mardi 2 décembre 2014

LØVE





Ici 


Viens… Je m’envole …


« Moi je paierais pour te revoir
Dans cette chambre rouge ! »

De ce 3ème album sorti en 2013 je ne connaissais que PARIS-SEYCHELLES passant en boucle sur les bandes FM.
Quelle surprise en découvrant l’album complet. Julien Doré nous embarque aux quatre coins de l’Europe de Viborg à Rome, de Paris à Barcelone, de Londres à ma langue Andalouse. Il raconte l’Amour dans tous ses états : la  rupture,  le désir, le manque, l’absence, le spleen. Mais aussi les sentiments qui foutent le camp, ceux que l’on entend qu’il soit trop tard pour les dire, l’amour à mort à sang, parce que forcément quand Julien de sa plume écrit qu’il AIME, il conjugue ce verbe à tous les temps.

Musicalement, c’est beau & fort.
Vocalement, le ton est juste & sensuel.
Les textes sont subtils, charnels & saisissants. 

Cela faisait très longtemps que je n’avais été touché par un album français.

« … Crevons d’être trop riches
Crevons d’être trop gras
Crevons d’être trop cons … »

Julien Doré signe un très bel album. Il rentre dans la cours des très grands auteurs, compositeurs et interprètes. Un très bel Artiste.

« Viens,
Je m’envole
Nous prierons demain
Si le ciel nous pardonne… »


 LØVE



 « On attendra l’hiver
Pour s’écrire qu’on se manque
Que c’était long hier
Que c’est long de s’attendre. »



** Ø Prononcé "eu" "île" en danois ou Bakker (plateau de Ø) morceau de terrain surélevé dans la vallée de Norréa au Danemark.

LØVE (prononcé "leuve") "lion" en danois.


Ø ********** LOVE ********** Ø   

Bientôt ...


dimanche 30 novembre 2014

Les jumeaux de l'île Rouge

Brigitte Peskine

Bayard Jeunesse

Tout public
2014
181 pages
11,50 €




« J’avais la conviction que, si je ne retournais pas là où tout avait commencé, je ne pourrais jamais être heureuse. Plus je parlais, plus j’entrevoyais, enfin, ce que j’avais tant de mal à m’expliquer. Et a fortiori à partager. Comme si j’étais « mal née » et qu’il fallait que je naisse à nouveau. »

Cléa 16 ans, partagée entre son mal de vivre et sa crise d’adolescence. Amputée d’une partie de son histoire, elle se pose mille et une questions sur ses origines. Les liens du sang, les liens du cœur, le pourquoi de son abandon et de son adoption. Vient se rajouter à ce mal-être le racisme qui  l’entoure. En effet Cléa et son frère jumeau Brice ont la peau couleur ébène de leur pays d’origine, Madagascar.

« En France, si vous n’êtes pas blanc, il y aura toujours quelqu’un pour vous le faire sentir. »

Comme si cela ne suffisait pas, naître jumeau à Madagascar est une malédiction, Fady, en malgache,  ce qui est interdit, ce qui est tabou. Rejetée par son pays d’origine et son pays d’adoption Cléa habitée par une rage permanente, appelle au secours ses parents de cœur.

De trop grosses valises à porter pour grandir et se construire.

Christine et Bernard, parents aimants et à l’écoute de leurs enfants, vont au risque de les perdre, leurs faire le plus beau des cadeaux, un été à Mananjary, leur village d’origine. Parce qu’ils savent que seul ce périple permettra de réconcilier passé, présent et avenir. Un voyage synonyme d’échanges, par mails entre parents, enfants, habitants Malgache et même via un journal intime.

Ce sont tous ces écrits que Cléa décide de remettre à Brigitte Peskine qui fera de ces émouvants échanges  épistolaires un magnifique roman initiatique.

Un très beau voyage à Madagascar où se mélange le pire comme le meilleur. Par sa richesse et son authenticité cette superbe histoire nous apprend beaucoup sur les traditions, les différentes ethnies ou le racisme au sein d’une même culture.

Les jumeaux de l’île Rouge, Cléa et Brice pas à pas vers la renaissance et la reconstruction de soi…


« Finalement, peu importe d’où on vient et où on vit. C’est en nous que se trouve la seul richesse. »




Un grand merci à Babelio et aux éditions Bayard jeunesse 
pour cet émouvant Aller/Retour

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dimanche 2 novembre 2014

Lecture à l'aveugle ! J'ose !






Auteur(e) : Inconnu
Éditeur : Inconnu
Année   : Inconnue

Expéditeur : Petit curieux ;-) 


Tout comme moi, vous saurez tout de ce roman 
dans quelques heures. 
Mais avant tout, venons en à ce livre de tous 
les mystères et de tous mes tourments. 



"Qui toujours espère Dieu le perd."
(Proverbe Afghan)



"Un air de folie creuse son visage. Alam songe aux déments des hauts plateaux, les rescapés des tueries, ceux qui assistèrent à l’incendie de leur maison, au viol de leurs filles, à la décollation des pères ou des fils à la hache."

Comment parler d’un livre dont je ne connais ni le titre, ni l’auteur, ni la nationalité, ni la quatrième de couverture ? Mon premier livre mystère, bien cacheté et enveloppé avec soin, ne révélant rien de son identité et quel livre ! Un véritable coup de poing auquel j’étais loin de m’attendre !

A dire vrai les trois premiers chapitres ont eu bien du mal à attirer toute mon attention. Et pour cause, mettez-vous un bandeau devant les yeux et marchez sans hésiter ! Même si on vous dit que la route est sans embûche, vous ne pouvez marcher qu’à tatillon. Mais une fois le fil de l’histoire en main, quel bonheur ou plutôt quelle souffrance ! Je ne sais pas qui a le plus souffert en moi : la femme ou la mère que je suis ? ! En refermant ce livre, je suis restée dans un chaos profond. A l’heure même où j’écris ce billet, je ne connais encore rien de ce livre mystère, mis à part qu’il est d’une écriture violente, bouleversante. Une histoire tragique qui me laisse avec cette interrogation :

Dieu existe-t-il vraiment ?

Puis j’ai pensé à une citation que j’affectionne particulièrement recueillie dans « Le choix de Sophie »

"La déclaration la plus pertinente faite jusqu'à ce jour sur Auschwitz n'était pas une déclaration, mais une réponse :
La question : "A Auschwitz, dis-moi, où était Dieu? "
La réponse : "Où était l'homme ? "

Mais alors qui sont les hommes ? Si quelqu'un connait la réponse ! Je réalise aujourd'hui combien nous sommes ignorants du monde qui nous entoure. Étriqués dans notre petit confort, qui sommes nous réellement pour juger autrui sans connaitre, sans savoir ? La parole de  Mahomet est-elle plus sainte que celle de Jésus ? Allah est-il le plus grand, l’Omniscient, sur cette terre ici-bas et dans l’au-delà ?

Dieu est en nous, comme le bien et le mal. Nous disposons des mêmes choix à la naissance mais pas des mêmes chances, c’est une évidence !  Ce livre n’excuse en rien toute cette violence mais il fait comprendre combien l’homme est manipulateur et combien il peut être manipulé.  

« Pourquoi lui-même avait-il le pouvoir de sacrifier ou d’épargner des êtres constitués de plusieurs dizaines d’années d’existence sur cette terre et riches d’une foule souvenirs, de secrets, d’aspirations ? On l’encourageait à jeter des bombes sur des visages et à se récrier de joie pour des motifs de sainteté ou d’honneur. »  

Ce roman nous emmène tour à tour à Paris, dans les montagnes du Pakistan et sur les hauts plateaux du Kandahar en Afghanistan. Là-bas, les mots sont remplacés par des bombes. Les seuls rêves accessibles, sont les mirages produits par La Blanche qui se diffuse dans les veines meurtries.  En guise de jouets, les garçons brandissent des kalachnikovs. Les paysans sont déchiquetés et brûlés. Les femmes sous leurs burqas sont vitriolées. Les jeunes enfants pleurent à l’ombre des cadavres. La seule source de chaleur dans ces existences vient des bombes qui explosent. 

Alam, onze ans, grandit sur cette terre de désolation. Il est tiraillé entre la sagesse et la fascination que lui inspire son grand frère, contraint par la misère à rejoindre le djihad ou à finir en martyre.

« Qu’est ce que vous croyez ? Que je vais vivre comme vous dans la mendicité ? Vous osez me juger ? Dieu me guide vers la victoire !  »

Tout commence en France dans un centre de réfugiés pour enfants de toutes origines. L’auteur (e) nous embarque dans la course effrénée d’Alam entre présent et passé. De Paris, terre promise mais aussi de désillusions, au Kandahar, terre aride uniquement baignée par le sang, nous suivons Alam parmi les rebelles, les insurgés, la vermine, la mort, le souvenir de la belle Malalaï et l’espoir qui s’étiole…

L’auteur(e) m’a parfois un peu perdu mais uniquement par mon ignorance du monde arabe. Alam est toujours parvenu à me reprendre la main pour le suivre sur le chemin de sa vie et me faire comprendre ses sacrifices, sa croix et ses choix ! Mais est ce vraiment un choix ? N’est ce pas plutôt la fatalité ?

Dieu seul le sait…

« Les habitants de cette planète devraient changer leurs méthodes, répondit calmement le Bengali. Toutes les créatures de Dieu sont faites pour l’amour, les humains et les moutons, les poissons de la mer, les chacals et les rossignols. Le bonheur appartient à celui qui s’abstient de blesser ce qui vit, même le papillon.  » 

Par la violence des faits et des mots, j’imagine la plume française d’un homme. Il me plait à imaginer un titre comme  :

 « Alam, l’oublié d’Allah » ou « L’évanoui de Kandahar ».

Ragas & Sagas - Passions & Légendes


Pour connaître le titre, l’auteur et l'expéditeur de ce livre rendez-vous demain !


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**** Roulement de Tambour ****


Opium Poppy
D'Hubert Haddad
Aux éditions Zulma
2011



C’est avec une certaine excitation non retenue que j’ai décacheté ce livre mystère… Quel plaisir de prendre le temps de découvrir ce roman, on irait dit une petite fille devant son sapin de Noël !
J’étais très émue par le titre… OUI… parce que je m’en veux d’avoir négligé dans mon billet la place importante que tient la douce et attachante Poppy dans cette histoire tragique.

De moi-même, je ne serai jamais allée vers un sujet si grave et fort, et pourtant un roman coup de cœur ! Finalement une très bonne idée, cette lecture à aveugle, qui nous permet d’aller vers d'autres horizons littéraires inconnus.  J’adresse donc un immense merci à Jérôme, qui ne m’a pas épargné avec ce livre poignant. Un voyage à la fois fascinant par les paysages, les traditions, les cultures et bouleversant par la dure réalité des faits.

Un très bon choix Jérôme Encore MERCI ! 

** Message perso à quelqu'un qui se reconnaîtra : 
"La Blanche = Opium ;-) " 

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dimanche 26 octobre 2014

Le restaurant de l'amour retrouvé

Ito OGAWA

Traduction : Myriam Dartois-Ako
Les éditions Philippe Picquier
2013





« Chaque gorgée faisait s'épanouir une prairie fleurie dans mon corps. Je ne m'imaginais pas encore très bien ce qu'était le paradis, mais si, à ses portes, on m'offrait ne serait-ce qu'une gorgée de ce champagne, j'y resterais sûrement pour l'éternité. »

Jamais un roman ni un livre de recette digne d’un grand chef étoilé n’avait autant excité mes papilles gustatives. Un florilège d’arômes vous enivre durant la lecture, vous met en appétit et embaume votre cœur. Les descriptions culinaires y sont si bien décrites que chaque page vous met l’eau à la bouche.

Ce roman ne parle pas de cuisine à proprement parlé mais d’une histoire d’amour entre Rinco, une  japonaise de 25 ans, et sa passion pour l’art culinaire qui guérit de tout. A la suite d’une déception amoureuse Rinco perd sa voix.

« … Ma voix était devenu transparente... Elle avait purement et simplement disparu de mon organisme. Comme quand on baisse le volume de la radio à zéro. La musique et les voix vibraient en moi, mais rien ne sortait. J’avais perdu ma voix. Ca ne me manquait pas. J’avais l’impression que mon corps s’était allégé. »

C’est avec une jarre de saumure héritée de sa grand-mère, comme seule compagne de voyage, qu’elle quitte tout pour retrouver son village, sa terre natale qu’elle n’a pas revue depuis 10 ans. Un retour en arrière qui la replonge dans un passé douloureux, vers un avenir incertain et une mère dépourvue de tout sentiment.

« Ma mésentente avec ma mère était précisément cette boue en moi, mais si je demeurais sereine, elle ne salirait pas tout mon cœur. Donc, je faisais en sorte d’éviter ma mère le plus possible. En un sens, je m’appliquais à ignorer sa présence. J’étais convaincue que c’était là le seul moyen de garder le cœur pur. » 

Pourtant ce retour aux sources sera le début d’une rencontre, d’une thérapie, d’une douce vérité qu’elle était loin d’imaginer. Rinco sera bercée par le souvenir bienveillant d’une grand-mère qui lui a transmis l’amour d’une cuisine chaleureuse et salvatrice. De l’autre subsiste le regard amer d’une mère froide et frivole qui a bien des égards la conduira au sommet de son art.

Un premier roman prometteur devenu un best-seller au Japon. C’est toujours avec surprise et émotion que je découvre la littérature et la culture japonaise. Il en découle toujours une humilité et  une sagesse qui me fait du bien.  L‘écriture d’Ito OGAWA est lyrique et enchanteresse. Quand elle décrit les mets sur la table dressée, c’est un pur moment de poésie me faisant monter les larmes aux yeux. On y découvre la place prépondérante de la gastronomie dans la culture japonaise, un lien important dans la tradition nippone et un trait d’union entre les hommes et les femmes. 
Un bon plat mitonné avec amour sauve de tout. 
 
Le restaurant de l’amour retrouvé, une pincée de sincérité, un zest de passion, une bonne dose d’amour et de désir pour un livre qui se savoure et vous laisse une douce et délicate saveur sur le palais !

Mot de faim :

« Un repas, c’est parce que quelqu’un d’autre le prépare pour vous avec amour
qu’il nourrit l’âme et le corps »


Post-it : 

Je te remercie Lydie de m’avoir ouvert les portes de ce restaurant Japonais « L’escargot ».  A travers ce livre j’ai pris le temps de me pauser, savourer le temps et déguster ce moment de poésie. Je tiens à te remercier également de m’avoir ouvert grand les portes de la médiathèque de notre si joli village. Merci pour ces cafés et tes CARenSAC qui guérissent de tout.

Je ne pouvais clore ce billet sans une petite pensée chaleureuse pour ta Grand-mère qui comme celle de Rinco t’a transmit l’amour de la vie et de la poésie.    

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dimanche 21 septembre 2014

Le violon noir

Maxence Fermine

Editions : Arléa
Septembre 1999

119 pages




Après la blancheur immaculée de «Neige» me voilà plongée à Venise dans le sombre passionnel de Fermine «Le violon noir», mais le blanc et le noir ne s’accordent-ils pas en musique ?

Quand je lis Fermine, je suis sûr de vivre un moment de Poésie et de rester en suspend à chacune de ses phrases.

Ce roman est un rendez-vous avec soi, avec l’autre, avec ce qui nous parait insurmontable et pourtant…  Ce livre est une douce symphonie à mon oreille. La délicatesse des notes nous laisse en émoi, un peu perdu, un peu plus seul ou au contraire nous ramène à l’essentiel et nous rappelle que la vie est là simple et tranquille.

J’ouvre la première page et je lis :

« La vraie musique est entre les notes » Wolfgang Amadeus Mozart

« Aimé des Dieux » donne Le ton. Je comprends, dès lors, qu’à travers ces 119 pages de sons et de lumières, je vais vivre le merveilleux. Un poème onirique en somme, mais Fermine a ce don particulier de nous émerveiller, de sa plume lyrique, avec des histoires courtes. Certains hommes  parlent peu,  sont avare de leurs mots mais il suffit de les écouter dans leur silence ou de les regarder dans la profondeur de leur âme pour en voir surgir l’amour et la grâce.

Je vous parlerai donc peu de ce livre. Il parle d’un virtuose, Johannes, qui avec son archet s’adresse à Dieu. Il n’écoute pas la musique. Il la vie. Il la ressent comme le sang qui coule dans ses veines. Ce poème nous raconte les amours d’Erasme, un luthier qui nous apprend que l’existence est un grand échiquier et que c’est à travers les échecs qu’on grandit.

Ces pages nous parlent de Carla, à la voix divine et ensorcelante, mais aussi d’opéras inachevés, de ce violon noir qui reproduit le son envoûtant de cette étrange et exquise inconnue, d’amitié, d’amour, de rêve, de la vie, d’une seconde, d’un siècle… Qu’importe si le temps qui nous est imparti est pleinement vécu. 

- Attends que le rêve se réalise et tu seras délivré. Ça finit toujours par arriver. Il suffit d'attendre.

- Longtemps ?

- Le temps n'a rien à voir là-dedans. Quelques secondes ou quelques siècles, ça ne compte pas. 
  L'attente fini toujours par être délivrée.

Parfois peu de mots suffisent, une pensée, un silence,  un regard, un sourire sur un quai de gare et tout est dit !

« Le violon noir » de Fermine, une tessiture qui vous laisse Echec et Mat !


« En vérité, le chemin importe peu, la volonté d'arriver suffit à tout » 
Albert Camus