mardi 17 février 2015

Les menottes et le radiateur

Alexandra Lapierre

Les Editions : Plon 2011



Je vous la fais rapide pour ce délicieux roman de 95 pages qui ne laisse aucune place aux préliminaires et aux civilités.

Quoi de plus excitant que se la jouer SM avec son partenaire, et pourquoi pas sur la voix de Roger Hodgson « Crime of The Century ». Oubliez la routine ennuyeuse et tue-l’amour. Laissez-vous emporter par un plaisir et un désir érotiques à l’état brut.

Suzon est restauratrice de fresques à Rome. La quarantaine à peine, femme libérée et passionnée, elle raconte par mails, des situations et liaisons torrides, ses histoires cocasses et ses frasques amoureuses à son amie de toujours, Valentine.

8 messages, via internet, qui nous embarquent dans ses aventures d’un soir, toutes aussi burlesques les unes que les autres.

Un léger voile de « liaisons dangereuses » plane entre les lignes. Le jeu d’écriture D'Alexandra  Lapierre est tantôt ironique, tantôt libertin mais ne frôle jamais la vulgarité. Il laisse place à notre imaginaire. On rit, notre esprit s’enflamme, on rougit de plaisir et on en redemande encooooooooore.

Un vaudeville truculent et captivant où se mélange humour et légèreté.  Un petit bonbon acidulé qui se laisse sucer avec gourmandise jusqu’à la fin.


« Les menottes et le radiateur » , une coupe de prosecco, du miel et mes  « fuck-me shoes » of course!



Mes post-co ït pour vous mettre en appétit :

"Je me suis maquillée et changée dare-dare : petite robe noire très décolletée pour le dîner, dessous La Perla et talons aiguilles, les chaussures qu'il aime bien et qu'il a baptisées mes "Fuck-me shoes"...
Dans mon baise-en-ville j'ai enfourné tout ce qui tombait sous la main, un chandail, un foulard, les fameuses menottes. [...]
Souhaite-moi bonne chance ... Car je l'aime, mon Poisson Froid !"


"Je connaissais la retenue du Cold Fish au lit, sa réserve dans la jouissance, cette fameuse distance qui, jusqu'à présent, rendait nos ébats plus subtils que bouleversants... Je l'ai découvert cette nuit aussi voluptueux qu'insatiable : un vrai virtuose du plaisir dont il peut parcourir la gamme dans tous les sens. A l'envers, à l'endroit, au propre et au figuré. Quand à la passion... comment ai-je osé qualifier mon Anglais de froid ? Remarque, on peut comprendre qu'il cherche à brider ses instincts... Parce que, lorsqu'il leur laisse libre cours, il ne sait plus s'arrêter. c'est l'explosion. Il ne met ni borne ni frein à ses appétits. Aucune sorte de limites... Du délire. De la déraison. De l'exagération.
De toi à moi, Vale, ce fut formidable, l'une des expériences les plus fortes de ma vie !" 


Je vous laisserai  le soin de découvrir les scènes des menottes en toute intimité.
 ;-)

Un grand merci à mon Charentais préféré pour cette croustillante lecture...

Euh... Ze veux bien un autre bonbon sieuplaît ^^ !

Pour lire le billet de Mister Green Frog 
crÔa 


Et pour suive les actualités d'Alexandra Lapierre 
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samedi 14 février 2015

A Night in San Francisco





Je patiente depuis des heures dans une foule en délire, la fièvre brûle les corps, il fait chaud, les tee-shirts collent à la peau, mais la patience, je connais, elle est mon alliée. Je veux être au premier rang. Une envie de pipi, mais je ne bouge pas d’un cran. Je garde jalousement ma place. Le premier qui se plante devant moi je dégaine mon regard lanceur de missiles andalous et je le fusille sur place.

James Hunter commence son Riff de guitare. Mon corps ne peut s’empêcher de balancer sur cette superbe reprise de  « Johnny Kidd and the Pirates 1960 ». Les milliers de gens rugissent de plaisir aux premiers accords. Envolées ces longues heures d’attente, il n’y a plus que Van Morrison & moi. Il me regarde et me parle :

“Goin, goin', goin', goin'
Way back, way back, way back
Way back, way back, way…”



When you move in right up close to me
That's when I get the shakes all over me…


La foule est en ébullition, les yeux rivés sur la scène, et voila qu’un type louche se plante devant moi et me gâche la vue. Tee-shirt bleu, au dos inscrit Linea 31, jean, kickers !

" Nom de Zeus, il va l'enlever son pétard osseux de mon soleil ! "

Je ne me démonte pas. Je dégaine mes missiles, lui tape l’épaule et le type louche linea 31, le gars qui ne savait pas sourire, se tourne !
Oups ! 46/47 pointure fillette ! Je lève la tête, Ppfiiitttt c’est loin là haut ! Euhhhh ... 1m87 peut être plus !

Je soutiens mon regard, me mets sur la pointe des pieds et mes yeux se transforment en délicieux papillons, la bouche en cœur,  j’arme mon sourire trompe couillon :

" Siouplaaaîîîît Meussieu ! "

Ni une ni deux, voilà que le type me prend par la taille et  hisse mes 57 kg sur ses épaules. La scène n’appartient qu’à moi « Shakin ‘ all over » et quel beau monde sur ce plateau : Georgie, Haji, Kate, Ronnie, Teena, John, Nicky, Geoff, Brian, Shana, Candy, Junior... et puis le voilà qui rentre sur scène, je n’en crois pas mes yeux du haut de mes 1m87 et des poussières …

Est-ce possible ?!
F-e-e-els, F-e-e-els, so good
Make me feel so good

Je le reconnais … Le grand... La légende... A king of the blues : John Lee Hooker !



Went in my roo-oom
Knocked on my do'

Feels, feels, f-e-e-els
Make me feel so good
Yeeeeah!

La salle est en délire. Le public en émoi. La température monte, un moment suspendu dans l'espace et le temps. Nous sommes en pleine communion avec John Lee, Van, sa guitare blues, la musique and Gloria.


Ce soir je suis ta Valentine  :

G (G), L (L), O (O), R (R) I-a (I-a)
A-yeah-yeah-yeah, A-yeah-yeah
(G-L-O-R-I-A)
(Gloria)
G-L-O-R-I-A
(Gloria)

Une Douce St Valentin 
à tous les Amoureux 
et pour ceux qui ne le sont pas encore, 
n’oubliez pas qu’il y a 
quelqu’un qui vous attend quelque part !

This night, for you, my name is :







'G'
(G!) L-la (L-la) O-ooh (O-ooh)
R'rrr (R'rrr) I (I) A-aay-aay
(G-L-O-R-I-A)
(Gloria)

Wanna shout ev'ry night
(Gloria)
Wanna shout ev'ry day

(G-L-O-R-I-A)
(G-L-O-R-I-A)
(G-L-O-R-I-A)
(G-L-O-R-I-A)
(G-L-O-R-I-A)
(G-L-O-R-I-A)


Make me feel good, too Babe !



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" Euuuhhh Siouplaîîîîît Meussieu le type louche Linea 31,
Je peux redescendre ?! 


G.L.O.R.I.A...

vendredi 6 février 2015

J'aimais mieux quand c'était toi

Véronique OLMI

Editions : Albin Michel
134 pages
2015 

Rentrée littéraire




                                                                                                   
Ma Carolette, mon Attachiante,

Pourquoi se contenter du pire quand le meilleur s’offre à nous ? Ne serait-ce que pour une minute, une heure une éternité…

T’est-il déjà arrivé, Carole, de t’assoir sur un banc, le temps s’arrête, ton regard est dans le vide mais ton cerveau est en pleine ébullition prêt à exploser ? Devant ce banc plusieurs chemins se présentent à toi. Lequel choisir ? Voilà le dilemme qui torture l’esprit de Nelly, 47 ans.

Nelly est assise sur ce banc, au milieu d’une gare. Peu importe que ce soit Nelly, toi ou moi, 47 ou 34 ans !  Quelle importance au fond, un jour ou l’autre un banc se présente à nous et le dilemme tombe comme une urgence, comme si notre vie en dépendait !

Nelly est actrice. Ce soir, l’attend un grand rôle au théâtre. La salle est comble. Mais un homme, au centre du cinquième rang lui fait l’effet d’une entaille, d’une trahison. Nelly puise en elle la force pour tenir son personnage. Mais son corps démissionne. Ses mots se fragmentent en silence. La représentation chavire, la pièce est annulée !

Nelly fuit. Elle va marcher sans but dans les rues de Paris à la recherche d’une réponse, d’un souffle, d’un sursaut de vie qui lui manque pour ne pas asphyxier. Dans cette gare, sur ce banc elle se pose. Durant toute une nuit, l’heure de la mise au point est venue, un face à face s’impose. Des images de sa vie lui reviennent comme des boomerangs. Des flashbacks jaillissent comme des missiles. Ça fuse de toute part. Pas le temps de souffler que ça retombe, coup de poing dans la gueule, aucune pitié pour Nelly. N’oublie pas de tendre l’autre joue ma fille, Dieu l’a dit ! Et puisque tu as choisi ta vie, maintenant tu assumes, quitte à en crever. Pour le meilleur et pour le pire. Pas le droit à l’erreur. Putain, comme ça fait mal. Mais Nelly reste sur ce banc, affronte ses démons, se couche, se relève comme un bon petit soldat et nous raconte :

Une mère qui sombre peu à peu dans la maladie : Les ténèbres de l’oubli.
« Je me demande pourquoi j’ai voulu la blesser. Pourquoi haïssant sa maladie, je me suis emportée contre elle. Je la vois sortir de son rôle, être doucement happée par hier, et même si l’avenir est un oubli perpétuel, je voudrais qu’elle marche sans se retourner, avec une dignité que rien n’entame. »

Un père qui n’a pas eu les armes pour affronter sa sexualité.
« Et soudain, je pense à mon père. A sa vie qu’il n’a pas jouée. Et cette vie sans rébellion m’emplit de chagrin. Cet homme, magnifique personnage tragique, second rôle timide qui ne savait pas qu’il pouvait parler aussi fort que les autres… qu’y avait-il à l’autre bout de la plage, papa ? Y avait-il la solitude, la tentation du suicide, ou celle d’autres hommes ? »

Deux fils qui ne voient en elle qu’une mère dans ce grand lit désert et froid.
« Ils ignorent ma chambre vide. Ils font confiance. […] Comme si la maternité nous rendait infaillibles. Et pourtant, il suffit d’un rien. Un homme qui n’est pas eux. Un homme qui passe et leur mère n’est plus leur mère. Juste une femme qui hurle de douleur. Qui meurt sur scène. Et couche dans les gares. »

Un homme effacé mais tellement présent.
« Mais ce soir, hier soir, elle s’est octroyé le premier rôle. Elle a placé au centre du cinquième rang – place idéale – l’homme idéal. Celui que j’avais nié sans l’oublier. Occulté sans le quitter. Le porteur de vie. L’amoureux. Pas un jeune premier, non. Un homme d’âge égal au mien. De force égale. […] Un fait pour moi. »

Une vie. Sa vie. Ses choix.
« Est-ce qu’on me laissera jouer encore ? Est-ce que vous pensez que cela est possible ? Un pardon ? Une grâce … »

On ne peut être que touché, réveillé, bousculé, par la fragilité de cette femme et par l’écriture sobre de l’auteure, comme des cris, des bouteilles à la mer. On s’en prend plein la gueule et on se demande, Nelly, Carole, 47 ou 34 ans quel chemin, quel choix, quelle voie ? Celle que nous dicte une certaine retenue, une certaine conscience morale ou celle qui va nous apporter cette petite brise qui nous rend si vivant ? A droite ? A gauche ? Tu me suis ? Ne pas cracher sur le bonheur.

« J’aimais mieux quand c’était toi », mais je sais, Carole, combien tu préfères quand Aimer se conjugue au présent : Tu aimes mieux quand c’est lui ! Et comme tu as raison ! L’Amour c’est quand même mieux quand il est vécu au présent ! Ne pas avoir de regret, ne pas avoir à se dire que l’on aurait pu…

Contre vent et marée, Nelly et toi avez fait le choix de la Vie, de l’Amour, pour une minute, une heure et pourquoi pas l’Éternité ?

Joyeux Anniversaire Carole pour tes jolis printemps !

« J’ai vaincu la mort pour cet instant-là. Précisément. Être dans ces minutes-là. 
Ce regard-là. Cet homme là.
Le temps s’incline et nous quitte.
Et la vie est là.
Mon Dieu…
Comme c’est simple. »





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vendredi 30 janvier 2015

Azami

Aki Shimazaki

LEMEAC / ACTES SUD
130 pages
2014

Rentrée Littéraire Janvier 2015




SEXLESS :
Mot castrateur dont je ne connaissais ni l’existence ni la signification voici quelques jours.

Syndrome japonais délicatement abordé avec justesse et intelligence dans ce court roman de Shimazaki-san.

Abstinence  ou  absence totale de désir ou d’activité sexuelle au sein d’un couple, manifesté par une grande aversion de toute relation tactile avec l’autre. L’envie n’existe plus. Les origines sont physiques et/ou psychologiques : impuissance du mari, insatisfaction des conjoints, frigidité, les femmes s’ennuient de leur mari, développement d’un certain dégoût pour l’acte sexuel. La cause du phénomène est vécue de manière volontaire mais souvent subie par une seule des deux personnes qui est en état de manque, sa libido restant intacte. Mais il arrive aussi que ce soit par les deux. Malgré l’affection qui subsiste, une dépression conjugale s’installe. Dès que l’on ne pratique plus l’acte sexuel, il est très difficile de redevenir actif à cause du manque de volonté des intéressés. C'est dans cette atmosphère de frustration et de solitude assumées que les relations sexuelles du couple s'effacent au profit de l'autosatisfaction : vidéo pornographique, sex-toys,  sex-shops, masturbateurs high-tech,  bar de rencontre. (Agoravox Mars 2007)

Mitsuo et Atsuko sont un couple sexless. La trentaine, carrières prometteuses, deux enfants, ils ne manquent de rien mise à part de cet épanouissement sexuel qui cimente le couple. Atsuo devient mère plutôt que femme tandis que Mitsuo étouffe sa libido au plus profond de lui.

« Je me demande souvent s’il nous serait possible de raviver notre sexualité, comme au début de notre mariage. Toutefois, nous sommes si accoutumés à notre vie actuelle, surtout à la chambre à part, que j’ai peur d’aborder le sujet avec ma femme. Je n’arrive pas à croire que huit ans ont déjà passé depuis notre union. Atsuko vient d’avoir trente-quatre ans et moi, j’en aurai bientôt trente-six. Nous sommes encore trop jeunes pour être sexless. Je n’imaginais pas une telle chose. »

Néanmoins, Mitsuo reste un homme normal, ses désirs le consume, le besoin est toujours là et se fait ressentir. Alors après son boulot, de temps en temps, pour combler ce manque, il fréquente les pink-salon et les vidéo-box. Son épouse tolère ce fait, se tait et ferme les yeux. 

Dans ces lieux d’érotisme, aucun contact, c’est simple, commode et rapide. Mais il est las de ces services «sexe solitaire» qui lui procurent  de plus en plus un sentiment de vide et de profonde tristesse.

« Il y a des hommes qui vont au vidéo-box ou au pink-salon pour seulement se soulager. C’est pitoyable ! »

C’est par le plus pur des hasards qu’un jour il croise un ancien camarade, Gorô, marié, deux enfants, couple sexless et trois maîtresses. Un soir Gorô insiste et  l’invite dans un club très sélect, c’est donc sans arrière pensée que Mitsuo le rejoint. Dans ce lieu de fantasme il reconnait la belle et mystérieuse Mitsuko, son amie de classe, élève mutique mais exemplaire avec qui il découvrira les premiers émois et prémices de l’amour.

Pour ne pas l’offenser, il cache sont identité. Désormais, son souvenir ne le quitte plus, les images défilent et ravivent en lui des désirs trop longtemps étouffés. Pourquoi est-elle devenue entraîneuse au doux nom d’Azami, alors qu’un bel avenir lui était promis ? Mitsuo veut comprendre et la revoir. Il refait un point sur sa vie, ses espoirs, ses incertitudes. Entre doute et désarroi, plaisirs refoulés et passion ardente,  flash-back et présent, la vie ressurgit et les démons de minuit aussi.

Pourquoi ce syndrome toucherait davantage les nippons ? La réflexion ne serait elle pas plutôt, pourquoi les japonais en parlent plus librement que nous autres les occidentaux ? Peut-être parce qu'ici on ne le dit pas...

Je susurre à ton oreille :
« Ce soir encore, ton oreiller est baigné de larmes.
A qui rêves-tu ?
Viens, viens vers moi. Je m’appelle Azami. Je suis la fleur qui berce la nuit. »

Azami,  la perle rare de Shimazaki.

Quand fleur de chardon rime avec passion et vie, viens, viens je suis ton Azami …




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mardi 30 décembre 2014

Petits oiseaux

Yôko Ogawa

Les Editions Actes Sud
2014

Roman traduit du japonais
par R-M Makino-Fayolle

Titre original : Kotori 
(Double sens en japonais : "Petits oiseaux" ou "Prendre enfant")




« Le gazouillis dissimulé au plus profond du livre qui remontait d’entre les pages n’échappait pas à son oreille. Il prenait le volume, le feuilletait, et bien entendu, y découvrait des oiseaux. Sur des pages jamais visitées depuis le classement du livre dans la bibliothèque, les oiseaux longtemps dissimulés paraissaient soulagés de pouvoir enfin déployer leurs ailes au creux de ses mains. »

Voilà comment finir une année littéraire en beauté et que demander de mieux que la sagesse et la poésie d’Ogawa pour nous faire léviter avec les mots. Son style  enchante et apaise. Des mots salvateurs qui ne peuvent que  nous rendre meilleurs. Yoko Ogawa n’a pas son pareil pour écrire les détails infimes et indescriptibles. Le froissement du papier, la saveur acidulée d’un bonbon au citron, le bruissement d’ailes de papillons, une nuque délicate, le chant cristallin du grillon grelot, même le silence sous ses doigts devient majestueux. Son style onirique et raffiné nous laisse comme en suspens. Les mots virevoltent, nous effleurent, nous caressent avec élégance et légèreté. Il est impossible de ne pas être touché par la grâce de sa « Plume », mot qui prend ici tout son sens. On tourne les pages avec délicatesse de peur de rompre la magie de la lecture.

Ce livre nous parle de la naissance, de la vie et de la mort. Entre chaque tranche de vie, il y a « des oiseaux qui ne font que répéter les mots que nous avons oubliés » et puis deux frères, deux inséparables, qui vivent en totale autarcie, se suffisant à eux même, loin du superflu. Il n’y a que le cadet pour comprendre son frère et entrer en symbiose avec lui. Ils se parlent en pawpaw le langage des oiseaux.

Finalement, l’histoire importe peu. Elle nous mène à méditer sur la peur de la solitude, sur les questions sans réponse et le futile qui nous phagocyte. Mais aussi sur la souffrance, la suffisance des gens, l’humilité face à la société de consommation. Accepter ce qui est et ce qui n’est plus. Pas à pas, nous suivons ces deux Êtres naïfs et empreints de vérité sur leur cheminement existentiel. Un voile de tristesse plane sur ce roman. Le Monsieur aux petits oiseaux et la dévotion qu’il porte à son frère ainé. Ils nous apprennent, nous nourrissent, nous guident vers la sagesse, les valeurs et l’essentiel : la Vie.

« Il avait ramassé les cristaux de mots qui s’étaient échappés du gazouillis des oiseaux. »


Petits oiseaux, « tchii tchuru tchii tchuru tchru tchiru tchii … » le chant divin de la résilience…



Ma Note : 16/20

Merci à Priceminister pour ma deuxième participation à la rentrée littéraire, 
aux Editions Actes Sud
et une mention toute particulière à 
Olivier Moss
pour son humour,  sa gentillesse,
et sa façon de ne pas se prendre au sérieux. 

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