dimanche 13 août 2017

MAL de PIERRES

Un film de Nicole Garcia - 2016
Marion Cotillard
Alex Brendemühl
Louis Garrel

D'après le roman de Milena Agus - 2006
Les éditions : Livre de poche




« Nous serons nus,
Je m’allongerai sur vous,
J’écarterai vos bras,
Vous connaîtrez avec moi la chose principale,
Vous entrerez en moi,
Vous entrerez en moi,
Vous entrerez en moi. »


Quand j’ai lu le billet de Taber'Nad et celui du Bison au fin fond de sa Dordogne, il était évident que j’allais lire ce livre. Alors, quand au hasard de mes vide-greniers drômois, pour quelques centimes, ce roman a littéralement atterri entre mes mains, un sourire s’est dessiné sur mes lèvres et  « Mal de Pierres » est devenu mon nouveau précieux galet.

Le film a immédiatement suivi, et si l’on ressent un certain bémol chez le Bison (faut il être une femme pour apprécier une histoire d’amour ? je me le demande !) il en a été autrement à travers mon regard.

Le mal de pierres n’est pas simplement quelques calculs rénaux, c’est bien au-delà. C’est une douleur fulgurante qui vient secouer tout ton être. Une souffrance qui rend Gabrielle vivante et lui fait prendre conscience de son corps et de l’urgence d’aimer.  Car Gabrielle est entière, souvent au bord de la rupture, à la fois désinhibée, fragile, triste et murée dans son silence. On la croit folle, alors pour éviter l’internement psychiatrique, elle obéit à sa mère. Elle se sacrifie et se marie par convenance avec José, un ouvrier taiseux aux épaules solides.
Mais Gabrielle erre dans l'attente, auprès d’un homme qu’elle n’aime pas. Son corps la ramène sans cesse à ses désirs brûlants et son envie d’aimer. Les douleurs reviennent de plus belles et l’empêchent d‘enfanter. Contre son gré, elle part quelques semaines en cure thermale. C’est dans ces montagnes qu’elle fera une rencontre brève mais inoubliable. Elle connaîtra enfin cette passion dévorante auprès d’André, un lieutenant blessé durant la guerre d’Indochine.
Mais son séjour arrive à son terme et après maintes promesses de se revoir, ils se quittent. Il est temps de retourner à sa vie car dans les années cinquante une femme respectable se doit de rejoindre son mari.

Gabrielle ne défait pas sa valise. Son ventre s’arrondit. Elle lui écrit, elle attend que le facteur sonne, un signe, un espoir, une délivrance, sous le regard bienveillant de son mari. Lui seul connaît la vérité et comprend le mal de pierres qui la ronge, mais il accepte et aime sa femme plus que tout. Dans un silence cérémonial, ils attendent, lui pour elle, et elle pour un autre. Ils ne sont qu’attente, des semaines, des mois, des années …

 -         -  Pourquoi ne m’as-tu rien dit ?
-          - Je voulais que tu vives.

L’absence et le manque maintiennent la passion en éveil, mais peuvent détruire quand l’amour n’est que rêve et désillusion.

« Que fais tu ? Où es tu ? J’ai peur pour toi ! Je n’ai pas défait ma valise. Je ne fais qu’attendre, je ne suis que ça, ton corps m’a envahi, je suis plantée en toi, je suis seule avec toi ... j’ai perdu les mots. »

Nicole Garcia nous dresse un portrait de femme hors du commun. Elle signe avec élégance une histoire troublante et passionnante. Certains cadrages caméra sont exceptionnels et sublimés par le choix musical « La Barcarolle de Juin » de Tchaïkovsky. Même si l’œil lubrique du Bison a manqué de scènes torrides, il est justement plus intense de se laisser envahir par son propre imaginaire. On vit de l’intérieur l’être incandescent incarné par Marion Cotillard. Mais mon attention a particulièrement été captivé par le charisme de José, Alex Brendemühl. Son ardente patience et sa quête d’amour palpable m’ont touché, ou me suis-je tout simplement noyée dans le bleu de ses yeux ou peut être cet accent castillan qui me rappelle tant mes racines.

« Si je devais ne jamais te rencontrer, fais qu'au moins, je sente le manque de toi. »     

Mal de Pierres … Ni heureuse, ni malheureuse.





10 commentaires:

  1. Un très beau roman que je n'oublierai pas, un roman sur la quête intérieure et celle de l'amour, avec des émotions vraies et un personnage plus grand que nature qui m'a rappelé Camille Claudel, à certains égards. Des femmes fortes comme je les aime <3
    Gros bisous ma Rousse xxx

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    1. Oui, maintenant que tu le soulignes, la même passion a dévoré Camille pour Rodin.
      Si tu n'as pas vu le film cours vite le louer. Marion Cotillard est touchante et Alex Brendemülh aïe aïe aïe Caramba ! J'aime beaucoup son regard bleu ténébreux et un personnage secondaire tout en retenu mais qui pour moi a crevé l'écran.

      Le film a quelques nuances par rapport au livre pour les bienfaits du scénario mais cela n'enlève rien à la beauté de cette histoire.

      Merci ma Nadine, je te fais de gros poutoux andalous sur ta joue, Ouh ouuuh ;-)

      XXX

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  2. J'ai eu le plaisir d'assister à une rencontre avec Milena Agus à Cognac il y a quelques années, j'avais adoré entendre son accent italien chantant...
    Après ton billet, j'ai très envie de voir ce film !

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    1. Oui je me souviens, tu avais fait un billet sur ce salon littéraire à Cognac.
      Oui il faut voir le film, mais lire le livre avant !
      Enfin, c'est pas un ordre hein ? Mais c'est mieux :)

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  3. Un beau film mais il faut être une femme pour le comprendre complètement

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    1. Oui un beau film mais je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi !
      Tu t'es mis de mèche avec Le Bison c'est ça ?! ;-)

      Non, pas une femme, mais il faut tout simplement avoir connu la passion, je pense ^^ :)

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  4. Un billet qui donne vraiment envie de craquer pour le livre et ensuite le film. J'aime me faire mon cinéma avant de voir ce que les autres en ont fait.
    Bonne journée, FLaure

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    1. Une femme peu commune. Une histoire qui devrait te plaire !
      Merci Flaure
      Belle fin de semaine :)

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  5. Contrairement à ce que tu penses, mon bémol n'est pas lié à l'histoire d'amour, parce que je pense savoir apprécier ce genre d'histoires, mais à la façon dont la première partie du film prend des raccourcis... Mais je sais qu'il est toujours délicat de transposer de la page à la pellicule. Par contre, une fois le film lancé dans les Alpes, j'ai été pris, parce que j'aime les histoires d'amour... Je ne suis pas que rustre solitaire...

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    1. Je comprends ton ressenti, on est souvent déçu par le film après le livre mais j'ai tellement été emporté par le jeu de Marion et le regard d'Alex que ces petits raccourcis sont passés inaperçus.

      Rustre toi ???? Mais nannnnnn ^^
      Qui a dit ça ;-D mdr

      <3

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