délicatement filmé par la réalisatrice, Alanté Kavaïté. Elle aborde avec pudeur l'homosexualié, les premiers émois et la difficulté d’être soi. Des voltiges d’images et de sentiments sont capturées en plein vol par la caméra telle une nuque gracile, une courbe aérienne,  le vide puis la confiance. Les deux jeunes comédiennes deviennent sensuelles dans leur simplicité. Elles sont mises en lumière dans une nature somptueuse. Je découvre un très beau cinéma lituanien  qui parle peu où tout devient évident dans un simple regard ou un silence immobile. Un parcours initiatique à fleur de peau qui nous délivre de jolis messages d’espoir et de réconciliation.

… et s’élance dans les airs. Mais Madame Gravité n’a aucune pitié, il est en chute libre et plonge le bec direct sur le sol. Mais il se relève, apprend de ses erreurs et petit oiseau devient grand avec des ailes de géant. Il se relève, redouble d’effort,  ose et s’élance à nouveau Avec Force dans ce monde imparfait et s’envole vers la liberté.

« Parfois, je n’ai pas envie de voler. Mais je me force et dès que j’arrive à l’aérodrome, dès que je m’assieds dans l’avion, j’oublie tout. Tous les problèmes, tout. Je prends de la distance d’avec les choses de la vie. Plus rien ne me pèse. J’ai l’impression d’être au-dessus ». 


Summer … Déploie tes elles et Envole-toi …



Un immense Merci 
Pour mon premier DVD Trafic 
A Cinétrafic ainsi qu'à Outplay et Nicolas 
Pour ce face à face sensuel et poétique en Lituanie.

Une saison charnelle que j'ai eu plaisir à partager avec Le Ranch Sans Nom, et si mon oisillon ne vous a pas attrapé en plein vol, Le_Bison saura vous convaincre avec son petit oiseau.