samedi 16 mai 2020

Mon amie Momo


Hwang Misun

Challenge coréen chez Cristie 5/5
En partenariat avec Decrescenzo Editeurs 



« Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’Agathe. » 
Baudelaire




Je vous présente Momo. N’est elle pas mignonne avec son museau plat et sa robe blanche tachetée de noir ? 
Mais ne vous laissez pas méprendre. Ma petite chatte à un caractère bien trempé, avec sa mine renfrognée. 
Momo veut dire « poils » en coréen. J’aime caresser son pelage lorsque mademoiselle le veut bien. Quand j’abuse de sa patience, elle peut sortir ses griffes et montrer son agacement.





Un jour distante, le lendemain câline voire pot de colle, Momo est ma meilleure amie. Je lui confie tous mes secrets, mais parfois elle peut se révéler très jalouse et gare à moi si je m’éloigne trop loin de ses quartiers.  Avec sa queue, elle me frôle, me nargue de son air hautain et me fait vite savoir qu’elle est la maîtresse des lieux. 

Quelle douceur cet album ! Les illustrations pleine page sont un vrai régal pour les yeux. Le dessin naïf tout en étant réaliste nous plonge dans l’univers chaleureux de cette petite fille et de son animal de compagnie. Les couleurs vives et tendres captent le regard. De la chambre au salon en passant par la cuisine on se surprend à déambuler à leurs cotés. Nous sommes en totale immersion dans leur maison et qu’il fait bon les observer.


« Quand on est toutes les deux,
On est les plus heureuses du monde! » 

Mon amie Momo... Un joli retour à l’enfance. 



Et c’est parce que la Corée n’a pas fini de me surprendre et me réserve de belles surprises,
 je vais au-delà de ma catégorie « visiteuse » et continue mon voyage au Pays du Matin Calme. 

mardi 12 mai 2020

Dans le temple



Texte de Kim Mi-hye
Illustrations de Choi Mi-ran

En partenariat avec Decrescenzo Editeurs 


 Peut-on avoir des feuilles sur un arbre sans racines ?
뿌리 없는 나무에 잎이 필까 ?
(Proverbe coréen)


Au pays du matin calme, sur le mont Toham à l'est de Gyeongju se dresse le temple de Seokguram.
Ce temple du VIII siècle a été précisément construit en ce lieu afin de recevoir les premiers rayons du soleil, le jour du solstice d'hiver. 

Un petit garçon accompagné de sa maman traversent une forêt inquiétante, un périple long et fatiguant afin de se recueillir auprès du Seigneur Bouddha. Il voudrait prier afin que son vœu soit exaucé : Voir son père revenir, parti défendre son pays des pirates japonais.

Mais avoir l’honneur de se retrouver face à Bouddha demande bien du courage. Le temple est plongé dans la pénombre. Avant d'atteindre la chambre principale, ils devront passer par l'antichambre qui évoque la terre. Elle est gardée par huit dieux et deux Vajrapani aussi effrayants les uns que les autres. Puis après avoir traversé un long corridor où se tiennent les quatre rois du ciel, ils arriveront, enfin, dans la chambre principale en forme de rotonde symbolisant le ciel. Le petit garçon tient fièrement la main de sa maman. Timides, ils hésitent un peu, puis pénètrent dans le temple. Au centre, Le Bouddha les attend en souriant, illuminé par des pétales de lotus.

« Seigneur Bouddha, mon père me manque, 
Faites qu’il revienne vite. »

Ce cheminement initiatique est illustré par de somptueux dessins. Le crayonné au fusain accentue le coté mystique du lieu. Le passage de l’ombre à la lumière se fait tout en délicatesse et poésie. Les images parlent d'elles-mêmes et nous invitent au silence et à la méditation.

Dans le temple, 
Entre ombre et lumière naquit une fleur de lotus. 





Un grand merci à manU pour ce magnifique album jeunesse.
Pour lire le billet de manU c’est ici  



dimanche 10 mai 2020

Jiburo


Challenge Coréen chez Cristie 3/5
En partenariat avec Decrescenzo Editeurs 

Lee Jung-Hyang
Corée du Sud 
2002

« Même un enfant choisit le côté où on l’aime. »
아이도 사랑하는 데로 붙는다.
(Proverbe coréen)

Sang-Woo est contraint de rester chez sa grand-mère durant ses vacances, dans un village escarpé au milieu de nulle part. Deux longs mois avec une inconnue, lente comme une tortue et mutique.  Elle porte sur son visage les stigmates de la vie et ses doigts sont usés par la terre et le dur labeur. Sang-Woo ne connait rien de son aïeule et encore moins de la campagne. Il est un citadin, les yeux toujours rivés sur ses jeux vidéos et de surcroît détestable et irrespectueux.

La rencontre de ces deux mondes sera fulgurante pour ces deux êtres, mais aussi pour nous autres spectateurs, parce que nous connaissons ce conflit qui oppose tradition et modernité. 


Peu à peu, la sagesse de cette femme aura raison de Sang-Woo. Elle ne dit mot, observe, consent et donne tout son temps à ce petit fils ingrat qui ne voit en elle qu’une vieille folle.
Débordante d’amour, elle guidera son petit fils vers les liens indéfectibles. Avec humilité et patience, elle lui apprendra les choses essentielles comme le respect, l’amitié et la confiance.

Mais offrir c’est aussi recevoir. En retour, ce petit bonhomme redonnera du baume au cœur à sa grand-mère et lui apprendra à écrire ses sentiments depuis trop longtemps enfouis au fond de son cœur.

Cette comédie dramatique Coréenne de Lee Jung-Hyang comporte peu de dialogue, ce en quoi je reconnais bien la culture asiatique. La force de ce court-métrage repose essentiellement sur le regard, les silences et la gestuelle. Les deux acteurs convaincants et authentiques crèvent l’écran. Un film coup de poing, messager d’espoir et de transmission, où se mêle, tendresse, rire et larmes pour notre plus grand plaisir.

Jiburo, 
Le chemin de la maison, un aller sans retour !








vendredi 8 mai 2020

Bonjour l’ami




Kang Full 

Challenge coréen chez Cristie 2/5
En partenariat avec Decrescenzo Editeurs 


La pleine lune éclaire les petites ruelles de Wongju. La ville dort. Nous sommes dans un quartier typiquement coréen. Il fait froid et la ville a revêtu son manteau d’hiver.  Un petit garçon va aider un chaton à retrouver sa maison. Ils déambulent à pas feutrés au milieu de la nuit.

- Où vas-tu ? Demande-t-il.
- Je me suis perdu, répond le chat.
Il faut que je retrouve ma maison.
L’enfant ne bouge pas.
Le chaton ajoute d’une petite voix :
- Tu veux m’aider ?

Ils sautent de toit en toit, puis de trottoir en trottoir laissant, dans la neige immaculée, les traces de leurs pas incertains. Au fil de leur recherche ils vont apprendre à se connaître. 
A chaque coin de rue, ils rencontreront un chien à l’allure féroce, puis une souris médusée et un gros matou en colère. Le petit garçon ne comprend pas ce mélange de  sentiments violents et confus et par son innocence, sans le vouloir vraiment, il les guidera vers une réflexion philosophique et pourquoi pas à gagner leur confiance.

La neige ne s’arrête pas d’ensevelir la ville et le froid devient de plus en plus vigoureux. Face à une bifurcation un dilemme se présente à eux :  à gauche ou à droite ?
La fatigue et le désespoir les gagnent peu à peu. Enfin un banc, il est temps de se reposer.

Cette balade enneigée est un ravissement pour les yeux. Leur quête nous amène à réfléchir en douceur sur les difficultés qui se présentent à nous sur le chemin de la vie. Un album attendrissant et bienveillant, parsemé de merveilleuses illustrations, qui enchantera petits et grands.

Bonjour l’ami, 
Un petit garçon, un chaton, des traces de pas dans la neige... C’est beau une ville la nuit !




lundi 4 mai 2020

L’escalier où le chat m’attend




Yi Sang-hui
Tak Hye-jeong


Challenge Coréen chez Cristie (1/5)
En partenariat avec Decrescenzo Editeurs 



" Le vent souffle fort.
Il secoue les arbres.
Au milieu de toutes ces belles couleurs, vert, jaune, rose, 
je m'arrête un instant pour me reposer.
L'escalier aussi. "

Cet album, coup de coeur, est une invitation à la poésie et à la flânerie.
Quelques mots, un silence passe, suivi d'une belle illustration aux couleurs pastel, il est l'heure de prendre le temps !
Marche après marche, nous suivons une petite fille qui revient de l'école et grimpe un grand escalier. Cette ascension lente et vertigineuse, nous offre un instant de plénitude et de sérénité. On « pupillonne » de bonheur, l’art de flâner avec les yeux. La nature verdoyante s'ouvre à nous et délivre ce qu'elle a de plus beau :
Un sentier, un écureuil, le vent dans les arbres, les parfums, le bruit des pas, la danse des ombres et tous ces petits riens devenus invisibles et pourtant si merveilleux. Tous nos sens sont en éveil. On respire, on caresse, on goûte, on écoute, on admire le paysage de bas en haut de l'escalier où Monsieur chat l'attend patiemment.

" Loin, très loin, je vois les montagnes au-delà des toits.
Des nuages blancs flottent dans le ciel. "

L’escalier où  le chat m’attend, une marche après l’autre vers une parenthèse onirique.