mercredi 29 juillet 2015

L'Arrière-Saison

Philippe BESSON

Editions 10/18
2002





« C'est un sourire discret, presque imperceptible, de ceux qui se forment sur le visage parfois, sans qu'on le décide, qui surgissent sans qu'on le commande, qui ne semblent reliés à rien en particulier, qu'on ne saurait pas forcément expliquer.
Voilà : c'est un sourire de presque rien, qui pourrait être le signal du bonheur ».

Nous sommes à Cape Cod, aux Etats-Unis, Chez Phillies, au pub around the corner. C’est le soir, une ambiance feutrée, la moiteur et la mélancolie d’une nuit d’automne. Quelques notes de piano d'Erik Satie s’échappent du juke-box. Au comptoir il y a Ben, le barman et Louise. Ils échangent des banalités, traînent leur ennui et trompent  leur solitude dans un verre de bourbon. C'est alors que le tintement à l’entrée du bar annonce une arrivée. La porte s’ouvre, un homme rentre, un revenant : Stephen.

Stephen et Louise ont autrefois formé un des couples les plus en vogue de Boston. Elle, jeune comédienne et lui, brillant diplômé de Harvard. Ils ont vécu ensemble cinq ans d'amour et de passion fusionnelle, jusqu'au jour où Stephen s'est laissé séduire par Rachel, une brillante jeune femme de très haut rang, tout à son image. Il fait un choix, quitter Louise qui lui a fait jurer de ne jamais chercher à la revoir.

Il semblerait que l’heure de la mise aux poings ait sonné. Comment reprendre le cours de l’histoire après toutes ces années d'absence et d’amertume ? Pourquoi Stephen est-il là ce soir ? Est-ce le hasard qui a fait se croiser les chemins ou les secrets du destin ? La nuit leur appartient pour revenir sur leur vie, leur amour déçu, les regrets, les échecs et leurs désillusions. Un face à face à la fois cinglant et émouvant où va resurgir de vieilles rancœurs et les non-dits. Trouveront-ils la lumière au bout de la nuit au doux parfum d’arrière-saison ?

« Elle est convaincue que le monde change, que la vie propose des épreuves mais qu'on peut rester soi-même et triompher de ces épreuves. En fin de compte, les souffrances font partie de l'existence, elles ne peuvent pas nous être épargnées mais elles valent cent fois mieux que des moments insipides, elles sont le prix à payer pour affirmer ce qu'on est et accomplir ce qu'on a décidé ».

Un huis clos tel que je sais les apprécier. Philippe Besson s'est inspiré d'une peinture d'Edward Hopper pour écrire son roman. Pour ces retrouvailles, l’auteur offre à ces oiseaux de nuit la pénombre d’un décor somptueux. Il a su conjuguer avec justesse les dialogues et les âmes esseulées de Hopper. Un tableau et un roman en accord parfait.

Cette œuvre « Nighthawks », les oiseaux de nuit, a été peinte en 1942. Edward Hopper s'est inspiré d'une nouvelle d'Hemingway «The killers» montrant des personnes assises dans un bar typique américain : Une femme de rouge vêtue accompagnée d'un homme, assis tous deux au comptoir, le barman et un homme de dos. La scène se passe tard dans la nuit, un des plus célèbres tableaux de Hopper.

Ce charme jazzy des années 40 et cette bouteille de bourbon n’ont pas été suffisants pour étancher la soif d’un vieux Bison. Pourtant  il y a bien tous les ingrédients pour faire vibrer un ruminant cannibale : Un comptoir, de la bonne musique, une femme rousse aux longues jambes de 111 cm et plus si affinité.

« Tout à coup, ils ne sont plus uniquement leur passé ou leur passif, leurs amnésies criantes ou leurs remontrances muettes, ils ont des corps, des formes qu'ils connaissent bien, des peaux qu'ils ont souvent caressées, des bras qui leur ont servi à s'étreindre, des bouches qui se sont touchées chaque jour pendant cinq ans. Le désir, il est palpable. La violence qu'ils ressentent, qui les heurte tous deux ensemble, elle est physique. Ils s'en retournent aux origines ».


L’arrière-saison, quelques notes d'Erik Satie et deux bourbons …




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dimanche 26 juillet 2015

Au Théâtre ce Soir III

24 h De La Vie D'une Femme
         

De 

Stefan ZWEIG


Avec

Clémentine CELARIE

Mise en scène : Steve SUISSA

Adaptation : Eric-Emmanuel SCHMITT









« Qu’est ce que la folie ? 
Partir pour l’homme que j’aime 
ou rester avec celui qui ne me regarde plus ? »

Cette réplique en début de partie annonce la couleur rouge flamboyante de ce qui m'attend. Mais rien d’étonnant quand on connait les chefs-d’œuvre de l’auteur et sa plume foudroyante. On sait que l’on va toucher au sublime et vivre un moment dévorant de passion. Stefan Zweig est le maître dans la complexité et les sentiments refoulés, avec ce mélange d’irrévocable et de déchirant.

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme vont être disséquées au scalpel. Aucun répit, aucune pitié, aucune compassion. Il y a ceux qui lancent la première pierre et ceux qui écoutent sans jugement et  tentent de comprendre l’inavouable.

« Pour ma part, je trouvais plus honnête qu’une femme suivît librement et passionnément son instinct, au lieu, comme c’est généralement le cas, de tromper son mari en fermant les yeux quand elle est dans ses bras. »

Clémentine Célarié est la narratrice de la pièce. Elle endosse le rôle d’une veuve bienveillante qui pose un regard plein de compassion à travers son histoire similaire. L’histoire d’une femme « sans moralité » qui quitte mari, enfants, maison, sécurité, pour vivre sa passion. Elle fuit pour survivre. Elle quitte l’illusion pour ne pas mourir de tristesse et d’ennui.

Quand de la bouche, rouge sang, de Clémentine Célarié s’écoulent les mots de Stefan Zweig, c’est fascinant et criant de vérité. Les mots dérangent et bousculent notre for intérieur. Elle nous offre les confessions les plus intimes d’une bourgeoise prude du siècle dernier. Sa prestance et sa justesse occupent l’espace et le temps. Elle est touchante dans ce rôle grave de femme vieillissante dont la vie sera bouleversée quand son regard croisera celui d’un jeune homme addict au jeu. Mais ce bouleversement sera réciproque dans la vie de cet homme qui ne sait comment attraper cette main tendue, généreuse et pudique.


Clémentine Célarié & Loris Freeman


Clémentine est troublante dans ce rôle de femme bafouée. Elle  porte divinement sur ses épaules le thème obsessionnel cher à l’auteur : La Passion. Et quel cran pour tenir le rôle d’une héroïne zweiguienne.
Où donc est elle allée chercher toute cette émotion et ces larmes que j’ai vu couler sur son visage et le mien ?

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, quand quelques heures  suffisent à donner le vertige …



Vous voulez vivre un grand moment d'émotion ? Pour réserver cliquez  




 

mercredi 8 juillet 2015

La Grammairienne et la Petite Sorcière

Alain Bonnand

Les Editions : Serge Safran
134 pages
2015




« La littérature doit se vivre avant de s’écrire, et même avant d’être lue : difficile à enseigner, je le conçois. Laissez donc vos étudiants deviner à vos vêtements les danses que vous aimez, ce sera déjà ça de gagné pour eux. » 

Impossible de résister à un si bel extrait. C’est exactement ce que j’attends de la littérature : être avalé par le sens des mots, la sensibilité de l’auteur. Il écrit ce qu’une femme a envie d’entendre et c’est ce qui s’est réalisé en lisant ce livre. Alain Bonnand me percute avec des phrases subtiles et pleines d’esprits. 

« Rire, se promener, se jouir, se faire la lecture, se ficher bien du reste. Nous sommes libres d’un commencement ou l’autre… »

Certaines histoires nous tiennent par le suspens, le tragique ou bien l’audace. Lire Alain Bonnand, c’est être pris en otage par la délicatesse de son écriture. Je ressens l’émotion, la profondeur, la suggestivité de ses propos et ce qu’il a voulu retranscrire dans la définition même de l’amour et des sentiments. Il nuance, poétise avec élégance libérant, par petite touche, ce côté féminin que chaque homme possède.

« Qu’est ce que  Les grandes choses ? » […] Les grandes choses ? Un essai entre les poteaux après une course de soixante mètres dans la boue, un dimanche matin à Rethel … J’entendais tout à l’heure à la radio, la grande pianiste Maria-Joao Pires raconter qu’elle stationne toujours son camping-car devant la salle où elle va donner des concerts, de façon à pouvoir pendant l’entracte aller faire la vaisselle et s’occuper de ses deux petites filles… Ou, pour rester dans le domaine de la musique, autre musique, autre pianiste autre époque, Samson François, tard hier à la télévision, dans des images d’archives : Samson François une bouteille de scotch au pied de son tabouret, attaquant un prélude de Chopin d’une main en tirant sur sa cigarette de l’autre … Après qu’on est vu ça, je ne sais pas si on a les idées plus claires quant à ce qu’on peut faire de grand dans la vie mais, au moins, on aime la musique ! » 

Alain, écrivain, referme gentiment la porte au nez d’Adeline, grammairienne et professeur d’université. Elle souhaitait faire un travail d’étude à ses côtés. De mails en mails  va naître entre ses deux passionnés une correspondance des plus sensuelles toujours sur le point de basculer entre raison et passion. Alain se livre, se délivre et se raconte allant jusqu’à sotir une malle contenant de vieilles  lettres relatant une histoire d’amour au doux nom de Sylvie, « La petite sorcière ». Un échange épistolaire séduisant avec une touche d’humour, un brin de passion et de folie. L’auteur a l’art et la manière de nous tenir en équilibre entre fiction et histoire vécue, à nous de choisir ce qui nous sied le mieux.

 « Nous ne devrions pas dire « sexe » entre nous, heureux comme nous sommes déjà de faire plaisir à l’autre. Nous donnerons du plaisir aux mots. Sauf quand nous serons tête-bêche. Nos mots et nos silences tout nus, le roman pas compliqué d’Adeline et Alain. » 

La plume d’Alain Bonnand,  le Bandonéon de Piazzolla, un prélude de Chopin, un poème de Julio Cortázar et me voilà conquise…  


« …Nunca morirá el placer,
De perder al encontrar
Piel de mujer,
Grito azul cuando un beso
La hace vivir.

Y en mi pecho el estallar
De un rosal para tu jardín.

Desnuda se entregó,
Cuando mi voz
Buscó su piel bajo la luna. »

Julio Cortázar 


Un grand Merci à Alain Bonnand et aux éditions Serge Safran 
pour cette délicieuse histoire.


Petit message personnel :
En plus d'être Un Péché Mignon, j'ai les yeux noirs !
;-)

Mon avis ne vous à pas convaincu ? Lisez l'avis de Jérôme et celui de Noukette.

Si vous voulez jouir avec Edith cliquez ici
Et si vous voulez jouir avec Cristina cliquez

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samedi 20 juin 2015

Rhapsody in Blue or G.H.D

21 juin 2015

Fête de la musique
L'été 






Le G.H.D : Virus virulent. Il attaque le système émotionnel et laisse chaos ! Pas de vaccin, pas d’anticorps.  

Le 27 septembre 2011 au Walt Disney Concert Hall, un trio en totale symbiose inaugure la nouvelle saison de l’orchestre philharmonique de La Cité des Anges.

Que se passe-t-il lorsque le génie rencontre la folie ? Quand le classique provoque le jazz et que le free défie le rythme ?
Sans demi-mesure il en ressort un choc culturel inoubliable, le G.H.D.


A LA BAGUETTE : 
L’Art de la gestique, Gustavo DUDAMEL, chef d’orchestre vénézuélien



Il est l’image même de la rigueur, la justesse, la note ultime. Gustavo respire, vit, mange et jouit musique. En 2009, à l’âge de 28 ans, il dirige le philharmonique de Los Angeles.



AU PIANO : 
La légende du jazz, Herbie HANCOCK



Ses libertés Jazzy et son goût pour la fusion de différents styles musicaux révolutionnent et  influencent le monde musical. Magic Herbie est là où on l’attend le moins. Ses doigts glissent sur le Fazioli et se moquent du yin et du yang. Il improvise, déstructure, casse l'équilibre et nargue la portée restant seul maître de la cadence.

Quand ces deux virtuoses foulent la partition de l’immense compositeur George GERSHWIN, le résultat est édifiant et le trouble est à son comble. Les musiciens retiennent leur respiration. La salle est suspendue à la baguette de Gustavo. Les premières variations de la clarinettiste hypnotisent et viennent déchirer le silence. Des centaines de cœurs battent à l’unisson. Enfin, pianissimo, le majeur gauche d’Herbie frôle la touche blanche et laisse échapper Le Love Suprême devant 2265 spectateurs en extases. Chaque note vibre comme du cristal. Les doubles croches Gershwinesques virevoltent sous les yeux ébahis du public. La musique retentit dans l’espace. Cette Rhapsodie prend aux tripes et les cœurs pleurent des larmes teintées de bleues.




Devant tant de dextérité le Maestro Gustavo reste bouche bée face à son Maître Herbie. L’émotion va crescendo. L’ombre de Gershwin plane sur cet instant en suspens et je devine son sourire jouissif à l’écoute de ce Rhapsody in blue.


Le G.H.D,  Gershwin, Hancock, Dudamel, quand la perfection effleure mon âme…




« La musique est une respiration de l'âme. 
Quand la conscience supérieure s'éveillera en l'homme, 
quand il développera en lui des possibilités de perception plus subtile, 
il commencera à entendre cette symphonie grandiose qui retentit à travers les espaces, 
d'un bout à l'autre de l'univers, 
et il comprendra alors le sens profond de la vie. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov



And Begin Again  ...

X

samedi 30 mai 2015

EROTICO-COLORIAGES



Cahier d'Activités Adultes

Les Editions :
La Musardine

2015

9,00 €











A l’heure où les mandalas foisonnent chez tous les libraires et les grandes surfaces, voici enfin un cahier d’activités spécialement conçu pour les adultes.  Des dessins coquins, 100 % plaisir, à colorier en cachette et pourquoi pas à deux ou à trois, rooohhh  au diable l’avarice !

Des EROTICO-COLORIAGES qui émoustillent  votre esprit et vous donnent des idées coquines en veux tu en voilà …

Après la littérature porno, les clubs échangistes,  les films interdits au moins de 16 ans, les jeux de société érotiques et les lubrifiants qui pétillent de mille feux voici une autre façon de s'amuser avec le sexe dans la joie et la bonne humeur.

Aurélie Stéfani a eu cette judicieuse idée de concocter  un livret exclusivement réservé aux grands enfants que nous sommes, et quel plaisir de pouvoir répondre à mon tour :

- Mamaaaaan à  table !
- 5 minuuuuuuuuuuutes je finis mon coloriaaaaage ! :D

La vache quel pied ! 

Pas besoin de s’appeler Picasso ou Dali. Quelques crayons de couleurs, un peu d’imagination frivole  et c’est parti :

- Des nénés à relier : « Oups je crois que je vais prendre rdv chez le chirurgien esthétique ! » 

- Des zizis de toutes tailles à dessiner : « Aaaah wèèèèè quand même ! » ;-p

- Des textes avec des mots manquants, des mots bandants à compléter : « Amis poètes bonsoir ! »

- Des sextoys à découvrir : « Ben à quoi ça sert ce bidule ? » ^^

- Des minous à mettre en couleur : « C’est bien vrai que ça ressemble à une moule ce pachacho » :D

- Des scènes de films pornographiques à remettre dans l’ordre : « Ben Zut ! Où qu’il est passé le beurre ? »

De multiples scénettes  sexy  à dessiner et autres fantasmes à imaginer,  amusants et excitants, à travers ces 64 pages. Si ce cahier ne vous donne pas  l’envie d’avoir la main baladeuse ou de taquiner le crayon et bien je ne peux plus rien pour vous :

 «TAKE A FIVE » 



Les EROTICO-COLORIAGES, quelqu’un veut bien colorier avec moi ? 



« Pour votre santé, avalez au moins 5 fruits et légumes par jours.
 L'abus de sexe n'est pas dangereux pour la santé.
A consommer sans aucune modération. » 
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Un grand merci aux Editions ( La Musardine Le sexe qui rit 
ainsi que Stéphane,  pour ces petits jeux interdits à découvrir et à offrir !


L'Empire des sens 



Bon c'est bien parce que c'est vous et que je vous aime bien !
Je vous offre la page 35 pour laisser libre cours à votre imagination .



******** Tous à vos crayons **********