Sarah V.
&
Claude K. Dubois
Edition : L'Ecole des Loisirs - Pastel
2017
Il fut un temps,
oui il y a bien longtemps, j’étais quelqu’un de bien, enfin je crois, la
mémoire me fait défaut aujourd’hui.
Je passais
inaperçu dans la rue. J’étais Monsieur tout le monde.
J’avais une
famille, une maison, un métier, un compte en banque.
Puis un jour c’est
la rupture sociale. Les échecs et les erreurs s’accumulent, les rêves s’écroulent
et commence la descente aux enfers. Depuis,
je suis un sans-abri. La rue est mon foyer, elle m’appartient. Le froid, la
faim et la honte sont mes compagnons de misère. J’ai pour seul bagage ma
solitude et mes désillusions.
Je ne suis plus que
l’ombre de moi-même, celui que l’on montre du doigt, que l’on accuse, ou pire,
que l’on ignore. J’en ai oublié mon nom, pourtant j’étais quelqu’un de bien. Si
seulement je pouvais avoir un peu de chaleur pour réchauffer mes pauvres pieds.
Les jours défilent
et se ressemblent. Parfois, pour soulager mon cœur et m’alléger l’esprit, j’abandonne
mes souvenirs au détour d’un chemin, je suis si fatigué. Je marche seul, libre,
mais sans but. Chaque pas m’éloigne un peu plus de mon passé. Je balade ma carcasse
dans les jardins de l’envie où je regarde les enfants jouer, les amoureux sur
les bancs publics, les passants sans souci, et la vie s’écoule ainsi entre l’oubli
et l’ennui.
Et puis un jour je
croise le sourire d’une petite fille,
Le sourire de l’innocence
qui réchauffe le cœur,
Le sourire d’une
vie.
Cette tranche de
survie est un petit bijou dans son écrin. La plume de Sarah V. est
magnifiquement accompagnée par le crayon gris légèrement aquarellé de Claude K. Dubois. Le ton est juste. Les couleurs douces et pastelles apportent une jolie touche
de poésie à l’histoire malgré la tristesse du sujet. Un Bonhomme attachant et une
mise en scène émouvante qui nous rappellent, que même si la misère est moins
pénible au soleil, la vie est fragile et peut basculer à tout moment.
Un album jeunesse
plus que réussi !
Bonhomme … Juste quelqu’un de bien …
Le printemps est là mais la faim se moque bien des saisons.
N'oubliez pas les Restos du Cœur et si vous ne pouvez pas,
un sourire suffira !
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