mardi 30 décembre 2014

Petits oiseaux

Yôko Ogawa

Les Editions Actes Sud
2014

Roman traduit du japonais
par R-M Makino-Fayolle

Titre original : Kotori 
(Double sens en japonais : "Petits oiseaux" ou "Prendre enfant")




« Le gazouillis dissimulé au plus profond du livre qui remontait d’entre les pages n’échappait pas à son oreille. Il prenait le volume, le feuilletait, et bien entendu, y découvrait des oiseaux. Sur des pages jamais visitées depuis le classement du livre dans la bibliothèque, les oiseaux longtemps dissimulés paraissaient soulagés de pouvoir enfin déployer leurs ailes au creux de ses mains. »

Voilà comment finir une année littéraire en beauté et que demander de mieux que la sagesse et la poésie d’Ogawa pour nous faire léviter avec les mots. Son style  enchante et apaise. Des mots salvateurs qui ne peuvent que  nous rendre meilleurs. Yoko Ogawa n’a pas son pareil pour écrire les détails infimes et indescriptibles. Le froissement du papier, la saveur acidulée d’un bonbon au citron, le bruissement d’ailes de papillons, une nuque délicate, le chant cristallin du grillon grelot, même le silence sous ses doigts devient majestueux. Son style onirique et raffiné nous laisse comme en suspens. Les mots virevoltent, nous effleurent, nous caressent avec élégance et légèreté. Il est impossible de ne pas être touché par la grâce de sa « Plume », mot qui prend ici tout son sens. On tourne les pages avec délicatesse de peur de rompre la magie de la lecture.

Ce livre nous parle de la naissance, de la vie et de la mort. Entre chaque tranche de vie, il y a « des oiseaux qui ne font que répéter les mots que nous avons oubliés » et puis deux frères, deux inséparables, qui vivent en totale autarcie, se suffisant à eux même, loin du superflu. Il n’y a que le cadet pour comprendre son frère et entrer en symbiose avec lui. Ils se parlent en pawpaw le langage des oiseaux.

Finalement, l’histoire importe peu. Elle nous mène à méditer sur la peur de la solitude, sur les questions sans réponse et le futile qui nous phagocyte. Mais aussi sur la souffrance, la suffisance des gens, l’humilité face à la société de consommation. Accepter ce qui est et ce qui n’est plus. Pas à pas, nous suivons ces deux Êtres naïfs et empreints de vérité sur leur cheminement existentiel. Un voile de tristesse plane sur ce roman. Le Monsieur aux petits oiseaux et la dévotion qu’il porte à son frère ainé. Ils nous apprennent, nous nourrissent, nous guident vers la sagesse, les valeurs et l’essentiel : la Vie.

« Il avait ramassé les cristaux de mots qui s’étaient échappés du gazouillis des oiseaux. »


Petits oiseaux, « tchii tchuru tchii tchuru tchru tchiru tchii … » le chant divin de la résilience…



Ma Note : 16/20

Merci à Priceminister pour ma deuxième participation à la rentrée littéraire, 
aux Editions Actes Sud
et une mention toute particulière à 
Olivier Moss
pour son humour,  sa gentillesse,
et sa façon de ne pas se prendre au sérieux. 

Ce livre vous tente ? cliquez ICI

*******************

22 commentaires:

  1. ...des oiseaux qui ne font que répéter les mots que nous avons oubliés ...
    ... Il avait ramassé les cristaux de mots qui s’étaient échappés du gazouillis des oiseaux...
    J'adore la poésie de cet auteur...
    J'ai "Les tendres plaintes" qui m'attend...
    J'en profite pour te souhaiter une fin d'année pleine de musique et de danse et de lumière et d'amour..............
    Et une année 2015 pleine de...tout ce que tu souhaites...
    Des bisous....pleinsssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssss

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    1. "Les tendres plaines" rien que le titre, il me tente déjà ...

      Nous sommes trop romantique Jacques et ce romantisme nous perdra ! ;-)

      Merci pour tes vœux c'est adorable ! Moi aussi je te souhaite une fin d'année heureuse auprès des tiens.

      "Tout ce que je souhaite ! Wahou !
      Mais je serai raisonnable, je ne veux pas abuser tu sais, alors je souhaite 3 choses :

      - De L'Amour,
      - La santé pour pouvoir en profiter,
      - Et que tes vœux se réalisent Jack

      Il faudrait se refaire une lecture commune Grand Jack pour 2015... Promis ? :D

      Des bisous... beaucoupsssssssssssssssssssssss



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    2. 'Nous sommes trop romantique Jacques et ce romantisme nous perdra ! ;-)'
      Mince, je me suis trompé de site... Je ne sortirai pas mon petit oiseau, pour le coup !

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    3. Rôôôhhhh un peu de romantisme que diable ..... !!!!

      :D

      Petit ????

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  2. Je me demande pourquoi je ne suis pas étonné de lire que tu aimes les...petits oiseaux... ^^

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    1. Parce que personne d'autre que toi me connais aussi bien !

      <3

      ;-)

      Gros poutoU sur ta joU

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  3. Encore un livre poétique et onirique. Ouvrir la cage et laisser les petits oiseaux s'envoler. Un livre qui devrait ma plaire. Mais, je ne suis pas très objectif, j'aime Ogawa et sa plume et ses histoires.

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  4. Dans ce livre se trouve cette citation :

    "La cage n'enferme pas l'oiseau. Elle lui offre la part de liberté qui lui convient".

    Visiblement elle n'a pas plus à tout le monde ;-)

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  5. Si j'avais su j'aurais choisi celui-là plutôt que "Retour à Little Wing" qui m'a beaucoup déçu. Pas grave, je le trouverai bien à la médiathèque.
    Bon à part ça, je ne pas pas partir sans te souhaiter la plus belle et heureuse année possible et sans te faire le gros poutou que tu mérites ;)

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    1. L'auteur a cette nonchalance, cette poésie, ce silence bien propre aux asiatiques qui peut agacé certains mais qui à moi me fait du bien.

      Tu es adorable Jérôme mais ça tu le sais ;-) !

      A mon tour de te souhaiter une très belle année pleine d'amour et de joie ainsi que de belles lectures et de partages pour ton plus grand plaisir et surtout le notre.

      Une énorme baiser sur ta joue !

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  6. Je te souhaite une belle année Cristina ! Très jolis ces extraits de poésie que tu nous offres. Je ne connais malheureusement pas cet auteur mais je suis prête à franchir le pas !
    Bisous

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    1. Belle année à toi aussi Cristie. Si tu dois démarrer et faire connaissance avec Ogawa, commence par "L'annulaire !"

      Bisous

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  7. Bravo pour cette chronique qui vient d'être sélectionnée et que je viens ainsi de découvrir. Je n'ai pas encore lu cette auteure mais je compte bien y remédier.

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    1. Merci beaucoup Jostein, je découvre cette belle surprise :D

      C'est avec plaisir que j'irai me balader sur tes routes ;-)

      Au plaisir de te lire

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  8. reBravo pour cette chronique et voilà un bouquin que je compte bien lire ;-)

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    1. Je suis contente et merci à toi de m'avoir mené vers Ogawa ;-)

      Bravo à toi aussi !

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  9. Encore bravo ! T'es la meilleure ! Mouahaha !! ;)

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    1. Ouhhh que j'ai envie de t'embrasse sur la joue toaaaaaaaaaaaaaa !!!

      Sluuuuurpppppp bien baveux pour mon crapaud ! :D

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  10. Je ne connaissais pas du tout ce livre avant de le voir dans le match de la rentrée littéraire !
    Je pourrais donc me laisser tenter pour ne pas finir ignare :-)

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    1. Heureusement qu'ils nous restent tant à découvrir dans la lecture. Merci Ribambelle de ton passage et n'hésites pas à te laisser tenter par Ogawa. Du bonheur et de la douceur :D

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  11. rereBravo.
    encore moi qui spolie tes commentaires.
    quelques mois après, je reviens pour te redire toute l'émotion que j'ai ressenti à travers cette histoire simple mais terriblement émouvante de ces deux frères.
    J'ai adoré. Même plus !
    Seulement 16/20 ?
    Tchii tchuru tchii tchitchiru tchitchiru tchii, tchuru tchitchiru tchitchiru tchuru tchii…
    T'es ultra sévère ;-)

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    1. Je suis heureuse du plaisir que t'a apporté Ogawa; Le bonheur parfois ne tient qu'à un livre :D

      Merci à toi !

      Oui 16/20 j'ai hésité, il méritait plus effectivement mais je n'ai pas voulu lui mettre une note supérieure, ce qui voudrait dire qu' Ogawa ou un autre auteur, ne pourrait m'emmener plus loin dans ce plaisir de lecture et ça je ne veux pas...je veux être surprise encore plus ... davantage par la plume d'Ogawa et par les mots de grands auteurs ...

      Voilà pourquoi un 16/20 ... 4 points d’espérance :D

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