samedi 28 novembre 2015

La grenouille qui avait une grande bouche

Keith Faulkner
Jonathan Lambert

Les éditions Casterman
12,95 € (à partir de 3 ans)



Une grenouille avec une énoooooorme bouche qui mange des mouches, rien d’étonnant n’est-ce-pas ? Mais voilà, elle se sent seule. Alors pour tromper son ennuie, elle va de rivage en rivage papoter avec les uns et les autres. C’est que la grenouille qui avait une grande bouche est non seulement gourmande mais très curieuse et veut absolument savoir ce que mangent ses voisins.

Étonnant, 
Le repas de  l’oiseau bleu au grand bec pointu.

Et la petite souris rousse que grignote-t-elle ? 
Miam, très appétissant !

Mais que peut bien dévorer un gros crocodile vert aux grandes dents ? 
Oups ! 
EFFRAYANT ! 

Un album magnifique. Chaque page est animé par un animal en 3D avec des couleurs vives et lumineuses. Une histoire drôle et une chute qui ravira les tous petits mais aussi  les plus grands !
La preuve : Je me suis amusée à lire les mésaventures de cette grenouille à ma grande fille Mathilde et ce fut un réel moment de bonheur que de voir un merveilleux sourire se dessiner sur sa toute petite bouche.

N’attendez plus, plongez dans ce magnifique album, mais gare au gros crocodile vert !

La grenouille qui avait une grande bouche … CRÔ!

Euh ... Paco... ça mange quoi une grenouille ?

**  X  **

lundi 2 novembre 2015

[KOKORO]





Delphine ROUX

Editions PICQUIER 2015
114 pages

Masse Critique Babelio











« Je ne vois jamais mes nièces. Je ne demande pas à les voir. […] Quand je les ai rencontrées la première fois à la maternité, j’étais comme anesthésié d’émotion. Les enfants de ma sœur, la communauté cellulaire, les cheveux similaires. J’ai posé doucement un ourson dans le berceau d’Asami, un mini-Totoro dans celui d’Asaka. Seki m’a fixé intensément. Pendant quelques secondes, j’ai cru retrouver la petite fille qui pédalait en riant sous les seringats. J’ai cru retrouver ce regard enveloppant qu’elle posait sur moi, ses mains tranquilles. Comme un retour à la source de ce que nous avions été »

Il y a des histoires comme celle-ci qui laisse des traces exquises en nous. Une remontée dans le temps qui nous emmène sur les rivages des souvenirs d’une enfance meurtrie. L’histoire simple d’une fratrie à travers le regard d’un jeune homme, Koichi, le narrateur. Inséparables, les liens qui les unissaient paraissent indéfectibles. Seki est une sœur aimante et dévouée. Pourtant, quand un drame survient brusquement dans cette famille, pour se protéger, elle met son cœur en hiver  quant à  Koichi, il reste indifférent au monde qui l’entoure.

« Doucement elle m’a déshabillé, a tenté de me rassurer, de me caresser là où elle savait donner du plaisir à ceux qui la payaient. Mais rien ne s’est passé. Malgré sa bonne volonté. Mon sexe restait mou, j’étais comme anesthésié, le corps dans cette chambre, l’esprit je ne sais où. »

Mais parfois à trop vouloir se protéger, derrière les boucliers de silence se cachent des douleurs qui gangrènent le corps. Des blessures qui assassinent l’esprit. Koichi comprend alors le rôle qu’il doit endosser à son tour pour panser les cœurs abimés et retisser les liens avec celle qu’il aime plus que jamais.

Je croyais qu’il n’y avait que la force tranquille d’un haïku ou d’une plume japonaise pour décrire la sensibilité avec autant de légèreté et de bienveillance. Je me trompais. Delphine Roux, auteure française, réussit à merveille ce court roman que je condamnais d’avance. Chaque phrase laisse planer cette saveur aigre-douce dont seuls, je croyais les asiatiques  capables. Ses mots reflètent une douce mélancolie. Une sagesse sans faim ne laissant à notre âme qu’une note ultime de poésie.

« Parfois Seki me donnait la main comme une mère. Mes doigts pâles dans les siens, nous avancions en cadence. Ma grande sœur qui m’aimait comme une mère. Mon inséparable qui me tendait son existence, au risque de tomber ; qui m’aidait à avancer. »


[Kokoro], à la recherche d’une âme çœur et retrouver l'envie d'une nouvelle vie.  



Un grand merci à Babelio 
et aux éditions Picquier 
pour cette lecture.

[kokoro, coeur]



L'avis de Noukette & celui de Jérôme 

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