vendredi 15 février 2013

Le sursis

Jean-Pierre GIBRAT

Edition intégrale

ISBN : 978 2 298 02651 1

 
Cambayrac, petit village de l’Aveyron. Dans cette paisible bourgade du midi Pyrénées, il y a la jolie Cécile, Paul le jeune toubib, Serge, Fernand qui tient le bar du coin, Angèle Fourcadelle une femme adorable que tout le monde voudrait avoir comme tante. Mais dans cette petite commune sans histoire le calme n’est qu’apparence.

Nous sommes l’été 1943, en pleine guerre et désarroi.  Deux gendarmes viennent annoncer à Angèle une terrible nouvelle : Son neveu Julien est mort dans le train bombardé qui l’emmenait au service du travail en Allemagne. Mais pourquoi Angèle n’est ni triste ni en pleurs alors que l’on vient de lui annoncer le décès de son neveu qu’elle aime comme un fils ? Tout simplement parce que Julien n’est pas mort, il a sauté du wagon juste avant le drame.

A l’insu des villageois et avec l’aide  de sa tante, il va se cacher dans le grenier de  Thomassin, l’instituteur du village, arrêté par la milice pour ses idées jugées trop communistes.  De cet endroit stratégique qui surplombe le village, julien va observer, les habitants, sa bien aimée Cécile, ses amis d’enfance vivrent les horreurs et les dérives de la guerre. C’est avec un air amusé qu’il assistera à son propre enterrement. Mais les jours deviennent de plus en plus longs et la saison annonce ses couleurs automnales.  Son seul compagnon de fortune est un mannequin, habillé d’un casque et d’un uniforme militaire, qu’il baptise Maginot et à qui il s’adresse. Ses monologues lui permettront de garder un pied dans la réalité.
"J'ai même assisté à mon enterrement sans
la pénible nécessité de mourir ; c'est à dire
à quel point j'ai été épargné"
 

Impuissant, il va être le témoin de conversations secrètes, voir les blindés allemands envahir le village. Les vérités et les mensonges se mélangent, la confiance et la trahison s’entremêlent et les rancunes  se ravivent. Julien va découvrir ses vrais amis là où il s’y attendait le moins. Au fil des jours, des mois, il va contempler sa Cécile, reprendre en main le cours de sa vie puis lui échapper peu à peu. Mais que peut-il faire puisqu’il est mort ?

De son pigeonnier, il ne sortira que le soir, la nuit tous les chats sont gris. Il s’apercevra de certaines manigances et complots qui se trafiquent tout autour du village. En qui peut-il vraiment avoir confiance ? Le vieux Fernand ? Le toubib qui tourne autour de sa belle? Serge avec sa petite gueule de milicien ? Et puis avec sa douce Cécile comment faire ? Combien de temps va-t-il devoir se cacher et se taire ?  Combien de temps va durer Le Sursis ? Cette page de l’histoire est très intéressante, mais le personnage principal, julien, manque à mon sens d’épaisseur et de témérité. L’histoire est centrée sur l’élégance et l’intelligence  de Cécile et des villageois.
 
 
Pourquoi ai-je aimé cette B.D ? Surtout pour la dernière page, une fin pour le moins surprenante et  inattendue. J’ai adoré les coups de crayon somptueux de l’auteur et les couleurs sont lumineuses et magnifiques.  Au fil des pages nous découvrons des dessins gibratesques qui ont le don d’attraper l’instant et l’émotion. Les visages sont expressifs, et les sentiments s’en dégagent sans équivoque.

 
 
Cette B.D est un bijou et un régal pour les yeux.

Cet Album est une vraie découverte, ma première rencontre avec Jean-Pierre GIBRAT et sûrement pas la dernière.
 
 
Encore et encore, toujours et toujours....MERCI ! ;)
 
 
 
 
Le Sursis de Jean-Pierre Gibrat a eu, en 1998, plusieurs prix littéraires dont celui du meilleur dessin au Festival de Chambéry,  du meilleur album par l'ALBD et prix des Libraires spécialisés en BD au Festival d'Angoulême.
 
Jean-Pierre GIBRAT
 
**********

14 commentaires:

  1. Très beau billet, tu en parles bien et tu nous donnes envie.
    Merci.

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  2. Merci à toi, rien que pour les dessins la Bd vaut le coup....je vais m'offrir "le vol du corbeau" du même auteur.

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  3. Merci Cristina. Il y a BD et BD. Celle de Gibrat dont tu commentes avec beaucoup d'adresse ici me séduit bien plus que celles plus courantes. Comme je te l'écrivais en appréciation directe sur notre espace, j'ai failli passer mon chemin au regard du thème. Mais j'ai vu que "l'impressionniste" se défendait fort bien sur un domaine qu'elle place tout de même en deçà de sa littérature favorite.
    Donc, je dis simplement bravo! Bravo de savoir commenter autre chose que ce qui n'a pas attrait à "sa lecture". Pour ma part, j'avoue ne pas savoir encore maitriser ceci. Mais tout s'apprend.
    Amitiés.
    Michel

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  4. Ce qui m'a attiré en premier lieu dans cette BD c'est le dessin et les couleurs. La quatrième de couverture a fini de me convaincre. Mais en lisant cette album c'est avant tout le coup de crayon du maître Gibrat qui m'a tenu tout au long de l'histoire, et cette fin surprenante qui m'a donné envie de persister dans le monde de la bande déssinée.

    Album magnifique.

    Tout s'apprend, chaque jour un peu plus, c'est ce qui rend la vie belle...

    Merci Michel et Bonne soirée

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  5. Je reconnais que le coup de crayon est fort attirant.
    Si je ne suis que très peu de BD, j'apprécie avant tout le graphisme. Cela donne envie de découvrir la bien-aimée Cécile dans sa chambre si bien rangée mais avec ces rayons de soleil qui illuminent ses jambes et sa robe rouge estival à pois blancs...

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  6. Et en fond musical qu'entends tu ? Quel vinyle tourne pour accompagner cette douce Cécile ?

    Fais moi rêver ! :D

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    1. Glenn Miller et son Moonlight Serenade...

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    2. C'est parfait, j'étais presque sûr de ton choix...
      Merci je l'insère dans mon billet :)

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  7. J'adore Gibrat...tu en parles très bien...son dessin est lumineux...et toujours au sevice d'histoires solides...et puis comme Le Bison...j'adore la robe de Cécile...^.^...mais n'oublions pas les petites chausettes blanches...;-)...du meilleur effet...

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  8. Je découvre la bande dessinée avec Gibrat et quel bonheur. J'ai déja un 2éme album qui m'attend.

    Moi Cécile c'est son regard qui me captive ^.^...

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    1. Moi, je lui déboutonnerai bien un bouton...
      mais la BD risque de changer de catégorie ;)

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  9. Très belle BD ! Le vol du corbeau est dans la même veine tu ne seras pas déçu. ^^

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    1. Merci beaucoup Cristie :D

      Mon libraire ne l'avait pas, donc j'ai pris à la place, Mattéo, mais le vol du corbeau fait parti de mes prochains achats.

      Bonne soirée et à bientôt

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Paul Verlaine

" Le plus difficile n'est pas d'avoir mal, mais de renoncer au bonheur. "
J.P.P

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