mardi 30 décembre 2014

Petits oiseaux

Yôko Ogawa

Les Editions Actes Sud
2014

Roman traduit du japonais
par R-M Makino-Fayolle

Titre original : Kotori 
(Double sens en japonais : "Petits oiseaux" ou "Prendre enfant")




« Le gazouillis dissimulé au plus profond du livre qui remontait d’entre les pages n’échappait pas à son oreille. Il prenait le volume, le feuilletait, et bien entendu, y découvrait des oiseaux. Sur des pages jamais visitées depuis le classement du livre dans la bibliothèque, les oiseaux longtemps dissimulés paraissaient soulagés de pouvoir enfin déployer leurs ailes au creux de ses mains. »

Voilà comment finir une année littéraire en beauté et que demander de mieux que la sagesse et la poésie d’Ogawa pour nous faire léviter avec les mots. Son style  enchante et apaise. Des mots salvateurs qui ne peuvent que  nous rendre meilleurs. Yoko Ogawa n’a pas son pareil pour écrire les détails infimes et indescriptibles. Le froissement du papier, la saveur acidulée d’un bonbon au citron, le bruissement d’ailes de papillons, une nuque délicate, le chant cristallin du grillon grelot, même le silence sous ses doigts devient majestueux. Son style onirique et raffiné nous laisse comme en suspens. Les mots virevoltent, nous effleurent, nous caressent avec élégance et légèreté. Il est impossible de ne pas être touché par la grâce de sa « Plume », mot qui prend ici tout son sens. On tourne les pages avec délicatesse de peur de rompre la magie de la lecture.

Ce livre nous parle de la naissance, de la vie et de la mort. Entre chaque tranche de vie, il y a « des oiseaux qui ne font que répéter les mots que nous avons oubliés » et puis deux frères, deux inséparables, qui vivent en totale autarcie, se suffisant à eux même, loin du superflu. Il n’y a que le cadet pour comprendre son frère et entrer en symbiose avec lui. Ils se parlent en pawpaw le langage des oiseaux.

Finalement, l’histoire importe peu. Elle nous mène à méditer sur la peur de la solitude, sur les questions sans réponse et le futile qui nous phagocyte. Mais aussi sur la souffrance, la suffisance des gens, l’humilité face à la société de consommation. Accepter ce qui est et ce qui n’est plus. Pas à pas, nous suivons ces deux Êtres naïfs et empreints de vérité sur leur cheminement existentiel. Un voile de tristesse plane sur ce roman. Le Monsieur aux petits oiseaux et la dévotion qu’il porte à son frère ainé. Ils nous apprennent, nous nourrissent, nous guident vers la sagesse, les valeurs et l’essentiel : la Vie.

« Il avait ramassé les cristaux de mots qui s’étaient échappés du gazouillis des oiseaux. »


Petits oiseaux, « tchii tchuru tchii tchuru tchru tchiru tchii … » le chant divin de la résilience…



Ma Note : 16/20

Merci à Priceminister pour ma deuxième participation à la rentrée littéraire, 
aux Editions Actes Sud
et une mention toute particulière à 
Olivier Moss
pour son humour,  sa gentillesse,
et sa façon de ne pas se prendre au sérieux. 

Ce livre vous tente ? cliquez ICI

*******************

jeudi 25 décembre 2014

Un Joyeux Noël

Chut 
Tu as entendu ?
Un bruit de pas étouffé... Dans la cheminée...
Le père Noël serait passé ?
  


Une bouillotte Gypsie 
Merci je vais pouvoir enfin dormiiiir.  

Des post it fantaisies 
La fille qui ne sortait jamais sans ses post it

 Un nécessaire de manucure  
Mathiiiilde rend moi çaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!!

 Un filet pour la lingerie féminine 
"Camille tu peux reprendre le tien"
"Euh Merci Maman maintenant qu'il est tout pourri !!!!"     
^^

Un appareil à raclette 
Bon OK je reconnais les filles, l'assiette dans le micro-onde ça le fait moyen ! 

Une bouilloire 
Yesssssss ! Et l'eau chaude fût !

Un tube en verre et étain & son encens au Cèdre 
Nature & Découverte
Le premier qui m'offre de l'encens au patchouli... Il dégage ! ça c'est dit NA ! 

Un magnifique petit sapin molletonné trop meugnooonnn! 
J'Adooooore 
:D

Une boite de chocolat Jeff de Bruges 
Oui Monsieur ! Jeff de Bruges à sucer... euh les chocolats ... Pas Jeff ^^ 

Des livres :

La nouvelle d'E.E Schimtt "Une véritable pépite" il parait, 
et puis pour : 
Un livre acheté 3 repas offert !
 :D

L'histoire d'un Amour - C. Locandro 
  Il venait d'avoiiiiir dizouitan, 
il était beau comme inanfen,
fooooorrrrt comme un nÔme  
 Hum hum... Bon ok j'arrête " ;-) 

Les gens honnêtes - Durieux/Gibrat
Une espèce en voie de disparition ^^ 

Les Carnets de Cerise T3 - Chamblain-Neyret 
Ceriiiiiiiiise yesssssssss ! 
Dessins, couleurs, histoire me laissent rêveuse dans cet esprit & magie de Noël
et réveille la petite fille en moi.

Exauce Nous - Bihel & Makyo
 Oh ouiiiiiiiiiiiiiiiiiii Exauce moi siouplait ! siouplaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiittttttttttttt !!!!!!


Un grand merci à MES Amours 
Pour vos cadeaux, vos messages venus à toute heure du jour et de la nuit, du nord au sud, de l'est à l'ouest, et surtout pour 
le plus beau des présents :
Votre Amour !

Une bonne fin d'Année à toutes & à tous !

 But are we all lost stars, 
trying to light up the dark ?

Waouf
*********************

dimanche 21 décembre 2014

L'accomplissement de l'amour

Eva Almassy

Editions de l'Olivier
109 pages
2013
(Emprunté à la médiathèque)



A Love Supreme Live


 « Avec Angel, pas d’amour, pas d’enfants, pas d’accouchement, pas de lait, ni sein ni biberon, et finalement plus de femme dans le couple (le sexe de Béatrice neutralisé). »

Des années qu’Angel ne la touche plus, ne l’honore plus. Ils se voient mais ne se regardent pas, ils se parlent mais ne s’écoutent plus. Ils cohabitent, se déchirent dans un désert aride d’amour et de sentiments.  Un renoncement morbide de soi et de son corps.

« … Ne faites pas comme moi, ne restez pas, sauvez-vous, il ne faut pas rester auprès de quelqu’un qui ne vous aime pas selon votre désir. Une fois que c’est mauvais entre vous, ça le restera toujours, et il sera trop tard. Mais elle est restée et tous ses membres s’étaient atrophiés. »

Alors quand Béatrice croise au hasard le sourire d’un inconnu, c’est un tsunami dans tout son Être. Elle veut aimer et être aimée, se sentir à nouveau exister dans le regard de l’autre. Après cette misère d’amour et de caresse, son corps réclame et crie l’agonie. Béatrice veut que tout son corps transpire l’amour et le désir.

« Cet homme lui fait l’effet d’un ensoleillement, comme une coloration neuve de sa peau, une vague de chaleur, l’été qui reviendrait après la prison. Trois semaines d’intense, d’incessante excitation sexuelle, provoquée par la seule attente de sa venue, cette précipitation intérieure, ces averses d’émotion, ces urgences nouvelles et éclatantes. »

Ils correspondent d’abord, puis s’apprennent et s’apprivoisent peu à peu. Ils échangent leurs maux, leurs vies, leurs attentes. Le manque se fait ressentir et ils deviennent rapidement avide l’un de l’autre. De lui, nous saurons peu de chose mise à part qu’il est marié et père de trois enfants.
Et puis vient enfin la rencontre tant attendue, une ardente patience à peine supportable. Mais quand l’instant si désiré arrive, le cheminement tortueux de Béatrice me perd en chemin. Je ne la comprends plus, ne la suis plus dans son raisonnement et le déroulement de cette rencontre. Elle hésite, avance, recule, perdue entre ses désirs et ses choix. Un malaise permanent entre ses deux Êtres que tout réunis. L’inconnu est spectateur, proche du désarroi tandis que Béatrice frôle la névrose, zigzagant entre passion et incompréhension de l’autre, entre plaisirs retenus et flashback permanent de l’emprise d’Angel.

« … pendant une éternité personne ne l’a embrassée, excepté les premiers de l’an, à zéro heure zéro minute chaque année. Angel suspendait le gui, « le meilleur », du gui du pommier coupé à l’aube dans un verger sauvage, et sous le gui, par tradition ou superstition, il l’embrassait une fois par an. Pas le petit bisou bouton-pression clic-clac, mais sur la bouche, pas long, mais avec la langue, et quel poison liquide dans sa salive pour que la mixture de mots bonne + année + à + toi + mon + amour, cette vieille recette d’apothicaire des Roméo, entraînât toujours de si atroces années ? »

Est-ce moi qui ai mal perçu cette confusion de sentiments qui se manigance dans sa tête ? Peut-être… Une frustration de ne pouvoir me glisser dans l’histoire et d’insuffler à cette femme pourtant décidée et sûre d’elle, l’envie de profiter de l’instant présent.
Malgré un agacement envers cette femme rebelle et passionnée, j’étais en totale immersion dans ce roman. Une histoire d’infidélité, en somme banale, mais portée par la force d’écriture d’Eva Almassy. Une découverte, un vrai régal et une puissance verbale qui me donne l’envie de découvrir d’autres romans de l’auteure. Elle jongle avec les mots, nous balance de belles métaphores. Une plume divine  qui bouscule notre âme et nous renvoie naturellement vers une certaine réflexion sur soi et le couple. Le jeu d’écriture m’a fait pensé à celle d’Emmanuèle Bernheim mais avec une brise émotionnelle et poétique en plus. Elle a cette façon unique de marier les opposés pour donner cette puissance vertigineuse à la passion et à l’amour, qu'elle veut nous transmettre.

« Il ne m’aime pas comme je l’aime. S’il m’aime un peu c’est pour le moment, et moi je l’aime pour survivre à ce moment. Je l’aime avec une rage dont il n’a pas pris la mesure. »

L’accomplissement de l’amour ou quand Aimer intensifie notre sensation d’exister ! 


Le véritable Amour c'est quand le silence n'est plus gênant.
J.J. Goldman




L'avis de Jérôme qui m'a donné envie de découvrir ce livre. 


*********************

mardi 2 décembre 2014

LØVE





Ici 


Viens… Je m’envole …


« Moi je paierais pour te revoir
Dans cette chambre rouge ! »

De ce 3ème album sorti en 2013 je ne connaissais que PARIS-SEYCHELLES passant en boucle sur les bandes FM.
Quelle surprise en découvrant l’album complet. Julien Doré nous embarque aux quatre coins de l’Europe de Viborg à Rome, de Paris à Barcelone, de Londres à ma langue Andalouse. Il raconte l’Amour dans tous ses états : la  rupture,  le désir, le manque, l’absence, le spleen. Mais aussi les sentiments qui foutent le camp, ceux que l’on entend qu’il soit trop tard pour les dire, l’amour à mort à sang, parce que forcément quand Julien de sa plume écrit qu’il AIME, il conjugue ce verbe à tous les temps.

Musicalement, c’est beau & fort.
Vocalement, le ton est juste & sensuel.
Les textes sont subtils, charnels & saisissants. 

Cela faisait très longtemps que je n’avais été touché par un album français.

« … Crevons d’être trop riches
Crevons d’être trop gras
Crevons d’être trop cons … »

Julien Doré signe un très bel album. Il rentre dans la cours des très grands auteurs, compositeurs et interprètes. Un très bel Artiste.

« Viens,
Je m’envole
Nous prierons demain
Si le ciel nous pardonne… »


 LØVE



 « On attendra l’hiver
Pour s’écrire qu’on se manque
Que c’était long hier
Que c’est long de s’attendre. »



** Ø Prononcé "eu" "île" en danois ou Bakker (plateau de Ø) morceau de terrain surélevé dans la vallée de Norréa au Danemark.

LØVE (prononcé "leuve") "lion" en danois.


Ø ********** LOVE ********** Ø   

Bientôt ...


dimanche 30 novembre 2014

Les jumeaux de l'île Rouge

Brigitte Peskine

Bayard Jeunesse

Tout public
2014
181 pages
11,50 €




« J’avais la conviction que, si je ne retournais pas là où tout avait commencé, je ne pourrais jamais être heureuse. Plus je parlais, plus j’entrevoyais, enfin, ce que j’avais tant de mal à m’expliquer. Et a fortiori à partager. Comme si j’étais « mal née » et qu’il fallait que je naisse à nouveau. »

Cléa 16 ans, partagée entre son mal de vivre et sa crise d’adolescence. Amputée d’une partie de son histoire, elle se pose mille et une questions sur ses origines. Les liens du sang, les liens du cœur, le pourquoi de son abandon et de son adoption. Vient se rajouter à ce mal-être le racisme qui  l’entoure. En effet Cléa et son frère jumeau Brice ont la peau couleur ébène de leur pays d’origine, Madagascar.

« En France, si vous n’êtes pas blanc, il y aura toujours quelqu’un pour vous le faire sentir. »

Comme si cela ne suffisait pas, naître jumeau à Madagascar est une malédiction, Fady, en malgache,  ce qui est interdit, ce qui est tabou. Rejetée par son pays d’origine et son pays d’adoption Cléa habitée par une rage permanente, appelle au secours ses parents de cœur.

De trop grosses valises à porter pour grandir et se construire.

Christine et Bernard, parents aimants et à l’écoute de leurs enfants, vont au risque de les perdre, leurs faire le plus beau des cadeaux, un été à Mananjary, leur village d’origine. Parce qu’ils savent que seul ce périple permettra de réconcilier passé, présent et avenir. Un voyage synonyme d’échanges, par mails entre parents, enfants, habitants Malgache et même via un journal intime.

Ce sont tous ces écrits que Cléa décide de remettre à Brigitte Peskine qui fera de ces émouvants échanges  épistolaires un magnifique roman initiatique.

Un très beau voyage à Madagascar où se mélange le pire comme le meilleur. Par sa richesse et son authenticité cette superbe histoire nous apprend beaucoup sur les traditions, les différentes ethnies ou le racisme au sein d’une même culture.

Les jumeaux de l’île Rouge, Cléa et Brice pas à pas vers la renaissance et la reconstruction de soi…


« Finalement, peu importe d’où on vient et où on vit. C’est en nous que se trouve la seul richesse. »




Un grand merci à Babelio et aux éditions Bayard jeunesse 
pour cet émouvant Aller/Retour

********************



dimanche 2 novembre 2014

Lecture à l'aveugle ! J'ose !






Auteur(e) : Inconnu
Éditeur : Inconnu
Année   : Inconnue

Expéditeur : Petit curieux ;-) 


Tout comme moi, vous saurez tout de ce roman 
dans quelques heures. 
Mais avant tout, venons en à ce livre de tous 
les mystères et de tous mes tourments. 



"Qui toujours espère Dieu le perd."
(Proverbe Afghan)



"Un air de folie creuse son visage. Alam songe aux déments des hauts plateaux, les rescapés des tueries, ceux qui assistèrent à l’incendie de leur maison, au viol de leurs filles, à la décollation des pères ou des fils à la hache."

Comment parler d’un livre dont je ne connais ni le titre, ni l’auteur, ni la nationalité, ni la quatrième de couverture ? Mon premier livre mystère, bien cacheté et enveloppé avec soin, ne révélant rien de son identité et quel livre ! Un véritable coup de poing auquel j’étais loin de m’attendre !

A dire vrai les trois premiers chapitres ont eu bien du mal à attirer toute mon attention. Et pour cause, mettez-vous un bandeau devant les yeux et marchez sans hésiter ! Même si on vous dit que la route est sans embûche, vous ne pouvez marcher qu’à tatillon. Mais une fois le fil de l’histoire en main, quel bonheur ou plutôt quelle souffrance ! Je ne sais pas qui a le plus souffert en moi : la femme ou la mère que je suis ? ! En refermant ce livre, je suis restée dans un chaos profond. A l’heure même où j’écris ce billet, je ne connais encore rien de ce livre mystère, mis à part qu’il est d’une écriture violente, bouleversante. Une histoire tragique qui me laisse avec cette interrogation :

Dieu existe-t-il vraiment ?

Puis j’ai pensé à une citation que j’affectionne particulièrement recueillie dans « Le choix de Sophie »

"La déclaration la plus pertinente faite jusqu'à ce jour sur Auschwitz n'était pas une déclaration, mais une réponse :
La question : "A Auschwitz, dis-moi, où était Dieu? "
La réponse : "Où était l'homme ? "

Mais alors qui sont les hommes ? Si quelqu'un connait la réponse ! Je réalise aujourd'hui combien nous sommes ignorants du monde qui nous entoure. Étriqués dans notre petit confort, qui sommes nous réellement pour juger autrui sans connaitre, sans savoir ? La parole de  Mahomet est-elle plus sainte que celle de Jésus ? Allah est-il le plus grand, l’Omniscient, sur cette terre ici-bas et dans l’au-delà ?

Dieu est en nous, comme le bien et le mal. Nous disposons des mêmes choix à la naissance mais pas des mêmes chances, c’est une évidence !  Ce livre n’excuse en rien toute cette violence mais il fait comprendre combien l’homme est manipulateur et combien il peut être manipulé.  

« Pourquoi lui-même avait-il le pouvoir de sacrifier ou d’épargner des êtres constitués de plusieurs dizaines d’années d’existence sur cette terre et riches d’une foule souvenirs, de secrets, d’aspirations ? On l’encourageait à jeter des bombes sur des visages et à se récrier de joie pour des motifs de sainteté ou d’honneur. »  

Ce roman nous emmène tour à tour à Paris, dans les montagnes du Pakistan et sur les hauts plateaux du Kandahar en Afghanistan. Là-bas, les mots sont remplacés par des bombes. Les seuls rêves accessibles, sont les mirages produits par La Blanche qui se diffuse dans les veines meurtries.  En guise de jouets, les garçons brandissent des kalachnikovs. Les paysans sont déchiquetés et brûlés. Les femmes sous leurs burqas sont vitriolées. Les jeunes enfants pleurent à l’ombre des cadavres. La seule source de chaleur dans ces existences vient des bombes qui explosent. 

Alam, onze ans, grandit sur cette terre de désolation. Il est tiraillé entre la sagesse et la fascination que lui inspire son grand frère, contraint par la misère à rejoindre le djihad ou à finir en martyre.

« Qu’est ce que vous croyez ? Que je vais vivre comme vous dans la mendicité ? Vous osez me juger ? Dieu me guide vers la victoire !  »

Tout commence en France dans un centre de réfugiés pour enfants de toutes origines. L’auteur (e) nous embarque dans la course effrénée d’Alam entre présent et passé. De Paris, terre promise mais aussi de désillusions, au Kandahar, terre aride uniquement baignée par le sang, nous suivons Alam parmi les rebelles, les insurgés, la vermine, la mort, le souvenir de la belle Malalaï et l’espoir qui s’étiole…

L’auteur(e) m’a parfois un peu perdu mais uniquement par mon ignorance du monde arabe. Alam est toujours parvenu à me reprendre la main pour le suivre sur le chemin de sa vie et me faire comprendre ses sacrifices, sa croix et ses choix ! Mais est ce vraiment un choix ? N’est ce pas plutôt la fatalité ?

Dieu seul le sait…

« Les habitants de cette planète devraient changer leurs méthodes, répondit calmement le Bengali. Toutes les créatures de Dieu sont faites pour l’amour, les humains et les moutons, les poissons de la mer, les chacals et les rossignols. Le bonheur appartient à celui qui s’abstient de blesser ce qui vit, même le papillon.  » 

Par la violence des faits et des mots, j’imagine la plume française d’un homme. Il me plait à imaginer un titre comme  :

 « Alam, l’oublié d’Allah » ou « L’évanoui de Kandahar ».

Ragas & Sagas - Passions & Légendes


Pour connaître le titre, l’auteur et l'expéditeur de ce livre rendez-vous demain !


_________________________________________________________________________________

**** Roulement de Tambour ****


Opium Poppy
D'Hubert Haddad
Aux éditions Zulma
2011



C’est avec une certaine excitation non retenue que j’ai décacheté ce livre mystère… Quel plaisir de prendre le temps de découvrir ce roman, on irait dit une petite fille devant son sapin de Noël !
J’étais très émue par le titre… OUI… parce que je m’en veux d’avoir négligé dans mon billet la place importante que tient la douce et attachante Poppy dans cette histoire tragique.

De moi-même, je ne serai jamais allée vers un sujet si grave et fort, et pourtant un roman coup de cœur ! Finalement une très bonne idée, cette lecture à aveugle, qui nous permet d’aller vers d'autres horizons littéraires inconnus.  J’adresse donc un immense merci à Jérôme, qui ne m’a pas épargné avec ce livre poignant. Un voyage à la fois fascinant par les paysages, les traditions, les cultures et bouleversant par la dure réalité des faits.

Un très bon choix Jérôme Encore MERCI ! 

** Message perso à quelqu'un qui se reconnaîtra : 
"La Blanche = Opium ;-) " 

                      *****************

dimanche 26 octobre 2014

Le restaurant de l'amour retrouvé

Ito OGAWA

Traduction : Myriam Dartois-Ako
Les éditions Philippe Picquier
2013





« Chaque gorgée faisait s'épanouir une prairie fleurie dans mon corps. Je ne m'imaginais pas encore très bien ce qu'était le paradis, mais si, à ses portes, on m'offrait ne serait-ce qu'une gorgée de ce champagne, j'y resterais sûrement pour l'éternité. »

Jamais un roman ni un livre de recette digne d’un grand chef étoilé n’avait autant excité mes papilles gustatives. Un florilège d’arômes vous enivre durant la lecture, vous met en appétit et embaume votre cœur. Les descriptions culinaires y sont si bien décrites que chaque page vous met l’eau à la bouche.

Ce roman ne parle pas de cuisine à proprement parlé mais d’une histoire d’amour entre Rinco, une  japonaise de 25 ans, et sa passion pour l’art culinaire qui guérit de tout. A la suite d’une déception amoureuse Rinco perd sa voix.

« … Ma voix était devenu transparente... Elle avait purement et simplement disparu de mon organisme. Comme quand on baisse le volume de la radio à zéro. La musique et les voix vibraient en moi, mais rien ne sortait. J’avais perdu ma voix. Ca ne me manquait pas. J’avais l’impression que mon corps s’était allégé. »

C’est avec une jarre de saumure héritée de sa grand-mère, comme seule compagne de voyage, qu’elle quitte tout pour retrouver son village, sa terre natale qu’elle n’a pas revue depuis 10 ans. Un retour en arrière qui la replonge dans un passé douloureux, vers un avenir incertain et une mère dépourvue de tout sentiment.

« Ma mésentente avec ma mère était précisément cette boue en moi, mais si je demeurais sereine, elle ne salirait pas tout mon cœur. Donc, je faisais en sorte d’éviter ma mère le plus possible. En un sens, je m’appliquais à ignorer sa présence. J’étais convaincue que c’était là le seul moyen de garder le cœur pur. » 

Pourtant ce retour aux sources sera le début d’une rencontre, d’une thérapie, d’une douce vérité qu’elle était loin d’imaginer. Rinco sera bercée par le souvenir bienveillant d’une grand-mère qui lui a transmis l’amour d’une cuisine chaleureuse et salvatrice. De l’autre subsiste le regard amer d’une mère froide et frivole qui a bien des égards la conduira au sommet de son art.

Un premier roman prometteur devenu un best-seller au Japon. C’est toujours avec surprise et émotion que je découvre la littérature et la culture japonaise. Il en découle toujours une humilité et  une sagesse qui me fait du bien.  L‘écriture d’Ito OGAWA est lyrique et enchanteresse. Quand elle décrit les mets sur la table dressée, c’est un pur moment de poésie me faisant monter les larmes aux yeux. On y découvre la place prépondérante de la gastronomie dans la culture japonaise, un lien important dans la tradition nippone et un trait d’union entre les hommes et les femmes. 
Un bon plat mitonné avec amour sauve de tout. 
 
Le restaurant de l’amour retrouvé, une pincée de sincérité, un zest de passion, une bonne dose d’amour et de désir pour un livre qui se savoure et vous laisse une douce et délicate saveur sur le palais !

Mot de faim :

« Un repas, c’est parce que quelqu’un d’autre le prépare pour vous avec amour
qu’il nourrit l’âme et le corps »


Post-it

Je te remercie Lydie de m’avoir ouvert les portes de ce restaurant Japonais « L’escargot ».  A travers ce livre j’ai pris le temps de me pauser, savourer le temps et déguster ce moment de poésie. Je tiens à te remercier également de m’avoir ouvert grand les portes de la médiathèque de notre si joli village. Merci pour ces cafés et tes CARenSAC qui guérissent de tout.

Je ne pouvais clore ce billet sans une petite pensée chaleureuse pour ta Grand-mère qui comme celle de Rinco t’a transmit l’amour de la vie et de la poésie.    

********************************




dimanche 21 septembre 2014

Le violon noir

Maxence Fermine

Editions : Arléa
Septembre 1999

119 pages




Après la blancheur immaculée de «Neige» me voilà plongée à Venise dans le sombre passionnel de Fermine «Le violon noir», mais le blanc et le noir ne s’accordent-ils pas en musique ?

Quand je lis Fermine, je suis sûr de vivre un moment de Poésie et de rester en suspend à chacune de ses phrases.

Ce roman est un rendez-vous avec soi, avec l’autre, avec ce qui nous parait insurmontable et pourtant…  Ce livre est une douce symphonie à mon oreille. La délicatesse des notes nous laisse en émoi, un peu perdu, un peu plus seul ou au contraire nous ramène à l’essentiel et nous rappelle que la vie est là simple et tranquille.

J’ouvre la première page et je lis :

« La vraie musique est entre les notes » Wolfgang Amadeus Mozart

« Aimé des Dieux » donne Le ton. Je comprends, dès lors, qu’à travers ces 119 pages de sons et de lumières, je vais vivre le merveilleux. Un poème onirique en somme, mais Fermine a ce don particulier de nous émerveiller, de sa plume lyrique, avec des histoires courtes. Certains hommes  parlent peu,  sont avare de leurs mots mais il suffit de les écouter dans leur silence ou de les regarder dans la profondeur de leur âme pour en voir surgir l’amour et la grâce.

Je vous parlerai donc peu de ce livre. Il parle d’un virtuose, Johannes, qui avec son archet s’adresse à Dieu. Il n’écoute pas la musique. Il la vie. Il la ressent comme le sang qui coule dans ses veines. Ce poème nous raconte les amours d’Erasme, un luthier qui nous apprend que l’existence est un grand échiquier et que c’est à travers les échecs qu’on grandit.

Ces pages nous parlent de Carla, à la voix divine et ensorcelante, mais aussi d’opéras inachevés, de ce violon noir qui reproduit le son envoûtant de cette étrange et exquise inconnue, d’amitié, d’amour, de rêve, de la vie, d’une seconde, d’un siècle… Qu’importe si le temps qui nous est imparti est pleinement vécu. 

- Attends que le rêve se réalise et tu seras délivré. Ça finit toujours par arriver. Il suffit d'attendre.

- Longtemps ?

- Le temps n'a rien à voir là-dedans. Quelques secondes ou quelques siècles, ça ne compte pas. 
  L'attente fini toujours par être délivrée.

Parfois peu de mots suffisent, une pensée, un silence,  un regard, un sourire sur un quai de gare et tout est dit !

« Le violon noir » de Fermine, une tessiture qui vous laisse Echec et Mat !


« En vérité, le chemin importe peu, la volonté d'arriver suffit à tout » 
Albert Camus




mardi 19 août 2014

Pourpre profond

Mayra Montero

Editions 10/18
Prix à Barcelona 2000

Lecture commune avec Le Bison




[...] les lèvres d'Alejandrina gobaient sans arrêt mon sexe, ne le manquaient jamais et s'appliquaient du mieux qu'elles savaient. C'est cela que les virtuoses ont de bon : elles ne rechignent pas à la tâche, elles s'appliquent, elles insistent, recommencent, elles ont une soif de perfection sans borne.


Voilà un roman et un nouvel auteur qui sont venus à moi par le plus beau des hasards et quelle belle surprise ! Est-ce le titre qui en dit long, ce sein ferme et généreux ou Mayra Montero, écrivaine Cubaine Portoricaine, qui a attiré toute mon attention ?

Ce livre allie deux grands thèmes : jouissance et musique classique, il va sans dire que c’est avec jubilation et pure délectation  que j’ai avalé Pourpre profond

Augustin Cabán, professeur et  critique musical, redouté de tous, part à la retraite. Les cartons chargés de  partitions et de souvenirs, il décide d’écrire ses mémoires, mais pas n’importe lesquelles ! Son amour du métier lui a permis de côtoyer les plus grands virtuoses du moment. Augustin, homme passionné de musique classique et de sexe, mets sa pudeur de côté et nous fait vibrer sous sa plume, nous contant ses frasques amoureuses et perverses avec les rencontres qui ont bouleversé son parcours et tatoué son corps et son âme.

Nous sommes loin d’un roman léger, pornographique et obscène. L’écriture de l’auteur est élégante et sensuelle avec ce côté lyrique porté par de grands compositeurs comme Brahms ou Bartók. Si on prend le temps d’écouter les extraits énoncés, cette musicalité accentue l’ardeur du texte et lui offre cet aspect poétique.


 […] ses lèvres allaient et venaient le long de mon sexe et je ressentais un plaisir dévastateur, la fureur du désir cliquetait soudain dans mon crâne comme une drisse cliquette contre le mât d’un voilier ; cela s’était bientôt transformé en un torrent de féroces  – pizzicati  – dans le pur style de Béla Bartók. Ne serait-ce pas précisément cela que signifie : méditer la musique au plus profond de sa chair ?



 

A chaque chapitre on jubile mais attention aux âmes chastes et sensibles, certaines scènes peuvent  déranger. J’ai été prise d’affection pour chacune de ses conquêtes, beaucoup m’ont faire rire, toutes m’ont offert du plaisir et si on enlève les œillères qui nous voilent les yeux,  on peut en retenir une certaine morale : Lorsque deux Êtres consentant se désirent, se dévorent et que le A de Amour est infiniment grand, quelle que soit la pratique, même des plus perverses, l’acte est beau et les fluides offerts deviennent pures et sont partie intégrante de l’Amour.


« J’étais retourné auprès d’elle et lui avais essuyé l’entrejambe comme si j’essuyais une larme ».


Au fil des jours et de ses nuits blanches, Augustin nous dissèque, sans la moindre retenue, ses frasques passionnantes avec l’impudique et capricieuse Virginia Tuten, violoniste, Clint Verret, pianiste Australien au doigté prodigieux, ainsi que la perversité de Manuela Suggia, la dernière et la plus obsessionnelle, qui le jettera aux portes de l’enfer. Le point commun de toutes ses liaisons parfois dangereuses ? Il les a toutes aimées d’un amour  sincère. Au fil des mots, des rencontres, on reçoit en pleine figure  cette passion viscérale qu’il a eu pour ces femmes qui lui délivreront sans tabou le secret de leur Pourpre profond et le guideront vers le point G, pour ces hommes qui lui dévoileront des plaisirs jusque-là inconnus et l’union de ces Êtres qui le porteront au sommet de l’extase.


« Dans la vie d’une femme, il n’y a que deux moments qui, telles deux profondes brûlures, peuvent lacérer durablement son esprit : le moment où un homme lui déchire un vêtement qu’elle porte sur elle, et celui où il lui demande de lui tourner pour la première fois le dos ».


Pourpre profond, « Les seules choses qui perdurent sont le plaisir et la texture de l’instant… »

C'est avec plaisir, mais entendons nous bien, un plaisir cérébral, que j'ai partagé cette lecture avec Mister Bison. Ce livre ne parle que de sexe et de musique classique et connaissant ton penchant pour l'un des deux thèmes et souhaitant approfondir le second, je suis curieuse de  lire TON BILLET et connaître l' Élixir que tu vas nous proposer pour accompagner ce livre ! 
Un grand merci à toi pour ce roman jubilatoire !

Mon post co-ït

"Les draps froissés sentaient bon la sueur et les fluides de nos corps apaisés. Paloma n’était pas musicienne et je ne sais par quel miracle elle se retrouvait au côté des plus grands ténors pour pousser de fausses notes. Je suppose que son sourire radieux et sa gorge profonde faisaient oublier son DO majeur. 

Elle me pria de m’allonger sur le dos, et je m’exécutai dans la seconde, comment résister à tant de générosité de cette nymphe et de ses seins ni trop jeunes ni trop vieux. Elle me mit les écouteurs, doucement pour que je puisse entendre son souffle, et la musique se diffusa dans mon sang et me transporta rapidement dans les abysses de l’Amour.

Ses lèvres anisées s’emparèrent de mon torse imberbe et très vite elle prit possession du grain de beauté de mon nombril. Elle le suçotait avec délice  pendant que ses mains aux senteurs de jasmin et de rose me rendaient fou de désir prêt à exploser.

Elle se releva et plongea son regard dans le mien. Moment en suspend ! 

Sa bouche s’approcha de mon oreille et se mit à imiter un chiot en manque d’affection. Nous partîmes dans un tourbillon de rire, Putain ! qu’elle était belle et épanouie ! 

De sa voix suave,  elle me murmura  :

-          S’il te plaît, arrête-moi le temps …

Je ne su que répondre mais ce que je sais c’est que ce moment est gravé dans mon âme comme le 3ème mouvement des "Quatre saisons "de mon maître Vivaldi !

Ses lèvres gonflées de désir reprirent leurs descentes infernales pour atteindre mon phallus qu’elles s’empressèrent de sucer comme un trophée. A ce moment précis,  j’aurai pu mourir de plaisir, entre les doigts et la bouche de Paloma,  sans le moindre regret !"



****************************



Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...