dimanche 29 juin 2014

Les lois de la frontière

Javier CERCAS

Editions : ACTES SUD

Titre original :
Las leyes de la frontera 2012




"La justice est fondée sur cette injustice : 
le pire des hommes a lui aussi droit à ce que quelqu'un le défende ; 
sinon, il n'y a pas de justice".



Après trente ans  d’un régime phalangiste, l’Espagne en pleine agonie passe d’une dictature à une démocratie. Franco est mort depuis trois ans, les espagnols à genoux se relèvent peu à peu. Nous sommes en 1978, dans le petit village de Gérone, deux quartiers sont opposés. Celui d’Ignacio, garçon de famille modeste et celui de Zarco, le caïd, et sa bande de loubards. Les lois de la frontière les séparent mais leur chemin se croise  et son destin en sera à tout jamais bouleversé.

Zarco, la sulfureuse Tere et la bande sont les terreurs de la ville. Ils vivent de petits deals, vols, braquages de banques, d’amour et ont soif de liberté.  Alors quand Ignacio, cet adolescent timide et introverti, va croiser le charismatique Zarco et que la belle Tere va lui faire découvrir les prémices de l’amour, Ignacio ne voit là qu’une bouffée d’oxygène lui si engoncé dans sa petite vie conventionnelle et sécurisée.

L’été 78 sera l’été de tous les changements. Zarco initie le jeune à la délinquance et à l’adrénaline. Malgré la ligne franchie, Ignacio n’est pas du même bord, le sang de la révolte ne coule pas dans ses veines et la voix de la sagesse se rappellera à lui. La police ne les lâche plus, l’étau se resserre jusqu’à l’ultime dénouement.

Dans la première partie nous marchons pas à pas au côté d’Ignacio. Nous suivons le déroulement de ce qui le mène à défier les lois, franchir la frontière entre le bien et le mal, la justice et l’injustice. Son intégration auprès de la bande sera difficile et les liens qui le soudent à Zarco bouleverseront la vie du jeune étudiant et celle de sa famille.

La deuxième partie s’étalera sur une trentaine d’année. Ignacio, malgré son passé troublant devient un avocat réputé et respecté de tous. Il va suivre pas à pas, année par année, le mythe Zarco. La presse le suit et le cinéma l’idolâtre. Condamné à 150 ans de détention,  toutes peines confondues,  Zarco vient de passer plus de la moitié de sa vie en prison. Alors, Tere revient vers Ignacio et lui demande de défendre l’illustre récidiviste. La passion non assouvie entre ses deux êtres jaillira de plus belle et leur révèlera les années perdues.

Durant 346 pages, j’étais en immersion totale dans la vie d’Ignacio et Zarco. J’ai franchi ces lois, j’étais dans la fascination d’un être que rien n’arrête. Ce livre parle d’une forte amitié, du regard d’un père, du mutisme protecteur d’une mère, mais aussi du silence et des non-dits qui étouffent et éloignent alors qu’un seul mot suffit pour réunir deux être qui s’aiment violement. Javier Cerca connait bien le sujet dont il parle. Il décrit superbement un pays qui vient de subir des décennies de fascisme, avec cette difficile transition que fut le passage de l’oppression à la liberté, de ceux qui ont su profiter d’un régime franquiste et les autres encore dans la douleur de la perte et de la souffrance. Cette histoire me parle et me touche car elle me ramène à mes racines, à ma famille, les opprimés. Ce roman déborde d’amour, de tolérance. Il raconte les bas-fonds de l’Espagne, de la révolte, des lois immuables de la vie, de la mort, des erreurs qui nous rendent plus fort, des choix qui nous poussent à certains renoncements et du Pardon.

Les lois de la frontière … la ligne est franchie…Merci !



«Tu n’aimes toujours pas la musique, Binoclard, a-t-elle dit alors. J’en écoute rarement, c’est ça le problème. Et pourquoi ? a demandé Tere. J’allais lui dire que je manquais de temps mais je ne l’ai pas fait. En regardant les boitiers des CD, Tere a ajouté, amusée et déçue à la fois : En plus, ces noms de me disent rien. Je me suis levé, je me suis accroupi à côté de Tere, j’ai mis un CD de Chet Baker et j’ai mis I Fall in love too Easily… Puis elle s’est mise à danser toute seule, avec un verre de vin à la main et les yeux fermés, comme si elle cherchait à percer le rythme caché de la chanson ; quand elle semblait l’avoir trouvé, elle a posé son verre sur la chaine, s’est approchée de moi, m’a passé les bras autour du cou et m’a dit : On ne peut pas vivre sans musique, Binoclard. Je l’ai prise par la taille et j’ai essayé de suivre ses pas. Je sentais ses hanches contre mes hanches, sa poitrine contre ma poitrine et ses yeux dans mes yeux. Tu m’as manqué Binoclard, a susurré Tere.»






Hasta la vida, hasta la muerte, hasta l'Amor 

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dimanche 25 mai 2014

Bonne Fête à toutes les Mamans


Flash Back... Dimanche 6 Juin 2004

Mathilde - CE1 


Camille - CM2 




                                                                                     



   





Mathiiiilde rend moi ma Glaaaaaaaaaace ! Paris 04/2010

Merci à mes deux Amours  ! 
Hasta la Vida, Hasta la Muerte, Hasta l'Amor !
<3


dimanche 18 mai 2014

Et mon Coeur est Immense

Nathalie Collon
Florent Espana

Editions Anna Chanel

2007



Ceci n'est pas un livre

Magritte aurait pu écrire « Ceci n’est pas un livre » et comme il aurait eu raison ! 

Ceci est une œuvre d’art que l’on offre mais que l’on ne prête pas. Il est un objet rare  que l’on caresse du regard tellement c’est beau et lumineux. De la première à la 4eme de couverture cet album est un bijou qui se tourne avec délicatesse, on en prend plein les yeux.
Des dessins voluptueux, une palette de couleurs riches à couper le souffle et les textes qui accompagnent nous laissent rêveur, « chaque page déchire le silence » et éveille nos sens.
Cet album est un parfum, une fragrance, un tableau, une peinture que l’on chérit, lit et relit pour bien s’en imprégner. Il me parle de la nuit, de la vie, de mon Andalousie, de poésie et quand il touche à sa fin on recommence pour être sur de n’avoir rien manqué. Il se déguste avec les yeux, avec le cœur, lentement, délicieusement comme un extrait d’une liqueur rare.

Ce cadeau d’anniversaire était accompagné d’un petit mot « Pour le titre qui te va si bien… et pour l’Andalousie un peu… » Un cadeau sublime et magnifique. Je sais que tu n’aimes pas ces deux mots qui veulent tout dire et rien dire, mais je n’en trouvais aucun pour dire combien ce présent a touché mon cœur Andalou.

Et puisque ce feu d’artifice de mots et  de couleurs me parle si bien de passion, de sentiment et d’amour, je ne pouvais que l’accompagner de cette balade flamenca qui s’accorde parfaitement au diapason de ces mots :

« Les Andalouses, dans de magnifiques robes rouges,
Comme le sang qui fut versé, amer, sur leur terre.
Ecoutons leur musique, elle est si belle,
Frappons en palmas avec eux ».


Ceci n'est pas une musique
« Donde vas asi caballera de mi amor
Donde vas asi luz de mi alma
Sin lastima y sin temor
Eres mi reina”



Et mon cœur est immense … Une explosion d’émotion !

Merci mon manU pour cette poésie, ce graphisme, je ne te dirai jamais assez combien tu comptes dans ma vie !


Merci à l'auteur de ce partage pour ce flamenco de Renaud GARCIA-FONS 
"La Linea del Sur" 
Porque llegaste hasta mi tierra, hasta  mi sonrisa, eres mi Rey ! 


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mardi 6 mai 2014

La lettre d'Elisabeth

Emmanuelle Cosso-Merad

Père Castor Flammarion
2014
96 pages
5,60 €
Dès 8 ans




Au pays où tout est permis, Elisabeth écrit au Père Noël en plein mois de mai ! Joli moi de mai pour exaucer tous vos souhaits.

La lettre d’Élisabeth atterrit dans une immense poubelle bleue, une grande boite comme un « No man’s land ». Tous les courriers sans destination précise y sont jetés, puis oubliés, mais ça c’était avant José. José est le facteur du quartier. Tout le monde l’apprécie car ce bonhomme sans prétention, réglé comme une horloge, donne de son temps, de son sourire, de son amour à chaque habitant et selon leur particularité. Quand la fin de journée arrive, il rentre enfin chez lui. Il apprécie cette solitude, ce doux silence. Chaque soir, il prend le temps de lire et souvent choisit une lettre dans cette grande poubelle bleue, au hasard, comme ça, par plaisir, pour ne pas laisser ces lettres sombrer dans un océan d’oubli. C’est ainsi que son choix va bousculer ses habitudes. Une lettre particulière va bouleverser son cœur : La lettre d’Élisabeth.

Comment ne pas être ému par cette lettre si touchante écrite par une petite fille qui ne demande au Père Noël qu’un peu de compréhension et d’amour pour son père et son frère ? Comment ne pas être touché par ce facteur qui va tout mettre en œuvre pour réaliser en plein mois de mai le vœu d’Élisabeth ? Et comment ne pas apprécier tout ce florilège de personnages attendrissants : Etienne, le père d’Élisabeth, cordonnier de métier, qui aide les gens à marcher ; Antoine, son frère, qui n’aime pas l’école et se sous-estime, et puis il y a Marie, la jolie Marie et ses chapeaux plus époustouflants les uns que les autres, elle dégage tellement d’amour cette chapelière.

Emmanuelle Cosso-Merrad nous délivre un roman tendre sur l’illettrisme écrit avec beaucoup de douceur, poésie et intelligence. Le texte est joliment illustré, noir sur blanc, par le trait fin et délicat de Pauline Duhamel. L’auteure montre aux enfants comme aux plus grands que même si parfois la vie ne fait pas de cadeau, il y a toujours une issue pour qui veux l’entendre et ouvrir son cœur.

Il y avait la « Lettre à Elise », il y a désormais  « La lettre d’Elisabeth ».


Joli moi de mai ! Son vœu sera-t-il exaucé ? 




Merci à BABELIO et aux éditions Père Castor-Flammarion 
pour ce joli roman sur l'illettrisme, grande cause nationale.

dimanche 27 avril 2014

Bye Bye Les Complexes !

Scénario : Sabine Duhamel
Dessin : Pacotine
Couleurs : Cal

MESPSYCHOBD

Les éditions : JUNGLE !
56 pages
2014

Masse Critique BABELIO 




Nobody’s perfect !

Il y a les enrobées qui s’obstinent à vouloir rentrer dans un 36 alors qu’elles font un 40,  celles qui ont 46 ans et qui voudraient en paraitre 33 ans, celles qui manquent de confiance en elles et qui rougissent à la moindre émotion, celles qui ont cette impression désagréable de ne pas être à la hauteur et les autres qui voudraient s’affirmer d’avantage. Au secooooouuursssss !
 
Merde les filles ! Et si, tout simplement, nous tentions d’être nous-mêmes et de nous réconcilier avec notre âme et notre corps. Je sais, ce n’est pas facile ! Je râle chaque fois que je vois mon jean taille 36 dans mon placard. J’ai beau rentrer le ventre, serrer les fesses, me coucher sur le lit, bloquer ma respiration,  ben y a pas moyen, mes hanches felliniennes ne rentrent plus dedans et mes 33 ans, pssiittt, envolés je ne sais où…

Mais que voilà donc ? Un livre psycho qui va nous rendre la vie plus  belle ? Non ! Tout simplement une BD qui nous offre avec humour et délicatesse des phrases clés qui font du bien au moral et là où ça fait mal. Des petites leçons de vie qui nous aident à relativiser, nous ramènent aux choses essentielles et nous expliquent comment transformer nos différences en atouts.

« Arrêtez d’accorder tant d’importance aux apparences »
Surtout lorsque vous tournez les pages des magazines !

« Misez sur vos réussites au lieu de vous sentir en situation d’échec »
Je gagne toujours au tarot ! Ça compte ?

« Mettez vous en avant au lieu de vous cacher »
Il vaut mieux faire envie que pitié !

« Acceptez l’échec : C’est en faisant des erreurs qu’on acquiert de l’expérience ! »
Chouette ! Pour le coup je suis très expérimentée !

« Autorisez-vous à être imparfaite. »
Moi imparfaite ? Comment est-ce possible ?!

« Caroline déteste son corps au point de mettre sa vie de couple en péril »
Bon de là à se laisser pousser les poils et mettre des culottes de grand-mère,
faut pas abuser les filles quand même !

« Beaucoup de femmes qui pensent à tort qu’amour et désir riment avec perfection physique ! »
Bon OK, j’ai trop abusé des chamallows mais « ché tellemon bon » !

Allez les filles, on se serre les coudes, la guerre est déclarée contre les complexes ! Pas de phrases magiques bien sûr, car enrobée je suis, enrobée je dois m’accepter ! C’est cela que nous rappelle cette amusante PSYCHOBD. Chaque page fait sourire car elle a un effet miroir sur nous et nous rappelle qu’il y a tellement plus grave dans la vie !

Arrêtez de vous comparer aux Top-modèles ! Seins et fesses siliconés, cuisses liposucées, rides tirés, lèvres au collagène, nez refait et le reste gommé sur photoshop ! Euh, il y a quelqu’un là-dessous ?

Moi complexée ? Plus jamais ! Parce que je le vaux bien !

Toi, la femme parfaite, on t’a pas sonné !  


Tient ça me rappelle quelqu'un !


Merci à BABELIO et aux éditions JUNGLE pour cette lecture. 



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