jeudi 28 mars 2013

La guerre des lulus


T1 La maison des enfants trouvés
 
Scénario : Régis Hautière
Dessin : Hardoc
Couleurs : David François
Editeur : Casterman
56 pages

 

Ne sont-ils pas trognons comme tout, les Lulus ?

















Lucas, Luigi, Ludwig et Lucien, de tous, mon préféré, c’est le petit dernier, Lucas. Son jeune âge  lui vaut d’être naïf et de poser des questions tellement évidentes que l’on ne peut que craquer pour  sa frimousse.
Luigi, Lucas, Ludwig et Lucien
 
Nous sommes l’été 1914. Les  Lulus sont quatre pensionnaires de l’orphelinat de l’abbaye de Valencourt  au fin fond de la Picardie. Inséparables, espiègles, toujours à se chamailler et à l’affut des 400 coups, cette bande de copains s’échappe toujours, ni vu ni connu je t’embrouille,  pour aller s’évader dans les bois et construire une cabane perchée sur un arbre. Un univers douillet bien à eux, un monde  d’évasion mais surtout un lieu stratégique où ils auront une vision sur le monde extérieur.
C’est lors d’une de leur sempiternelle fuite que les troupes militaires françaises interviennent à l’abbaye pour évacuer d’urgence les enfants ainsi que tous les habitants du village, car l’ennemi arrive et la guerre gronde avec fracas. C’est ainsi que nos garnements vont se retrouver seuls. Qu’il fait bon vivre dans l’insouciance! Plus de règle, plus d’ordre, enfin la liberté! Ils font ce qu’ils veulent et se goinfrent de confiture du matin au soir. Mais très vite ils vont être rattrapés par la vie! Isolés de tout et de tous, livrés à eux-mêmes ils vont comprendre peu à peu l’enjeu de cette guerre et se dire : "finalement les adultes ne sont pas si terrible que ça".
 
Mais qui est cette jeune fille venue de nulle part ? Comme c’est drôle, elle s’appelle Luce, une autre Lulu. Les garçons ont juré de la  protéger et l’aider à retrouver ses parents, croix de bois croix de fer… n’est-elle pas une Lulu également ? Et voilà nos cinq compagnons de misère qui vont essayer, tant bien que mal, de se sortir du tumulte et de l’effroi  de la guerre.
Mais les bombardements résonnent, les allemands arrivent, ainsi que  l’hiver, le froid, la faim et la peur.
Adieu Monde d’Insouciance, à Nous Deux Monde Cruel!
La guerre nous est contée, ici, à travers les yeux et  l’innocence de ces cinq enfants. Le texte  est drôle et touchant, le graphisme est sublime et les couleurs sont généreuses.
Vous avez dit orphelins ?  Nannn ! Désolée  pour vous,  je viens de les adopter ! Mes Lulus, un tantinet Lunatique, très Lumineux, de vrais  Lurons.

Un tome 1 prometteur et un tome 2 auquel je ne saurai résister…
 
Lucien
 
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mardi 26 mars 2013

Le Combat ordinaire 2

Les quantités négligeables
Manu Larcenet
Edition : DARGAUD




 […] Quoi qu’il nous arrive, je ne veux jamais renoncer à ta beauté […]

Voici la phrase qui m’a convertie à la bande dessinée. Une douzaine de mots qui ont eu l’effet d’un électrochoc et m’ont laissé sur le carreau.
Il y a trois mois à peine je ne jurai que par un roman, un bon pavé Zolien pour m’embarquer dans un monde d’évasion et voilà que ces soixante quatre pages de Larcenet, pardon, du très grand Larcenet, m’ont suffi  pour me proclamer définitivement bédéphile.
Cet album est tout simplement splendide ! Que dire de plus que les autres critiques n’ont pas dit ? Qu’il est troublant et profond ? Que les larmes me sont montées aux yeux et qu’en refermant ce livre, je suis restée là quelques minutes à me demander qui suis-je réellement ?
Sous ses allures de dessins enfantins, cette histoire est touchante, drôle, nous bouleverse et nous laisse coi, car en chacun de nous sommeille un «Marco», une personne qui découvre peu à peu ses erreurs et  va comprendre que finalement la vérité, les gens vrais, le bonheur ne sont pas forcément là où il le croit.
Cette bande dessinée nous parle de la mort, du deuil, de nos angoisses, de la médiocrité, d’un cargo qui sombre et qui sombre encore. Mais elle parle aussi d’Amour, du Lien, du Divin et nous apprend qu’au bout du chemin, si l’on regarde bien nous pouvons voir une petite lueur qui scintille.
Il suffit d’ouvrir grand ses yeux, son coeur, et se laisser porter.
Alors je ne vous raconterai pas l’histoire, je ne vous dirai qu’un seul mot, plutôt deux :
Lisez-le !    
 
Mille Mercis pour ce conseil de lecture et pour m'avoir présenté Marco et surtout Larcenet.

M&M's les 30 recettes culte


Claire GUIGNOT
Les tout petits de Marabout
 
 
 
Il y a les expertes qui les rattrapent à la volée et hop dans la bouche. Il y a les épicuriennes qui les sucent et les font fondre sous la langue pour laisser jaillir leur arôme inoubliable. Il y a les patientes qui prennent leur temps et font durer le plaisir car même dans la main ça ne fond pas. Et il y a les goulues qui croquent directement ! Avalé c’est pesé ! Tout juste le temps d’apprécier le goût et la saveur.
Nous, nous sommes gourmandes et aimons prolonger l’extase … Et puis, plus leurs cacahuètes sont grosses plus nous apprécions !

Mais dites-nous, vous pensez à quoi ?
Nous pensons à la même chose n’est pas ? Les M&M’s !

Il y a les jaunes qui aiment montrer leurs cacahuètes : de vrais exhibitionnistes ceux-là !
Il y a les rouges, les grands timides qui ne dévoilent pas à tout le monde leurs coeurs tout chocolat à l'intérieur.
Il y a les bleus, des supporters en béton armé : Allez les bleus ! Allez les bleus ! Une farandole de couleurs à laquelle nous nous abandonnons lascivement…Complètement caK.Otées que nous sommes !
Si comme nous, vous aimez fondre de plaisir, procurez vous sans attendre ce petit livre : M&M’s et ses 30 recettes culte.





Ces délicieux bonbons s’éclatent, pour notre plus grand bonheur et nous laisse découvrir des recettes toutes plus drôles et plus dingues les unes que les autres. Tout cela pour le plaisir de notre M&M’s-ophage préféré mais aussi des grands et des plus petits.
Nous passons de M&M’s à l’envers la préférée de Chris (Hummm ! Une recette qui la laisse sans dessus dessous), aux sucettes mendiantes d’Hahasiah (Toujours partante pour aider les indigents surtout s’il s’agit de bomecs...Oups! de bombecs !) à Monsieur M&M’s aux pralines ; toutes les deux n'en font qu’une bouchée (quand il s’agit de boulotter des pralines, ce ne sont pas les dernières !).

Faites comme nous : succombez à la tentation, retombez en enfance, abandonnez-vous au plaisir et laissez vous fondre comme neige au soleil!
Aucunes de ces recettes ne vous laisseront de glace…Testées et approuvées par 2 manU’s Angels.


Mais vous, dites nous un peu : Expert ? Épicurien ? Goulu ?
Et toi manU comment les aimes tu ? N’abuse pas trop du chocolat qui fond dans la bouche et pas dans la main.
A notre M&M’s grandeur nature : un cœur tendre caché sous une couverture craquante et pétillante. 100% beurre de cacao et bonne humeur. Garanti sans conservateur (mais hyper bien conservé le bougre ! Grrrr !). Colorants naturels (teint hâlé entretenu avec force séances de bronzage intensif d’où nombreuses lectures à la plage), tablettes de chocolat un peu fondues (la faute au soleil durant la bronzette) mais appétissantes, tempérament fougueux mais un brin mystérieux (à ce jour, nous ignorons encore s’il porte, oui ou non, une cacahuète en son for intérieur).

 
manU sucré, manU chocolaté
manU croquant
manU fondant
A toutes les heures
manU tu nous mets THE FEVERRRRRRRRRRRRRRRR !!!!
 




Bonne fête manU ! (Qu’est ce que «Tes drôles de dames» ne feraient pas pour toi ! )


Hahasiah & Chris 
 
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dimanche 24 mars 2013

Les perles des bulletins de notes

Préface de Jean-Paul Brighelli

Jean-Claude Gawsewitch
ISBN 978 2 35013 284 6
157 pages
2011

(Offert)


Je confirme manU, pour avoir de l’humour les profs ont de l’humour!

Trois personnes en moi ont lu ce livre, la lectrice qui a sourit  à toutes les perles, la maman qui devient sérial  killer dés qu’on touche à sa fille et l’étudiante, l’éternelle amoureuse de son prof d’histoire.
La lectrice  lève son chapeau aux excellentes répliques et à l’humour grinçant. Il faut quand  même une bonne dose de folie pour écrire ces aphorismes, métaphores et autres perles sur une copie.   Le prof devient plus accessible, ouvrant ainsi une porte de communication, et tellement plus subtil que l’ennuyeux  : Passable, A bien, Bien, Peut mieux faire……..
Dernier entré, premier sorti ! Ne fait rien mais le fait bien.
A touché le fond mais creuse encore.
Et Bing ! 18/20.

La mère : Me connaissant au vu de certaines réflexions assassinent,  j’aurai certainement pris ma plume pour prendre mon pied et commenter certaines réflexions comme :
Très attentive... au vol des mouches.

Si votre cours était plus intéressant, Monsieur, ma fille s’intéressait moins à l’anatomie et à  la
mécanique de vol des mouches!        

 
Avant d’apprendre la leçon, n’oubliez pas d’ouvrir votre classeur!

Ah ! Parce que vous appelez ça une leçon ? J’aime beaucoup votre humour, Monsieur, merci
d’accepter le mien !

L’étudiante : Monsieur Joubert comme j’aimais vos petits réflexions pleines d’Amour, Oups! d’humour, à coté de mes notes catastrophiques, moi qui croyais que vous m’aimiez bien, alors que vos commentaires n’étaient que  moquerie :
Elève agréable quand elle n’a plus de voix.
Se retourne parfois … pour regarder le tableau.
Année sans histoire, et sans géographie d'ailleurs.
 
Lectrice, maman ou étudiante, ce petit carnet est un joli petit moment de récréation.
 
Mon post it :
Je remercie ces enseignants qui font le plus beau métier du monde et porte sur leurs épaules  «l’éducation» de nos chères têtes blondes. Leur métier devient de plus en plus difficile à exercer. On leurs enlève toute autorité face à des adolescents violents et irrespectueux, des classes surchargées, mais surtout cet argent gaspillé par l’état  au lieu de financer une cause fondamentale :  l’Education nationale.  Nos enfants  représentent la France et le monde de demain, donnons leurs les moyens !

Merci manU pour ce livre. De l'humour que j’adore !







«Les meilleurs professeurs sont ceux qui savent se transformer en ponts, et qui invitent leurs élèves à les franchir.»

 Nikos Kazantzakis

 
 
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dimanche 17 mars 2013

l'Avenir perdu

Goetzinger
Jonsson
knigge

Les humanoïdes associés
ISBN : 9 782731 609844
61 pages

Troc de l'île (2€)



Homme Ô, sweet homme !

N’est-il pas craquant ce sourire et ce regard de première page ? Comme j’aimerai croiser ce même regard venant d'un homme ou une femme. Pourtant ce sourire sera gâché par la maladie mais surtout par les préjugés. Cette B.D date de 1992, et oui une vingtaine d’années déjà, et j’ose espérer que les jugements préconçus ont bien évolués depuis.  

Tim et Peter s’aiment follement. Ils habitent Hambourg.  Tim est  serveur et Peter journaliste pour le magasine Stern. Ils habitent ensemble depuis un an mais cette relation est gâchée par des parents incompréhensifs ou plutôt par le père de Tim qui n’accepte pas la sexualité de son fils et d’une mère qui se mure dans le silence pour éviter tout conflit. Et puis le couperet tombe : Tim apprend qu’il est séropositif et  Peter lui annonce qu’il doit partir trois mois à New York pour son journal. Ses parents, son entourage, vont-ils lui tourner le dos à l’annonce de sa séropositivité ?  Que cache le comportement soudain de Peter ?  L’amour sera-t-il vainqueur ?
 

Tout au long du livre nous sommes bercés par de belles références, comme «Le Petit Prince», le film «Querelle» de Rainer Werner Fassbinder et de belles chansons comme celle de  Steve Harley et Lee Clayton «Sebastian». L’histoire m’a bien sûr ramené au magnifique film Philadelphia avec Tom Hanks.
 

Cette B.D m’a beaucoup touchée car elle aborde avec douceur, douleur et émotion l’homoséxualité et toutes les barrières que l’on rencontre, encore au XXI siècle, dans une société qui se dit libre et tolérante.  Mais nous portons une histoire religieuse lourde de conséquence et une éducation étriquée. La sainte parole renie l'homosexualité pendant qu'elle ferme les yeux sur la pédophilie au sein même de leurs églises.
 
 
Combien de parents osent parler librement de l'homoséxualité de leur enfant ? Combien de réflexions assassines encaissées et d’humours acides essuyés ? Combien de gestes irréversibles pour ne plus avoir mal ou honte ? Qui suis-je pour donner un jugement ? En quoi suis-je offusquée de voir mon voisin embrasser son compagnon ou une amie tenir la main de sa copine ? Serais je égoïste et dépourvue de sentiments au point de ne pouvoir accepter le bien être d’autrui tout simplement parce qu’il aime une personne du même sexe ?  La bible parle d'aimer son prochain et de tolérance, quel paradoxe!


Je dédie cette B.D à tous mes Hommes Ô !  Jonathan, Olivier, Antho, Bruce, Philippe et bien d’autres que je ne citerai pas pour éviter la lapidation. Mon Gilles, tu n’as jamais osé me l’avouer pour t’alléger le cœur, comme je le regrette car c’était tellement toi, tellement évident et beau à mes yeux. Je dédie également cette histoire à Isabelle qui m’a appris à vivre et accepter ce masculin qui sommeille en moi et assumer ce féminin qui m’a tant fait souffrir. Pour finir j’envoie un petit message sans haine ni colère à  ces personnes qui ne comprennent pas ou ignorent : Quand vous croisez un couple du même sexe, ne baissez pas les yeux, ne vous retournez pas avec ce petit sourire méchant et sarcastique qui fait tant mal. N’avez-vous pas idée de cette souffrance cachée de ne pourvoir vivre un amour en plein jour, ne serait ce que de se tenir la main comme toutes personnes qui s’aiment ? Soyez indulgent, tolérant, souriez à la vie et votre vie n’en sera que plus jolie.

A tous les Adam et Yves, l’Amour n’a pas de frontière, l’Avenir n’est pas perdu !
 
L'Art de rien, Paul, Oscar, Arthur, Marguerite, Colette, Voltaire, Cocteau, Satie, Simone, Chopin, Schubert, Léonard, Michel-Ange, Dali, Gershwin, James Dean, Gary Grant, Charles Trenet, Bowie, Daho….…………. tout le monde il est beau !
Annie Goetzinger
 
 
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