lundi 11 août 2014

Sa femme

Emmanuèle BERNHEIM

Editions : Gallimard Folio 
Prix Médicis 1993





« Sa Femme », « 3 sucres dans mon café et quelques préservatifs ».

Comment résister à ce livre après l’excellent billet de Mister Bison ? Impossible ! Aussitôt eu, aussitôt lu. Quel plaisir de retrouver la plume d’Emmanuèle Bernheim. Une écriture limpide et impitoyable. L’auteur garde cette signature bien à elle dans ses romans. Elle percute, va à l’essentiel,  sans détour, des chapitres et des phrases courtes, pas de perte de temps, c’est ce qui me touche dans son travail d’écriture.

Une histoire d’homme et de femme, des écorchés de la vie en manque d’amour. Thomas et Claire se croisent, se reconnaissent, s’aiment, se désirent, sans peur, sans tabou, sans appréhension. Claire vit l’instant présent  et se nourrit de chaque moment passé avec Thomas car c’est à travers son regard  qu’elle se sent splendide et désirable.

« Elle ne parvenait pas à se souvenir si, la veille, il lui avait dit : « A demain. » Elle se rappelait juste qu’ils étaient si étroitement mêlés qu’elle n’avait soudain plus su si c’était sa propre peau qu’elle caressait ou bien celle de Thomas ».

Une femme se sent toujours belle et épanouie après l’amour. Mais Thomas est marié et ses propos sont très clairs : il ne quittera jamais sa femme et ses enfants. Claire accepte et conserve précieusement toutes traces d’eux. Elle imagine Thomas avec « Sa Femme », ses enfants, en famille, à Noël, mais malgré tout, elle accepte et c’est avec une ardente patience que chaque jour, elle vit au rythme de ces 1h15 de plaisir et de passion avec son amant. Toujours dans cette quête perpétuelle de l’amour, ses sentiments seront-ils suffisamment forts et sincères pour accepter ce compromis et rester dans l’ombre ?

Ce livre est comme une eau sauvage, brutale et suave à la fois. On ne peut oublier sa fragrance. Il nous laisse un léger goût d’amertume par la réalité des faits, des mots qui dérangent et fusent comme des couperets mais avec cette légère douceur laissé par le sucre au fond de la tasse de café.

Chambre 408 … toc, toc, toc… Claire la passion au ventre ouvre la porte : Bonjour toi !


3 sucres dans ton café, un préservatif usagé, je veux bien m’appeler Claire.


Hasard ou transmission de pensée ? 
C’est avec plaisir que j’ai partagé cette lecture avec mon manU.
Pour savoir combien de sucre dans son café cliquez là 


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14 commentaires:

  1. "Il n'est pas de hasard,
    il est des rendez-vous,
    pas de coïncidence [...]"

    Étienne Daho

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    1. Et je te réponds :

      "Il fut long le chemin
      les mirages nombreux
      avant que l'on se trouve
      Ce n'est pas un hasard,
      c'est notre rendez-vous
      pas une coïncidence."

      E. Daho
      <3

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    2. Merci mon manU d'être là ;)

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  2. Bon au fait, je sais pas si je t'ai dit mais il est top ton billet, je suis même un peu jaloux...
    Slurp ! ;)

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    1. Durant de longs mois j'ai eu un bon professeur, et moi une excellente élève lolll

      ;)

      Merci manU :D

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  3. Le menu du café-bar en francs...sourire...je note bien-sûr le roman...c'est tout ce que j'aime...jolie lecture commune...j'adore les deux photos...bises en passant

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    1. Merci de ton passage Jacky. Avec Bernheim je ne pouvais me tromper. Elle me saisit à chaque fois et ce qui me ravit c'est que j'en ai encore un sous le coude du même auteur. :D

      Bises avant que tu ne repartes ;)

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  4. Quelle tentatrice tu fais ! J'ai très très envie de le lire du coup !
    Bises

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    1. Une écriture différente de tes lectures, mais prenante... laisse toi tenter...

      Bises ;)

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  5. Le petit poucet qui sème ses carreaux de sucre ou ses préservatifs. Tiens, manU a osé en mettre à coté de sa tasse de café ;)

    Quelle superbe critique. Putain, ce que c'est beau. Tu m'as donné même envie de le relire. Heureusement qu'il me reste encore en stock un roman de l'auteur pour entretenir cette passion. Mais je vais attendre, attendre, encore un peu, quelques semaines, quelques mois, pour que la lecture de ce dernier soit encore plus désirée. Parce que Emanuèle Bernheim mérite cette ardente patience d'ouvrir un de ses romans.

    Et quelles belles phrases que tu nous as écrites :
    "Une femme se sent toujours belle et épanouie après l’amour."
    "Une histoire d’homme et de femme, des écorchés de la vie en manque d’amour."

    "Ce livre est comme une eau sauvage, brutale et suave à la fois. On ne peut oublier sa fragrance."
    Où vas-tu chercher de telles métaphores...? J'adore !

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    1. Un compliment de Mister Bison je prends, je vais peut être même l'encadrer ;)

      Merci beaucoup :-) Je voulais essayer d'être à la hauteur de la tienne, je ne sais pas si c'est réussit mais en tout cas j'ai pris plaisir à l'écrire et les quelques métaphores que j'ai trouvé je sautillais sur mon lit en les écrivant. (folle Cristina) ^^ :D

      Je suis très fleur bleue et paradoxalement j'adore l'écriture de Bernheim. Elle écrit sur un ton juste et sincère. Je pense qu'elle a du être très déçue pour écrire ainsi sur la gente masculine... Je suppose du moins...

      "Une femme se sent toujours belle et épanouie après l’amour." : C'est tellement vrai que je l'ai écrit comme une évidence !

      "Une histoire d’homme et de femme, des écorchés de la vie en manque d’amour." : La maladie du siècle non ?

      "Ce livre est comme une eau sauvage, brutale et suave à la fois. On ne peut oublier sa fragrance." Mon sens de l'odorat est très développé chez moi. Quand je m’acquiers une odeur elle est ancrée dans ma mémoire à tout jamais et peut avoir l'effet d'une bombe à retardement : explosif et jouissif à la fois.

      Si tu as adoré alors j'ai réussi ;-)

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  6. Vous faites la paire avec manU. Et du coup j'ai très envie de le lire. Forcément.

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    1. Tiens tu me diras combien de sucres dans ton café, après ta lecture ;-)

      Merci de ton passage Jérôme... Bises

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  7. Mais non... je me suis dit depuis mon billet de vendredi que j'arrêtais avec ce genre de lecture. Mais là... Grrrrrr...

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" La vie est là simple et tranquille. "
Paul Verlaine

" Le plus difficile n'est pas d'avoir mal, mais de renoncer au bonheur. "
J.P.P

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