dimanche 26 octobre 2014

Le restaurant de l'amour retrouvé

Ito OGAWA

Traduction : Myriam Dartois-Ako
Les éditions Philippe Picquier
2013





« Chaque gorgée faisait s'épanouir une prairie fleurie dans mon corps. Je ne m'imaginais pas encore très bien ce qu'était le paradis, mais si, à ses portes, on m'offrait ne serait-ce qu'une gorgée de ce champagne, j'y resterais sûrement pour l'éternité. »

Jamais un roman ni un livre de recette digne d’un grand chef étoilé n’avait autant excité mes papilles gustatives. Un florilège d’arômes vous enivre durant la lecture, vous met en appétit et embaume votre cœur. Les descriptions culinaires y sont si bien décrites que chaque page vous met l’eau à la bouche.

Ce roman ne parle pas de cuisine à proprement parlé mais d’une histoire d’amour entre Rinco, une  japonaise de 25 ans, et sa passion pour l’art culinaire qui guérit de tout. A la suite d’une déception amoureuse Rinco perd sa voix.

« … Ma voix était devenu transparente... Elle avait purement et simplement disparu de mon organisme. Comme quand on baisse le volume de la radio à zéro. La musique et les voix vibraient en moi, mais rien ne sortait. J’avais perdu ma voix. Ca ne me manquait pas. J’avais l’impression que mon corps s’était allégé. »

C’est avec une jarre de saumure héritée de sa grand-mère, comme seule compagne de voyage, qu’elle quitte tout pour retrouver son village, sa terre natale qu’elle n’a pas revue depuis 10 ans. Un retour en arrière qui la replonge dans un passé douloureux, vers un avenir incertain et une mère dépourvue de tout sentiment.

« Ma mésentente avec ma mère était précisément cette boue en moi, mais si je demeurais sereine, elle ne salirait pas tout mon cœur. Donc, je faisais en sorte d’éviter ma mère le plus possible. En un sens, je m’appliquais à ignorer sa présence. J’étais convaincue que c’était là le seul moyen de garder le cœur pur. » 

Pourtant ce retour aux sources sera le début d’une rencontre, d’une thérapie, d’une douce vérité qu’elle était loin d’imaginer. Rinco sera bercée par le souvenir bienveillant d’une grand-mère qui lui a transmis l’amour d’une cuisine chaleureuse et salvatrice. De l’autre subsiste le regard amer d’une mère froide et frivole qui a bien des égards la conduira au sommet de son art.

Un premier roman prometteur devenu un best-seller au Japon. C’est toujours avec surprise et émotion que je découvre la littérature et la culture japonaise. Il en découle toujours une humilité et  une sagesse qui me fait du bien.  L‘écriture d’Ito OGAWA est lyrique et enchanteresse. Quand elle décrit les mets sur la table dressée, c’est un pur moment de poésie me faisant monter les larmes aux yeux. On y découvre la place prépondérante de la gastronomie dans la culture japonaise, un lien important dans la tradition nippone et un trait d’union entre les hommes et les femmes. 
Un bon plat mitonné avec amour sauve de tout. 
 
Le restaurant de l’amour retrouvé, une pincée de sincérité, un zest de passion, une bonne dose d’amour et de désir pour un livre qui se savoure et vous laisse une douce et délicate saveur sur le palais !

Mot de faim :

« Un repas, c’est parce que quelqu’un d’autre le prépare pour vous avec amour
qu’il nourrit l’âme et le corps »


Post-it

Je te remercie Lydie de m’avoir ouvert les portes de ce restaurant Japonais « L’escargot ».  A travers ce livre j’ai pris le temps de me pauser, savourer le temps et déguster ce moment de poésie. Je tiens à te remercier également de m’avoir ouvert grand les portes de la médiathèque de notre si joli village. Merci pour ces cafés et tes CARenSAC qui guérissent de tout.

Je ne pouvais clore ce billet sans une petite pensée chaleureuse pour ta Grand-mère qui comme celle de Rinco t’a transmit l’amour de la vie et de la poésie.    

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dimanche 21 septembre 2014

Le violon noir

Maxence Fermine

Editions : Arléa
Septembre 1999

119 pages




Après la blancheur immaculée de «Neige» me voilà plongée à Venise dans le sombre passionnel de Fermine «Le violon noir», mais le blanc et le noir ne s’accordent-ils pas en musique ?

Quand je lis Fermine, je suis sûr de vivre un moment de Poésie et de rester en suspend à chacune de ses phrases.

Ce roman est un rendez-vous avec soi, avec l’autre, avec ce qui nous parait insurmontable et pourtant…  Ce livre est une douce symphonie à mon oreille. La délicatesse des notes nous laisse en émoi, un peu perdu, un peu plus seul ou au contraire nous ramène à l’essentiel et nous rappelle que la vie est là simple et tranquille.

J’ouvre la première page et je lis :

« La vraie musique est entre les notes » Wolfgang Amadeus Mozart

« Aimé des Dieux » donne Le ton. Je comprends, dès lors, qu’à travers ces 119 pages de sons et de lumières, je vais vivre le merveilleux. Un poème onirique en somme, mais Fermine a ce don particulier de nous émerveiller, de sa plume lyrique, avec des histoires courtes. Certains hommes  parlent peu,  sont avare de leurs mots mais il suffit de les écouter dans leur silence ou de les regarder dans la profondeur de leur âme pour en voir surgir l’amour et la grâce.

Je vous parlerai donc peu de ce livre. Il parle d’un virtuose, Johannes, qui avec son archet s’adresse à Dieu. Il n’écoute pas la musique. Il la vie. Il la ressent comme le sang qui coule dans ses veines. Ce poème nous raconte les amours d’Erasme, un luthier qui nous apprend que l’existence est un grand échiquier et que c’est à travers les échecs qu’on grandit.

Ces pages nous parlent de Carla, à la voix divine et ensorcelante, mais aussi d’opéras inachevés, de ce violon noir qui reproduit le son envoûtant de cette étrange et exquise inconnue, d’amitié, d’amour, de rêve, de la vie, d’une seconde, d’un siècle… Qu’importe si le temps qui nous est imparti est pleinement vécu. 

- Attends que le rêve se réalise et tu seras délivré. Ça finit toujours par arriver. Il suffit d'attendre.

- Longtemps ?

- Le temps n'a rien à voir là-dedans. Quelques secondes ou quelques siècles, ça ne compte pas. 
  L'attente fini toujours par être délivrée.

Parfois peu de mots suffisent, une pensée, un silence,  un regard, un sourire sur un quai de gare et tout est dit !

« Le violon noir » de Fermine, une tessiture qui vous laisse Echec et Mat !


« En vérité, le chemin importe peu, la volonté d'arriver suffit à tout » 
Albert Camus




mardi 19 août 2014

Pourpre profond

Mayra Montero

Editions 10/18
Prix à Barcelona 2000

Lecture commune avec Le Bison




[...] les lèvres d'Alejandrina gobaient sans arrêt mon sexe, ne le manquaient jamais et s'appliquaient du mieux qu'elles savaient. C'est cela que les virtuoses ont de bon : elles ne rechignent pas à la tâche, elles s'appliquent, elles insistent, recommencent, elles ont une soif de perfection sans borne.


Voilà un roman et un nouvel auteur qui sont venus à moi par le plus beau des hasards et quelle belle surprise ! Est-ce le titre qui en dit long, ce sein ferme et généreux ou Mayra Montero, écrivaine Cubaine Portoricaine, qui a attiré toute mon attention ?

Ce livre allie deux grands thèmes : jouissance et musique classique, il va sans dire que c’est avec jubilation et pure délectation  que j’ai avalé Pourpre profond

Augustin Cabán, professeur et  critique musical, redouté de tous, part à la retraite. Les cartons chargés de  partitions et de souvenirs, il décide d’écrire ses mémoires, mais pas n’importe lesquelles ! Son amour du métier lui a permis de côtoyer les plus grands virtuoses du moment. Augustin, homme passionné de musique classique et de sexe, mets sa pudeur de côté et nous fait vibrer sous sa plume, nous contant ses frasques amoureuses et perverses avec les rencontres qui ont bouleversé son parcours et tatoué son corps et son âme.

Nous sommes loin d’un roman léger, pornographique et obscène. L’écriture de l’auteur est élégante et sensuelle avec ce côté lyrique porté par de grands compositeurs comme Brahms ou Bartók. Si on prend le temps d’écouter les extraits énoncés, cette musicalité accentue l’ardeur du texte et lui offre cet aspect poétique.


 […] ses lèvres allaient et venaient le long de mon sexe et je ressentais un plaisir dévastateur, la fureur du désir cliquetait soudain dans mon crâne comme une drisse cliquette contre le mât d’un voilier ; cela s’était bientôt transformé en un torrent de féroces  – pizzicati  – dans le pur style de Béla Bartók. Ne serait-ce pas précisément cela que signifie : méditer la musique au plus profond de sa chair ?



 

A chaque chapitre on jubile mais attention aux âmes chastes et sensibles, certaines scènes peuvent  déranger. J’ai été prise d’affection pour chacune de ses conquêtes, beaucoup m’ont faire rire, toutes m’ont offert du plaisir et si on enlève les œillères qui nous voilent les yeux,  on peut en retenir une certaine morale : Lorsque deux Êtres consentant se désirent, se dévorent et que le A de Amour est infiniment grand, quelle que soit la pratique, même des plus perverses, l’acte est beau et les fluides offerts deviennent pures et sont partie intégrante de l’Amour.


« J’étais retourné auprès d’elle et lui avais essuyé l’entrejambe comme si j’essuyais une larme ».


Au fil des jours et de ses nuits blanches, Augustin nous dissèque, sans la moindre retenue, ses frasques passionnantes avec l’impudique et capricieuse Virginia Tuten, violoniste, Clint Verret, pianiste Australien au doigté prodigieux, ainsi que la perversité de Manuela Suggia, la dernière et la plus obsessionnelle, qui le jettera aux portes de l’enfer. Le point commun de toutes ses liaisons parfois dangereuses ? Il les a toutes aimées d’un amour  sincère. Au fil des mots, des rencontres, on reçoit en pleine figure  cette passion viscérale qu’il a eu pour ces femmes qui lui délivreront sans tabou le secret de leur Pourpre profond et le guideront vers le point G, pour ces hommes qui lui dévoileront des plaisirs jusque-là inconnus et l’union de ces Êtres qui le porteront au sommet de l’extase.


« Dans la vie d’une femme, il n’y a que deux moments qui, telles deux profondes brûlures, peuvent lacérer durablement son esprit : le moment où un homme lui déchire un vêtement qu’elle porte sur elle, et celui où il lui demande de lui tourner pour la première fois le dos ».


Pourpre profond, « Les seules choses qui perdurent sont le plaisir et la texture de l’instant… »

C'est avec plaisir, mais entendons nous bien, un plaisir cérébral, que j'ai partagé cette lecture avec Mister Bison. Ce livre ne parle que de sexe et de musique classique et connaissant ton penchant pour l'un des deux thèmes et souhaitant approfondir le second, je suis curieuse de  lire TON BILLET et connaître l' Élixir que tu vas nous proposer pour accompagner ce livre ! 
Un grand merci à toi pour ce roman jubilatoire !

Mon post co-ït

"Les draps froissés sentaient bon la sueur et les fluides de nos corps apaisés. Paloma n’était pas musicienne et je ne sais par quel miracle elle se retrouvait au côté des plus grands ténors pour pousser de fausses notes. Je suppose que son sourire radieux et sa gorge profonde faisaient oublier son DO majeur. 

Elle me pria de m’allonger sur le dos, et je m’exécutai dans la seconde, comment résister à tant de générosité de cette nymphe et de ses seins ni trop jeunes ni trop vieux. Elle me mit les écouteurs, doucement pour que je puisse entendre son souffle, et la musique se diffusa dans mon sang et me transporta rapidement dans les abysses de l’Amour.

Ses lèvres anisées s’emparèrent de mon torse imberbe et très vite elle prit possession du grain de beauté de mon nombril. Elle le suçotait avec délice  pendant que ses mains aux senteurs de jasmin et de rose me rendaient fou de désir prêt à exploser.

Elle se releva et plongea son regard dans le mien. Moment en suspend ! 

Sa bouche s’approcha de mon oreille et se mit à imiter un chiot en manque d’affection. Nous partîmes dans un tourbillon de rire, Putain ! qu’elle était belle et épanouie ! 

De sa voix suave,  elle me murmura  :

-          S’il te plaît, arrête-moi le temps …

Je ne su que répondre mais ce que je sais c’est que ce moment est gravé dans mon âme comme le 3ème mouvement des "Quatre saisons "de mon maître Vivaldi !

Ses lèvres gonflées de désir reprirent leurs descentes infernales pour atteindre mon phallus qu’elles s’empressèrent de sucer comme un trophée. A ce moment précis,  j’aurai pu mourir de plaisir, entre les doigts et la bouche de Paloma,  sans le moindre regret !"



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lundi 11 août 2014

Sa femme

Emmanuèle BERNHEIM

Editions : Gallimard Folio 
Prix Médicis 1993





« Sa Femme », « 3 sucres dans mon café et quelques préservatifs ».

Comment résister à ce livre après l’excellent billet de Mister Bison ? Impossible ! Aussitôt eu, aussitôt lu. Quel plaisir de retrouver la plume d’Emmanuèle Bernheim. Une écriture limpide et impitoyable. L’auteur garde cette signature bien à elle dans ses romans. Elle percute, va à l’essentiel,  sans détour, des chapitres et des phrases courtes, pas de perte de temps, c’est ce qui me touche dans son travail d’écriture.

Une histoire d’homme et de femme, des écorchés de la vie en manque d’amour. Thomas et Claire se croisent, se reconnaissent, s’aiment, se désirent, sans peur, sans tabou, sans appréhension. Claire vit l’instant présent  et se nourrit de chaque moment passé avec Thomas car c’est à travers son regard  qu’elle se sent splendide et désirable.

« Elle ne parvenait pas à se souvenir si, la veille, il lui avait dit : « A demain. » Elle se rappelait juste qu’ils étaient si étroitement mêlés qu’elle n’avait soudain plus su si c’était sa propre peau qu’elle caressait ou bien celle de Thomas ».

Une femme se sent toujours belle et épanouie après l’amour. Mais Thomas est marié et ses propos sont très clairs : il ne quittera jamais sa femme et ses enfants. Claire accepte et conserve précieusement toutes traces d’eux. Elle imagine Thomas avec « Sa Femme », ses enfants, en famille, à Noël, mais malgré tout, elle accepte et c’est avec une ardente patience que chaque jour, elle vit au rythme de ces 1h15 de plaisir et de passion avec son amant. Toujours dans cette quête perpétuelle de l’amour, ses sentiments seront-ils suffisamment forts et sincères pour accepter ce compromis et rester dans l’ombre ?

Ce livre est comme une eau sauvage, brutale et suave à la fois. On ne peut oublier sa fragrance. Il nous laisse un léger goût d’amertume par la réalité des faits, des mots qui dérangent et fusent comme des couperets mais avec cette légère douceur laissé par le sucre au fond de la tasse de café.

Chambre 408 … toc, toc, toc… Claire la passion au ventre ouvre la porte : Bonjour toi !


3 sucres dans ton café, un préservatif usagé, je veux bien m’appeler Claire.


Hasard ou transmission de pensée ? 
C’est avec plaisir que j’ai partagé cette lecture avec mon manU.
Pour savoir combien de sucre dans son café cliquez là 


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dimanche 29 juin 2014

Les lois de la frontière

Javier CERCAS

Editions : ACTES SUD

Titre original :
Las leyes de la frontera 2012




"La justice est fondée sur cette injustice : 
le pire des hommes a lui aussi droit à ce que quelqu'un le défende ; 
sinon, il n'y a pas de justice".



Après trente ans  d’un régime phalangiste, l’Espagne en pleine agonie passe d’une dictature à une démocratie. Franco est mort depuis trois ans, les espagnols à genoux se relèvent peu à peu. Nous sommes en 1978, dans le petit village de Gérone, deux quartiers sont opposés. Celui d’Ignacio, garçon de famille modeste et celui de Zarco, le caïd, et sa bande de loubards. Les lois de la frontière les séparent mais leur chemin se croise  et son destin en sera à tout jamais bouleversé.

Zarco, la sulfureuse Tere et la bande sont les terreurs de la ville. Ils vivent de petits deals, vols, braquages de banques, d’amour et ont soif de liberté.  Alors quand Ignacio, cet adolescent timide et introverti, va croiser le charismatique Zarco et que la belle Tere va lui faire découvrir les prémices de l’amour, Ignacio ne voit là qu’une bouffée d’oxygène lui si engoncé dans sa petite vie conventionnelle et sécurisée.

L’été 78 sera l’été de tous les changements. Zarco initie le jeune à la délinquance et à l’adrénaline. Malgré la ligne franchie, Ignacio n’est pas du même bord, le sang de la révolte ne coule pas dans ses veines et la voix de la sagesse se rappellera à lui. La police ne les lâche plus, l’étau se resserre jusqu’à l’ultime dénouement.

Dans la première partie nous marchons pas à pas au côté d’Ignacio. Nous suivons le déroulement de ce qui le mène à défier les lois, franchir la frontière entre le bien et le mal, la justice et l’injustice. Son intégration auprès de la bande sera difficile et les liens qui le soudent à Zarco bouleverseront la vie du jeune étudiant et celle de sa famille.

La deuxième partie s’étalera sur une trentaine d’année. Ignacio, malgré son passé troublant devient un avocat réputé et respecté de tous. Il va suivre pas à pas, année par année, le mythe Zarco. La presse le suit et le cinéma l’idolâtre. Condamné à 150 ans de détention,  toutes peines confondues,  Zarco vient de passer plus de la moitié de sa vie en prison. Alors, Tere revient vers Ignacio et lui demande de défendre l’illustre récidiviste. La passion non assouvie entre ses deux êtres jaillira de plus belle et leur révèlera les années perdues.

Durant 346 pages, j’étais en immersion totale dans la vie d’Ignacio et Zarco. J’ai franchi ces lois, j’étais dans la fascination d’un être que rien n’arrête. Ce livre parle d’une forte amitié, du regard d’un père, du mutisme protecteur d’une mère, mais aussi du silence et des non-dits qui étouffent et éloignent alors qu’un seul mot suffit pour réunir deux être qui s’aiment violement. Javier Cerca connait bien le sujet dont il parle. Il décrit superbement un pays qui vient de subir des décennies de fascisme, avec cette difficile transition que fut le passage de l’oppression à la liberté, de ceux qui ont su profiter d’un régime franquiste et les autres encore dans la douleur de la perte et de la souffrance. Cette histoire me parle et me touche car elle me ramène à mes racines, à ma famille, les opprimés. Ce roman déborde d’amour, de tolérance. Il raconte les bas-fonds de l’Espagne, de la révolte, des lois immuables de la vie, de la mort, des erreurs qui nous rendent plus fort, des choix qui nous poussent à certains renoncements et du Pardon.

Les lois de la frontière … la ligne est franchie…Merci !



«Tu n’aimes toujours pas la musique, Binoclard, a-t-elle dit alors. J’en écoute rarement, c’est ça le problème. Et pourquoi ? a demandé Tere. J’allais lui dire que je manquais de temps mais je ne l’ai pas fait. En regardant les boitiers des CD, Tere a ajouté, amusée et déçue à la fois : En plus, ces noms de me disent rien. Je me suis levé, je me suis accroupi à côté de Tere, j’ai mis un CD de Chet Baker et j’ai mis I Fall in love too Easily… Puis elle s’est mise à danser toute seule, avec un verre de vin à la main et les yeux fermés, comme si elle cherchait à percer le rythme caché de la chanson ; quand elle semblait l’avoir trouvé, elle a posé son verre sur la chaine, s’est approchée de moi, m’a passé les bras autour du cou et m’a dit : On ne peut pas vivre sans musique, Binoclard. Je l’ai prise par la taille et j’ai essayé de suivre ses pas. Je sentais ses hanches contre mes hanches, sa poitrine contre ma poitrine et ses yeux dans mes yeux. Tu m’as manqué Binoclard, a susurré Tere.»






Hasta la vida, hasta la muerte, hasta l'Amor 

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