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lundi 1 avril 2013

Le combat ordinaire 3. Ce qui est précieux

Manu LARCENET
Edition : Dargaud



[…]Mon père est mort. Je ne crois pas que je mesure encore bien toute l’étendue du cataclysme. Quand je ne serai plus anesthésié par la brutalité de sa disparition, j’entreverrai alors peut-être toute l’étendue intime du deuil. Pour conjurer la peur, depuis tout môme, j’ai imaginé ce moment sous toutes ses coutures. Je l’ai tellement fantasmé que lorsqu’il est arrivé j’ai été soulagé. Etrangement, c’est comme si je m’étais dit : «On y est, c’est arrivé. Une horreur de moins à vivre, c’est toujours ça de pris.» Mais dans les innombrables fantasmes morbides, il y a une chose que je ne pouvais pas savoir, rien ne prépare à la permanence de l’abomination. […]
Après ce passage, que puis-je écrire dans mon billet qui soit aussi puissant ? Je cherche au fond de moi, le vide complet. Comment être à la hauteur de cette BD bouleversante, de ce texte violent ?
Quand on lit Le combat ordinaire 3, on est au-delà de tout cela.   Sa lecture nous laisse face à nous même, elle nous rentre à l’intérieur. Il est difficile d’en ressortir indemne.
Pourquoi ? Parce que la mort, tout le monde y est confronté un jour ou l’autre. Certains se murent dans le silence, d’autres hurlent leur douleur. Il y  a ceux qui ont besoin d’être entouré et d’autres, qui comme moi, préfèrent se retrouver seuls et étouffent leurs cris pour que personne ne les entendent.
Puis vient le moment des souvenirs. Des odeurs, une boite remplie de photos,  une chanson, un parfum qui un jour, comme ça, au moment ou l’on s’y attend le moins va  nous ramener à un instant unique de notre vie ou au contraire nous transpercer le cœur, car malgré les mois et les années qui passent, nous n’oublions jamais. La douleur est endormie prête à exploser. Nous ne sommes jamais prêts à l’absence, au manque, à l’abomination.
Alors deux choix  s’offrent à nous : Marcher ou Crever,
Je me suis levée et j’ai marché!

manU Larcenet ou l’art de trouver ce qu'il y a de précieux en Moi.
 
 
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